négation

nature
nom féminin
diction
[neɡasjɔ̃] · 3 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Affirmation du contraire.
    • Toute passion se nourrit de négation, parce qu’elle assume et souffre l’exception, au sens kierkegaardien du terme. Elle exile celui qui la vit. Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l’Amour, Albin Michel, 1961, page 77
  2. Réduction à néant, annihilation.
    • La violence, y compris lorsqu’elle est commise par le sexe, est un acte de négation par la personne qui le commet de l’altérité et de la légitimité de la personne qu’elle agresse. La violence est un instrument de domination incompatible avec la relation. Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), Violences sexuelles faites aux enfants : « On vous croit » - Rapport, Introduction générale, « La mission de la CIIVISE », 20 novembre 2023, page 16
3 emplois spécialisés
  1. Grammaire Mots qui servent à nier, comme « ne … pas, ne … point, ne … mie », etc.
    • Un peu plus et il reprenait à son compte la fameuse quadruple négation de l’ex-grand vizir du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, devant la commission Charbonneau : « Je ne confirmerais pas non plus que je ne pourrais pas l’exclure. » Antoine Robitaille, Une enquête publique, vraiment?, Le Journal de Québec, 19 novembre 2021
  2. Logique Permutation entre vrai et faux : négation logique.
    • La négation d’une proposition A s’écrit usuellement « non A », « ¬A » ou « ̄A ».
  3. Mathématiques informatiques Opération booléenne monadique dont le résultat a une valeur booléenne opposée à celle de l'opérande.

Citation

Dieu ne peut faire les contradictoires ; cela est vrai, parce que ce n'est pas un pouvoir de faire ce qui est absurde, c'est au contraire une négation de pouvoir
Voltaire, Mél. litt. au Père Tournemine, 1735

Origine du mot

Du latin negatio. (XIIᵉ siècle) negatiun.

latin — ab « négation : amens, absimilis »

Dans le dictionnaire latin : negatio

Les mots français venus du latin

Le mot raconté

La négation n’a pas toujours obéi à l’arithmétique scolaire. Venue du latin negatio, elle désigne l’action de nier, par opposition à l’affirmation, puis les mots qui servent à le faire. Un texte du XIVe siècle prévient qu’il emploie plusieurs fois deux négations pour une seule : nul homme ne dort relevait alors de la manière française de parler, sans que les deux marques s’annulent.

Les grammaires ont pourtant transmis une autre règle à partir de langues comme le latin : la négation d’une négation peut valoir affirmation. Le même terme couvre donc l’acte de refus, sa forme dans la phrase et une opération logique qui inverse le vrai et le faux. Il s’est aussi étendu à l’idée de réduction à néant. Du simple non aux constructions redoublées du français médiéval, négation raconte moins une absence qu’un ensemble de moyens employés pour contredire, renverser ou annuler une proposition.

Sources : Wiktionnaire — négation (CC BY-SA 4.0)

1873 — le Littré

NÉGATION s. f. (né-ga-sion ; en vers, de quatre syllabes)

1 Action de nier ; il est opposé à affirmation.

  • Dieu ne peut faire les contradictoires ; cela est vrai, parce que ce n'est pas un pouvoir de faire ce qui est absurde, c'est au contraire une négation de pouvoir — VOLT., Mél. litt. au Père Tournemine, 1735

2Terme de grammaire. Mot qui sert à nier. Deux négations valent une affirmation, c'est-à-dire la négation d'une négation vaut une affirmation, par exemple en latin où non nemo signifie quelqu'un. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIIe s.

  • Obedience offristes ainz [auparavant] e subjectiun ; En refui de ço faites puis appellatiun ; Tost turnastes vostre est en la negatiun — Th. le mart. 85

XIIIe s.

  • [En matière de fait] cil qui nie n'enseigne pas nule raison de sa negation — BRUN. LATINI, Trésor, p. 480

XIVe s.

  • Ne se merveille nul, se je ay mis en pluseurs lieus deux negacions pour une ; car c'est la maniere de parler en françois ; si comme en disant : nul homme ne dort — ORESME, Eth. 334
Étymologie

Provenç. negatio ; espagn. negacion ; ital. negazione ; du lat. negationem, de negare, nier.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « négation » du Wiktionnaire.

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