mollement

nature
adv
diction
[mɔləmɑ̃] · 3 syllabes
usage
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Sens et définitions

Adverbe 4

  1. D’une manière molle.
    • Être couché mollement, être étendu mollement. être couché dans un bon lit, être étendu de manière à reposer ses membres.
  2. figuré Avec un abandon gracieux.
    • Ses bras, à moitié endormis, mollement jetés hors de la bergère, achevaient d'exprimer une pensée de bonheur. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  3. Faiblement ; lâchement ; sans vigueur.
    • Pourtant j’aurais voulu examiner le paysage, mollement éclairé par la lune, et crayonner quelques notes au passage. Jules Verne, Claudius Bombarnac, chapitre II, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1892
  4. D’une manière molle et efféminée.

Citation

J'étais couché mollement, Et contre mon ordinaire Je dormais tranquillement
Jean de La Fontaine, l'Amour mouillé, Imit. d'Anacréon.

Origine du mot

Molle, et le suffixe ment ; provenç. molamen ; espagn. muellemente ; ital. mollemente. — Littré, 1873

1873 — le Littré

MOLLEMENT adv. (mo-le-man)

1 D'une manière molle. Être assis mollement. repris par le Wiktionnaire

  • J'étais couché mollement, Et contre mon ordinaire Je dormais tranquillement — LA FONT., l'Amour mouillé, Imit. d'Anacréon.
  • Mollement couchés sur des carreaux de velours, entourés de rideaux de soie, qu'ils ouvrent ou ferment à leur gré, ces superbes indolents... — RAYNAL, Hist. phil. IX, 19
1 autre citation
  • Mais, oh ! que mollement reposera ma cendre.... — A. CHÉN., Élégies, IX

2 Avec un abandon gracieux. Se balancer mollement. repris par le Wiktionnaire

Fig. Avec un abandon moral.

  • Ces femmes.... Dont l'œil rit mollement avec afféterie — RÉGNIER, Sat. IX
  • Me laisser [dit le sceptique] mollement conduire à la mort, dans l'incertitude de l'éternité de ma condition future — PASC., Pensées, t. I, p. 299, éd. LAHURE.
2 autres citations
  • Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous n'avez qu'à suivre vos penchants, vous prêter à vous-même, vous laisser entraîner mollement au courant — MASS., Carême, Fausse conf.
  • Et toi, qui mollement te livres Au doux sourire du bonheur — LAMART., Médit. II, 15

3 Sans grande vigueur. encore relevé aujourd’hui

  • Qu'au reste les veneurs, allant sur leurs brisées, Ne forcent pas le cerf s'il est aux reposées ; Qu'ils prennent connaissance et pressent mollement, Sans le donner aux chiens qu'à mon commandement — CORN., Clit. II, 5
  • Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste.... — BOILEAU, Art p. II
3 autres citations
  • Ils agissent mollement dans les choses qui sont de leur devoir — LA BRUY., XI
  • L'armée du pape se conduit lâchement, celle de Venise mollement — VOLT., Ann. Emp. Charles-Quint, 1526
  • Les personnes dont vous parlez le serviraient peut-être, mais très mollement, et les dévots crieraient et l'emporteraient — D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 18 juill. 1760

4 D'une manière efféminée. Vivre mollement. encore relevé aujourd’hui

  • Vers le milieu de l'autre siècle, tout ne respirait que cet amour tendre et mollement passionné qui régnait dans la tragédie — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 385, dans POUGENS
  • Je n'aurais point, en vers de délices trempés. Et de l'art des plaisirs mollement occupés.... — A. CHÉN., Élégies, XI
Historique

XIIIe s.

  • Tybert s'escuse molement, Que vers lui corpable [coupable] se sent — Ren. 2204
  • Et te disrent que cil [le roi régnant] n'avoit mestier à roi, et te prierent moult que tu lou fusses ; et tu lor respondies molement, et deis que tu ne lou pooies estre tant com li rois Moines vesquist ; einsinc fainsis [tu feignis] ta parole — Merlin, f° 39, recto

XIVe s.

  • Qu'il ne feroient nulle chose pereceusement ne mollement — BERCHEURE, f° 37, verso.
  • Et donques appartient il proceder molement aveuc telle gent, et leur fere guerre par dilacions ? — ID., f° 97, verso.

XVe s.

  • Et disoit que Jean Lyon s'acquittoit trop mollement en celle besogne — FROISS., II, II, 52

XVIe s.

  • Afin qu'il couchast plus mollement — AMYOT, Alc. 27
Étymologie

Molle, et le suffixe ment ; provenç. molamen ; espagn. muellemente ; ital. mollemente.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mollement » du Wiktionnaire.

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