remontrance

nature
nom féminin
diction
[ʁəmɔ̃tʁɑ̃s] · 3 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Discours par lequel on remontre à quelqu’un les inconvénients de ce qu’il a fait ou qu’il est sur le point de faire.
    • Sans adresser à l’infracteur de la paix jurée ni remontrances, ni sommation préalable, Gonthramn fit marcher contre Chlodowig des troupes conduites par le meilleur de ses généraux, Eonius Mummolus, […]. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2ᵉ récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - éd. Union Générale d’Édition, 1965
  2. Discours adressé aux rois par un parlement et dans lequel il exposait les inconvénients d’un édit, d’une loi fiscale, etc.
    • Tous les ordres de l'empire vinrent faire à Nabussan des remontrances. Voltaire, Zadig ou la Destinée, XXI. Les yeux bleus, 1748
  3. Revendications d'une assemblée au gouvernement.
    • Elles adressèrent au gouvernement les remontrances les plus énergiques, et lui recommandèrent d’assumer lui-même le patronage du clergé. Anonyme, Mexique.- Situation des partis, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1
  4. Avertissement qu’on donne à un fautif pour l’obliger à se corriger.
    • Si vous continuez, au bout de la troisième remontrance, la communauté vous infligera un rappel à l’ordre bien mérité. Denis Lapouge, Igor: De l’autre Côté de la Route, 2022

Citation

Vous savez bien que vous me permettez les disputes, et que vous ne me défendez que les remontrances
Molière, Festin, III, 1

Origine du mot

Remontrant ; picard, remontrance, ostensoir. — Littré, 1873

1873 — le Littré

REMONTRANCE s. f. (re-mon-tran-s')

1 Représentations que l'on fait à quelqu'un sur une action en particulier ou sur ses actions en général. encore relevé aujourd’hui

  • Vous savez bien que vous me permettez les disputes, et que vous ne me défendez que les remontrances — MOL., Festin, III, 1
  • Les remontrances pleines d'aigreur et de murmure sont un commencement de sédition qui ne doit pas être souffert ; ainsi les Israélites murmuraient contre Moïse, et ne lui ont jamais fait une remontrance tranquille — BOSSUET, Polit. VI, II, 6
3 autres citations
  • J'ai beau vous arrêter, ma remontrance est vaine ; Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine — BOILEAU, Épître X
  • Varron, malgré les remontrances de son collègue, engagea la bataille près du petit village de Cannes — ROLLIN, Traité des Ét. III, 1
  • Le roi [Louis XI] fut extrêmement offensé des remontrances du duc d'Orléans — DUCLOS, Œuv. t. II, p. 218

2 Avertissement qu'un père donne à son enfant, un supérieur à son inférieur, pour l'engager à se corriger. encore relevé aujourd’hui

  • M. le Tellier fut choisi [lors d'une rébellion] pour chercher ces difficiles tempéraments de menace qui étonne, et de remontrance qui corrige — FLÉCH., le Tellier.
  • Ce sage vieillard, reconnaissant bientôt la désolation du jeune homme, changea ses graves remontrances en des paroles de tendresse pour adoucir son désespoir — FÉN., Tél. XVI
1 autre citation
  • Dans l'enfance, la contrainte, les remontrances et même les châtiments ne sont que de petits chagrins — BUFF., Natur. des anim.

3 Au plur. Anciennement, discours adressés au roi par les parlements, dans lesquels ils protestaient contre un édit, une loi, etc. encore relevé aujourd’hui

  • Ces remontrances où, mêlant le respect que doit un sujet à son souverain avec cette confiance que doit avoir un magistrat qui porte la parole de la justice devant le roi du monde le plus juste.... — FLÉCH., Lamoignon.
  • Les premières remontrances que fit jamais le parlement furent adressées à Louis XI, sur cette fameuse pragmatique promulguée par Charles VII, et par le clergé de France assemblé à Bourges — VOLT., Hist. parl. X
1 autre citation
  • Il [le parlement] en fit [des remontrances] pour la grille d'argent de Saint-Martin, que François Ier acheta des chanoines et dont il devait payer l'intérêt et le principal sur les domaines ; voilà la première remontrance pour affaire pécuniaire — ID., Dict. phil. Parlement de France.
Historique

XVe s.

  • Et qu'il luy avoit fait plusieurs remonstrances pour le desmouvoir de l'amytié des Angloys — COMM., IV, 8

XVIe s.

  • Lucullus.... l'employoit [un soldat] à quelque exploict hazardeux, par toutes les plus belles remontrances de quoy il se pouvoit adviser — MONT., II, 5
Étymologie

Remontrant ; picard, remontrance, ostensoir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « remontrance » du Wiktionnaire.

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