sapin

nature
nom masculin
diction
[sapɛ̃] · 2 syllabes
usage
16 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. Conifère de grande taille de la famille des Abiétacées, dont les aiguilles, plates et disposées en une ou deux rangées autour du rameau, sont persistantes et dont les cônes sont dressés.
    • Le Sapin (Abies pectinata) se rencontre aussi en Normandie ; sa spontanéité paraît certaine. Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 86
  2. Désigne couramment d'autres résineux, tels le douglas, le mélèze ou l'épicéa.
  3. Bois de cet arbre.
    • Un camion de transport, un grumier, chargé de billes de sapins et dérobé par l’auteur du larcin, avait été placé sur la place, devant le monument pour masquer ce dernier. Pierre Pellegrini, Monumental, Librinova, 2017
  4. argot Cercueil.
    • Mais les copains suivaient le sapin le cœur serré. Georges Brassens, Le vieux Léon
  5. familier Fiacre.
    • Et la Filoche était rupin : Il allait des fois en sapin, il avait du jonc dans sa poche, à la Bastoche. A la Bastoche, Aristide Bruant, 1905
  6. familier Service militaire.
    • Elle vivait chichement dans neuf mètres carrés Un meublé cafardeux dans un quartier paumé, Lui, il avait vingt ans et faisait son sapin Dans la plate Sologne, près de Romorantin. Jean-Claude Rémy, « Près de Romorantin », dans l'album Les corniauds, Éditions Adèle, 1977
  7. Sapin de Noël.
    • Je suis venue dans votre belle maison pour profiter de vous, des petits tout excités qui gambadent et virevoltent comme des tourbillons de vie autour du lourd sapin que vous avez décoré de guirlandes, de boules de chocolat faites maison, de bonshommes en pain d'épice, illuminé de vraies bougies. Dominique Lecomte, La Maison du mort, Librairie Arthème Fayard, 2010, prologue
1 emploi spécialisé
  1. Botanique Nom français des arbres du genre Abies, Gymnospermes du groupe des conifères.

Adjectif 1

  1. De la couleur vert profond et sombre. #095228
    • Elle avait préparé la table de Noël sur une belle nappe sapin.

Citation

Il serait très utile de faire écorcer sur pied les sapins qu'on destine aux mâtures des vaisseaux, en les laissant deux, trois et même quatre ans sécher ainsi sur pied
Buffon, Hist. nat. Introd. Œuv. t. VIII, p. 428

Origine du mot

Du latin sappīnus (« sorte de sapin »), issu du croisement du gaulois *sappos (« sapin ») (cf. ancien français sap, breton sap, occitan sap, cornique sab), et du latin pinus (« pin »).

Dans le dictionnaire latin : sappīnus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SAPIN s. m. (sa-pin)

1 Grand arbre résineux et toujours vert.

  • Une vallée profonde, couverte de sapins dont la noirceur est rendue plus frappante par la brillante verdure des hêtres qui croissent au milieu d'eux — SAUSSURE, Voy. Alpes, t. II, p. 39, dans POUGENS
  • Il serait très utile de faire écorcer sur pied les sapins qu'on destine aux mâtures des vaisseaux, en les laissant deux, trois et même quatre ans sécher ainsi sur pied — BUFF., Hist. nat. Introd. Œuv. t. VIII, p. 428
1 autre citation
  • Et le sapin qui croît pour affronter les mers — DELILLE, Géorg. II

Sapin de Norvége, abies excelsa, D. C.

Sapin de Normandie, sapin argenté, sapin blanc, abies pectinata, D. C.

Terme de botanique. Genre de la famille des conifères, voisin des genres pin et mélèze.

2 Bois de sapin. Une boîte de sapin. C'est du sapin.

Fig. Sentir le sapin, faire pressentir une mort prochaine (à cause que le cercueil est fait en sapin). Voilà une toux qui sent le sapin.

Il sent le sapin, signifie aussi : il n'a pas longtemps à vivre.

3Terme familier. Voiture de place, fiacre.

  • Il me pria tout haut de lui envoyer chercher un fiacre qu'il appelait un sapin — GENLIS, Parvenus, t. II, p. 33, dans POUGENS
  • M. Desmoulins, l'abbé Noël, maître de Beaumont, et Keralio avaient loué pour toute la soirée un sapin national pour se faire voir dans la promenade — Pamphlet de 1789, dans LARCHEY, Excentricités du langage

4 Nom donné en Lorraine à l'ustensile dans lequel on met le raisin cueilli pour le porter à la cuve.

Historique

XIIe s.

  • En un jardin [il] vait un sapin coper ; Moult par est gros, el monde n'ot son per — Bat. d'Aleschans, V. 3619
  • Oï ai quanque tu me mandes, et tut frai tun plaisir de cedres et saps — Rois, p. 243

XIIIe s.

  • Dirons premierement de leurs nefs... elles sont faites de sapin — MARC POL, p. 534

XVe s.

  • On a planté en my un très bel pin ; Si est feuillu, et plus droit que sapin — CHRIST. DE PISAN, Dit de Poissy.
Étymologie

Lat. sapinus ; le provençal dit sap. Corssen (Ausspr. 2e édit. t. I, p. 457), rapproche s(pinus, s(pium, sapin, résine, et s(pa (voy. SÉVE), y voyant un radical sap, dégoutter : l'arbre dégouttant la résine.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « sapin » du Wiktionnaire.

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