sermon
- nature
- nom masculin
- diction
- [sɛʁmɔ̃] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIᵉ siècle
- usage
- 8 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
familier Remontrance ennuyeuse et importune.
- Ses assiettes du déjeuner et du dîner furent de nouveau nettoyées à fond, par un procédé de sauçage au morceau de pain qui nous eût valu, à nous, de jolis sermons dans nos familles. Paul Bourget, La dame qui a perdu son peintre, Éditions Plon-Nourrit et cⁱᵉ, 1910, page 345
1 emploi spécialisé
-
Christianisme
Prédication ou discours chrétien, qui est prononcé du haut de la chaire, dans une église, pour instruire et pour exhorter les fidèles.
- John Wesley seul prêcha quarante mille sermons et parcourut deux cent cinquante mille milles. André Maurois, Histoire de l'Angleterre, Fayard & Cⁱᵉ, 1937, page 601
Citation
Il y a beaucoup de gens qui entendent le sermon de la même manière qu'ils entendent vêpres
Origine du mot
Du latin sermo, sermonis (« discours »).
Dans le dictionnaire latin : sermo
1873 — le Littré
SERMON s. m. (sèr-mon)
1 Discours chrétien qui se prononce en chaire, pour annoncer et expliquer la parole de Dieu et pour exciter à la pratique de la vertu. Projet pour rendre les sermons plus utiles, Titre d'un ouvrage de l'abbé de St-Pierre. encore relevé aujourd’hui
- Il y a beaucoup de gens qui entendent le sermon de la même manière qu'ils entendent vêpres — PASC., Pens. VII, 36, édit. HAVET
- Vous êtes aussi charmé de l'esprit, de la bonté, de l'agrément et de la facilité du P. Bourdaloue dans la vie civile et commune, que charmé et enchanté de ses sermons — SÉV., à Moulceau, 3 avril 1686
8 autres citations
- Les sermons du P. Bourgoing n'étaient pas le fruit d'une étude lente et tardive, mais d'une céleste ferveur — BOSSUET, Bourgoing.
- Ce dernier et célèbre sermon où il [Grégoire de Nazianze] rendit compte de son administration et de sa conduite — FLÉCH., Hist. de Théodose, II, 57
- Avant lui Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cotin — BOILEAU, Sat. IX
- Cotin, à ses sermons traînant toute la terre, Fend des flots d'auditeurs pour aller à sa chaire — ID., ib.
- Un sermon où les applications de l'Écriture sont fausses, où une histoire profane est rapportée d'une manière froide et puérile, où l'on voit régner partout une affectation de bel esprit, est-il bon ? — FÉN., Dial. sur l'éloq. I
- Il y a quelque temps que je m'endormis à un sermon : vous savez que le sommeil surprend aux sermons de l'après-midi — ID., ib. II
- Un sermon en France est une longue déclamation scrupuleusement divisée en trois points, et récitée avec enthousiasme ; en Angleterre, un sermon est une dissertation solide et quelquefois sèche qu'un homme lit au peuple sans geste et sans aucun éclat de voix — VOLT., Ess. poés. ép. I
- Les sermons qu'on a imprimés de lui [de Bossuet], restes d'une multitude immense, car jamais il ne prêcha deux fois le même, sont plutôt les esquisses d'un grand maître que des tableaux terminés — D'ALEMB., Éloges, Bossuet
Par extension.
- Je me contente des Évangiles expliqués de M. le Tourneux : ce sont les vrais sermons ; c'est la vanité des hommes qui les a chargés de tout ce qui les compose présentement — SÉV., 19 fév. 1690
2Familièrement. Remontrance ennuyeuse et importune. repris par le Wiktionnaire
- Jeanne, ce temps pendant, me faisait un sermon — RÉGNIER, Sat. XI
- Et vous lui fait un beau sermon Pour l'exhorter à patience — LA FONT., Fabl. III, 5
3 autres citations
- Comment, ma fille, j'ai donc fait un sermon sans y penser ? — SÉV., 433
- Sa nourrice [de Phèdre, dans Racine] lui fait un sermon fort chrétien Contre l'affreux dessein d'attenter à soi-même — DESHOUL., Poésies, t. II, p. 119
- Ne lui faisant point de sermons, se mettant toujours à sa portée — J. J. ROUSS., Ém. IV
Historique
XIe s.
- Franceis [il] apelet, un sermun [discours] lur ad dit — Ch. de Rol. LXXXVII
- Tant [elle] ad oït e sermuns e essamples [qu'elle se fit chrétienne] — ib. CCXCII
XIIe s.
- Li evesques de Londres i ad fait un sermun, Pur le rei e pur lui dist sa confessiun — Th. le mart. 160
XIIIe s.
- Chascuns l'a fiancé [promis], cours en fut li sermons [discours] — Berte, XXIII
- Et puisqu'à fortune venons, Et de s'amor [de son amour] sermon tenons, Dire t'en voil fiere merveille — la Rose, 4854
1 autre citation
- Le legat fist le sermon por deus samedis — JOINV., 219
XIVe s.
- Et de l'ame avons nous dit en aucuns sermons hors ceste science — ORESME, Éth. 29
- C'est que par iaus [eux, les prêtres] sommes semons Par parolles et par siermons, Que nous nous gardons de mesprendre — J. DE CONDÉ, t. II, p. 88
XVIe s.
- De devant [à Berne] avoient longtemps plaidoié la messe et le sermon [le protestantisme], lequel seroit maistre ; mais cette année le sermon gaigna, et chassa la messe hors de la ville — BONIVARD, Chron. de Genève, IV, 23
Étymologie
Provenç. sermo, sermon ; espagn. sermon ; ital. sermone ; du lat. sermonem, discours.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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