relent

nature
nom masculin
diction
[ʁəlɑ̃] · 2 syllabes
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Mauvaise odeur qui persiste.
    • La poussière du Vieux-Port, chargée de salures, éparpille un relent lointain de choses épicées. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. figuré Ce qui reste, qui est dans le fond.
    • Jusqu’au 20 janvier 2021, personne ne peut prévoir l’issue de la situation actuelle aux relents de guerre civile, qui risque de dégénérer davantage. Denise Bombardier, Trump : appelez le 911 !, Le Journal de Québec, 14 décembre 2020

Citation

Mme de Maintenon avait de ces modesties qui sentaient le relent de son premier état, mais qui pourtant ne passaient pas l'épiderme
Saint-Simon, 1291, 175

Origine du mot

De l’ancien français relent → voir re- et lent.

1873 — le Littré

RELENT s. m. (re-lan)

Mauvais goût que contracte une viande dans un lieu humide. Goût de relent. Odeur de relent.

Fig.

  • Mme de Maintenon avait de ces modesties qui sentaient le relent de son premier état, mais qui pourtant ne passaient pas l'épiderme — SAINT-SIMON, 1291, 175
Historique

XIIIe s.

  • Que li blés soit tenus netement, ne mie en fosse ne en relent, ains doit iestre en maisons où vens puist entrer — ALEBRANT, f. 41

XVe s.

  • Ains que [avant que] nappes soient lavées, Put en ta chambre li relans, Tes linges sont ors et puans — E. DESCH., Poésies mss. f. 378

XVIe s.

  • Les marchands font mettre en cuves et celliers leur sel, au moyen de quoy il ne peut bonnement secher, mais demeure moite et relant.... — Ordonn. 11 nov. 1508
  • Mais quant à la moysissure et au reland du dedans de son ame, il ne l'eschauffe ny ne l'esclaircit point par la philosophie — AMYOT, Comment ouïr, 30
3 autres citations
  • La nuict desur la terre à tes flancs reposer, S'endormir près de toy sur les herbes relantes — RONS., 794
  • Une grotte relente — ID., 935
  • Les vers qui naissent es chairs pourries et relentes — CHARLES IX, Chasse roy. VI
Étymologie

Génev. lent : cette viande sent le lent ; provenç. reles ; catal. rellent. Origine controversée. Ménage indique le latin rancidus, rance ; mais il n'est pas possible de passer d'une forme à l'autre. On a proposé le latin redolens, qui a de l'odeur ; mais, quand même la dérivation serait facile, redolens ne satisfait pas au sens d'humide et visqueux qu'a eu relent. Ce sens est le primitif ; il conduit au latin lentus, visqueux, glutineux. Lent a à Genève le sens de relent, et à Paris au XVIIe siècle (voy. VAUGELAS, Rem. t. II, p. 827) le peuple lui donnait la signification d'humide. La forme catalane s'y prête très bien ; en catalan, l'l du radical se redouble après re ; rellent est formé comme relluir. Seule la forme provençale fait difficulté ; mais, en présence de l'accord des formes française et catalane, en présence de la conformité du sens avec le latin lentus, on peut croire que le provençal a formé le mot comme s'il venait d'un adjectif relensus, comme pes, de pensum.

Supplément au dictionnaire

RELENT. Ajoutez :

2 Adj. Qui a une odeur de renfermé.

  • Ils sentent je ne sais quoi de relent — MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.
  • C'est comme si vous disiez que le feu possède tout, qu'une obscurité relente lui succède... — ID., ib.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « relent » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire