provende
- nature
- nom féminin
- diction
- [pʁovɑ̃d] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Provision de vivres.
- Pendant deux ou trois heures, la plage est animée par toute cette population, qui vient lui demander sa provende quotidienne. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, « L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste », Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842
-
figuré Matière à réflexion, inspiration.
- Un sérail est organisé comme une fiction, une dictature aussi. Quand le rideau se déchire, c’est la comédie délirante du langage qui devient l’ultime bouclier : c’est pourquoi un romancier trouve volontiers sa provende dans les apocalypses. Marc Lambron, « Yamina Khadra imagine les derniers jours de Kadhafi… », Le Point, nᵒ 2 240, 13 août 2015
1 emploi spécialisé
-
Agriculture
Fourrage, mélange de divers aliments très nourrissants qu’on donne aux bestiaux.
- Don Ramon mit pied à terre […] ôta la bride de son cheval, afin qu’il pût manger la provende qu’il lui donna. Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858
Citation
Il avait vu sortir gibier de toute sorte ... Régiments de dindons, enfin bonne provende
Origine du mot
L’ancien français provende est une probable altération de prébendier et le bas latin provenda (« distribution [occasionnelle] d’aliments »), une probable altération du bas latin praebenda (« prébende »), dérivé du latin praebeo, influencé par le verbe providere (« prévoir, pourvoir »).
Dans le dictionnaire latin : praebeo
1873 — le Littré
PROVENDE s. f. (pro-van-d')
1Terme familier. Provision de vivres. repris par le Wiktionnaire
- Il avait vu sortir gibier de toute sorte ... Régiments de dindons, enfin bonne provende — LA FONT., Fabl. IV, 16
- Ils [les Talleyrand] avaient en guise de maître d'hôtel une sorte de maître Jacques qui s'en allait tous les jours chercher leur provende à la desserte des tables royales — DECOURCHAMP, Souv. de la marquise de Créquy, t. I, ch. VIII
2Terme d'économie rurale. Mélange de divers aliments très nutritifs, propre à engraisser les bestiaux. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIe s.
- À tuz ces chevals truverent furre [paille] e provende, ù ke fust li reis — Rois, p. 240
- Cil me dona, et Diez li rende, à Baiex une provende — WACE, dans DU CANGE, praebenda.
XIIIe s.
- Qui argent porte à Rome, assés. tot provende a ; On ne les donne mie si com Diex commenda — RUTEB., 234
XIVe s.
- Ainsi furent lonc temps en la cité de pris, Sans yssir de leans ne sans estre assaillis ; Et ainsi leur provende apetissoit tousdis — Guesclin. 1241 variante
XVIe s.
- Pour distribuer la provende aux pigeons à leurs meilleures heures, ce sera le matin et le soir — O. DE SERRES, 398
Étymologie
Picard, preuvenne, quantité de grain nécessaire à un cheval. Les exemples de Wace et de Rutebeuf prouvent que provende et prébende sont le même mot (voy. PRÉBENDE).
Supplément au dictionnaire
PROVENDE. - ÉTYM. Ajoutez : M. Boucherie (Revue des langues romanes, t. IV, p. 311) le tire de promentarius, promentarium, formes tout à fait inconnues que révèle un ms. de Pollux (publié par M. Boucherie) ; ces mots se rattachent à promus, cellerier, promum, cellier, dépense, de promere, tirer. Ceci, curieux à noter, n'infirme pas l'identité de prébende et provende.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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