mouillé
- nature
- adj masculin
- diction
- [muje] · 2 syllabes
- usage
- 17 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 6
-
Qui est imbibé ou recouvert de gouttes de liquide, généralement de l’eau ; humide.
- Un système de crochets et de cordes est aménagé à la partie inférieure du couvercle et sur la paroi interne du tonneau pour y déposer les objets à stériliser ou à déverminiser ; on bouche les interstices avec de la glaise, du feutre mouillé ou des chiffons mouillés. André Tournade, La pratique de l’hygiène en campagne, 1918, page 96
- Qualifie du vin, du lait, ou une autre substance qui a été additionnée d’eau, en général frauduleusement.
-
Mêlé d’émotion ou de larmes.
- Elle a toujours le regard mouillé quand on parle de sa grand-mère.
-
figuré Compromis, impliqué.
- L’épuration commençait, et l’on avait parqué en ces lieux surréalistes toute une population d’hommes et de femmes. Ceux qui étaient vraiment mouillés ou ceux qui avaient été dénoncés. San-Antonio (Frédéric Dard), Je le jure, Éditions J’ai Lu, 1975, page 28
2 emplois spécialisés
-
Linguistique
vieilli Palatale ou palatalisée, en parlant d’une voyelle ou d’une consonne.
- La famille de Baraglioul (le gl se prononce en l mouillé, à l’italienne comme dans Broglie (duc de) et dans miglionnaire) est originaire de Parme. André Gide, Les Caves du Vatican, 1914
- Phraséologie des langues de spécialité Qui est fixé sur le fond de l'eau au moyen d'une ou plusieurs ancres.
Nom 1
-
Ce qui est trempé par la pluie.
- De même qu’il avait épié le maître d’hôtel, il se retournait sur des ombres, sur les silhouettes furtives de la nuit à qui le mouillé donnait plus de mystère. Georges Simenon, Les inconnus dans la maison, Gallimard, 1940, réédition Folio, 1975, page 100
Formes fléchies 1
-
Participe passé masculin singulier de mouiller.
- Il saisit, lève du porte-serviettes, un gant violet pour la propreté du derrière, qu’il a mouillé, frotté d’un micro-savon de Marseille en forme de cube, vert. Georges Mérillon, gLoire(s), 1993, page 150
Citation
Quand il fait mouillé, quand il fait brouillard, je ne sors point
1873 — le Littré
MOUILLÉ, ÉE part. passé (mou-llé, llée, ll mouillées)
de mouiller
1 Qui est devenu humide. Un terrain mouillé. encore relevé aujourd’hui
- Une surface n'est mouillée que parce que le fluide qui la mouille tend en quelque sorte à se combiner avec elle — GIRARD, Institut, Mém. scienc. (années 1813, 1814, 1815), p. 316
Fig. C'est du papier mouillé, se dit d'une mauvaise étoffe qui ne durera pas.
Se couvrir d'un drap mouillé, d'un sac mouillé, se dit d'une sorte de pénitence.
- Après avoir pillé la France, Et tout le peuple dépouillé, N'est-ce pas belle pénitence De se couvrir d'un sac mouillé ? — Épigramme contre Henri III (Journal du règne du roi Henri III, t. I, 1re part., p. 19)
Fig. Se couvrir d'un drap mouillé, alléguer une méchante excuse.
2 Absolument. Mouillé, se dit du temps quand il a plu. encore relevé aujourd’hui
- Quand il fait mouillé, quand il fait brouillard, je ne sors point — SÉV., 16 oct. 1689
S. m. L'opposé du sec. Le sec et le mouillé.
- Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise, Enfin du sec et du mouillé — LA FONT., Fabl. VI, 4
3 Il se dit aussi des personnes qui ont reçu de l'eau, de la pluie. encore relevé aujourd’hui
- Ne vous représentez point votre bonne [Mme de Sévigné elle-même] avec sa casaque et son bonnet de paille, mouillée jusqu'au fond — SÉV., 15 nov. 1684
- J'étais mouillé comme un canard lorsque.... — LESAGE, Guzm. d'Alf. III, 11
Yeux mouillés de larmes, yeux desquels coulent des larmes.
- Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes — RAC., Brit. II, 2
- Fixant ses yeux mouillés sur les miens — J. J. ROUSS., Hél. III, 18
Fig. Poule mouillée, voyez POULE.
4 Doigt mouillé, voy. DOIGT, n° 5.
5Terme de sculpture. Draperie mouillée, draperie qui semble adhérente au nu.
6Populairement. Être mouillé, avoir beaucoup bu. encore relevé aujourd’hui
7Terme de grammaire. Lettre mouillée, se dit de la lettre l, simple ou double, qui se prononce comme dans ailleurs, bail, etc. L'l ou les ll mouillées ne sont pas le même son que l'y devant une voyelle, avec lequel on les confond par abus dans la prononciation, à Paris particulièrement.
S. m. Le mouillé, le caractère d'une lettre mouillée.
On donne aussi le nom de mouillée à l'articulation du digramme gn dans ignorant, agneau, etc.
- Nous avons trois sons mouillés, deux forts et un faible ; les deux forts sont gn dans règne, ill dans paille ; le mouillé faible se trouve dans aïeul, païen, faïence — DUCLOS, Œuv. t. IX, p. 15
- Le mouillé faible de l'l, exprimé par ce caractère y, et dont nous avons fait une voyelle, parce qu'il est consonne vocale, est la plus délicate de toutes ses articulations — MARMONTEL, Elém. litt. Œuv. t. VIII, p. 38, dans POUGENS
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mouillé » du Wiktionnaire.