indifférence

nature
nom féminin
diction
[ɛ̃difeʁɑ̃s] · 4 syllabes
usage
42 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. État d’une personne qui n’extériorise pas ses sentiments, ses états d’âme.
    • Sachez qu’aujourd’hui seule l’indifférence est payante. Philippe Sollers, Éloge de l’infini, Gallimard, page 700
  2. État d’une personne qui n’a aucun intérêt pour ce qui l’entoure.
    • Faites entrer cette personne, dit péremptoirement M. Camusot dont le mécontentement perça, malgré son apparente indifférence. Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, troisième partie
  3. État d’une personne qui n’est pas sensible à l’amour.
    • J’ai pitié de ceux qui vont deux à deux, enchaînés par l’indifférence. Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908
  4. Manque total d'intérêt pour une chose.
    • Quand elles se parlaient, c'était avec politesse, mais avec une mutuelle indifférence. Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818

Citation

Cette indifférence que je sens lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté
René Descartes, Médit. IV, 7

Origine du mot

Du latin indifferentia ; voir indifférer et indifférent.

Dans le dictionnaire latin : indifferentia

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

INDIFFÉRENCE s. f. (in-di-fé-ran-s')

1 L'état d'une personne indifférente. encore relevé aujourd’hui

  • Cette indifférence que je sens lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté — DESC., Médit. IV, 7
  • Ils ont tous deux leur compte, et, sur cette assurance, Ils tiennent le passé dans quelque indifférence — CORN., Mél V, 6
8 autres citations
  • L'indifférence qu'ils ont pour la vérité, fait que non-seulement ils ne prennent aucune part à sa défense, mais qu'ils voient même avec peine qu'on s'efforce de détruire le mensonge — PASC., Prov. X
  • Il n'avait pas de ces froides indifférences ni de ces faibles ménagements qui font qu'on abandonne les affaires d'autrui, pour ne s'en pas faire à soi-même — FLÉCH., Duc de Mont.
  • D'où vient que, pour son Dieu pleine d'indifférence, Jérusalem se tait en ce pressant danger ? — RAC., Athal. III, 8
  • La grâce [selon Malebranche] ne fait que mettre l'homme en équilibre et en indifférence entre le bien et le mal — FÉN., t. III, p. 268
  • D'un œil d'indifférence il a vu le supplice — VOLT., Orphel. IV, 2
  • Au demeurant, disposez du peu qui reste à exécuter comme il vous plaira ; cela m'est de la dernière indifférence — DIDER., Lett. à M. Lecheton.
  • Je n'eus jamais d'indifférence Pour la gloire du nom français — BÉRANG., Ma dern. chanson.
  • Bientôt ses actions [de Napoléon] démentirent ses paroles, et chacun s'étonna de son indifférence à donner des ordres pour un si grand établissement — SÉGUR, Hist. de Nap. V, 1

2 Indifférence des religions, indifférence en matière de religion, indifférence religieuse, et, absolument, indifférence, état d'une personne qui, ne s'attachant à aucune religion, les met toutes au même rang. De l'indifférence en matière de religion, Titre d'un ouvrage de l'abbé de Lamennais.

  • Quand on aura accordé au commentateur qu'il faut laisser croire et prêcher tout ce qu'on voudra, alors il demandera, sans plus de façon, l'indifférence des religions, c'est-à-dire qu'on n'exclue personne du salut et que chacun règle sa foi par sa conscience — BOSSUET, 6e avert. 93
  • Chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifférence des religions ou dans l'athéisme — ID., Reine d'Angl.
1 autre citation
  • C'est toi qui l'as nommé, docte abbé : notre mal et le tien, l'indifférence pour la religion ; il en a fait un livre, comme ces médecins qui composent des traités sur une maladie dont eux-mêmes sont atteints, et en raisonnent d'autant mieux — P. L. COUR., Lett. VIII

3Terme de philosophie. Liberté d'indifférence, liberté que laisse l'indifférence.

  • Il parait probable que nous avons la liberté d'indifférence dans les choses indifférentes ; car qui pourra dire que Dieu ne nous a pas fait ou n'a pas pu nous faire ce présent ? — VOLT., Phil. Newt. part. I, ch. 4
  • La liberté qu'on nomme d'indifférence est un mot sans idée, une absurdité, car ce serait se déterminer sans raison, ce serait un effet sans cause — ID., Dict. phil. Philosophie, IV

4 État de l'âme d'une personne qui n'est point sensible à l'amour. encore relevé aujourd’hui

  • Au contraire, pour tous dedans l'indifférence, Elle n'ôte à pas un ni donne l'espérance — CORN., Cid, I, 1 (1res édit.)
  • . N'y portez, s'il se peut, que de l'indifférence — ID., Suréna, I, 3
3 autres citations
  • Sévigné, de qui les attraits Servent aux grâces de modèle, Et qui naquîtes toute belle à votre indifférence près — LA FONT., Fabl. IV, 1
  • L'indifférence est le sommeil de l'âme — FAVART, Soliman II, III, 9
  • Vous la verrez sans doute avec indifférence — VOLT., Zaïre, IV, 7

5Terme de chimie. État d'un corps dont les affinités chimiques sont satisfaites, et qui n'a plus de tendance à se combiner à d'autres éléments. encore relevé aujourd’hui

Étymologie

Lat. indifferentia, de indifferens, indifférent.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « indifférence » du Wiktionnaire.

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