souffrance

nature
nom féminin
diction
[sufʁɑ̃s] · 2 syllabes
usage
54 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Douleur physique ou morale, état de celui, de celle qui souffre.
    • Elle allait mourir dans des souffrances atroces, sans que rien pût la soulager. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
1 emploi spécialisé
  1. Droit Tolérance en vertu de laquelle on accepte certaines choses que l’on pourrait empêcher.

Citation

La souffrance aux personnes de ce rang tient lieu d'une grande vertu
Cardinal de Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 93, dans POUGENS

Origine du mot

Souffrant ; wallon, sofrants ; bourguig. sôffrance ; prov. sufrensa, sufransa ; ital. sofferenza. — Littré, 1873

1873 — le Littré

SOUFFRANCE s. f. (sou-fran-s')

1Terme de jurisprudence. Tolérance pour certaines choses qu'on pourrait empêcher (le sens propre de souffrir étant porter, soutenir). Cette vue est une souffrance. Un jour de souffrance. encore relevé aujourd’hui

2Terme de comptabilité. Suspension dans l'allocation ou le rejet d'une dépense portée en compte sans pièces à l'appui. Cet article est en souffrance. Tenir une partie en souffrance.

3Par extension, tout retard préjudiciable dans la conclusion d'une affaire. Cet homme laisse toutes ses affaires en souffrance. Ce procès met mon commerce en souffrance.

4Terme de féodalité. Surséance, délai que le seigneur accordait en certains cas à son nouveau vassal, pour faire foi et hommage.

5 État de celui qui souffre (celui qui souffre portant, supportant le mal). encore relevé aujourd’hui

  • La souffrance aux personnes de ce rang tient lieu d'une grande vertu — RETZ, Mém. t. I, liv. II, p. 93, dans POUGENS
  • Il [Jésus-Christ] a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances — PASC., Lett. sur la mort de son père
5 autres citations
  • Ainsi parmi les souffrances et dans les approches de la mort s'épure comme dans un feu l'âme chrétienne — BOSSUET, le Tellier.
  • Dieu, qui sait que les plus fortes vertus naissent parmi les souffrances, l'a fondée [l'Église] par le martyre, et l'a tenue durant trois cents ans dans cet état — ID., Hist. II, 7
  • Le néant seul, hélas ! ignore la souffrance — DELILLE, Parad. perdu, X
  • En présence de cette nature immuable, faut-il donc avoir tant de peur des souffrances que le temps entraîne avec lui ? — STAËL, Corinne, XI, 4
  • Dans notre siècle, que quelques découvertes encouragent à tout expliquer, ceux-là [les officiers des armes savantes], au milieu des souffrances aiguës que leur apportait le vent du nord [dans la campagne de Russie], cherchaient la cause de sa constante direction — SÉGUR, Hist. de Nap. XI, 11

Action de souffrir. La souffrance du mal.

Il se dit des peines de l'amour.

  • Il pria sa maîtresse d'avoir pitié de ses souffrances — HAMILT., Gramm. 4

Armée de souffrance, nom que prenait la bande des nu-pieds, 1639, en Normandie.

6 Dans le langage de la physiologie, toute sensation pénible, qu'elle soit bornée à un simple malaise, ou qu'elle s'élève jusqu'à l'état de douleur. encore relevé aujourd’hui

Historique

XIIe s.

  • Je l'ai mis en sufrance [j'ai passé par-dessus, je n'en ai tenu compte], que nel fis amender — Th. le mart. 72

XIIIe s.

  • Apriès li vesti on la tunique qui doit iestre vers, en la quele on list l'epistole, qui senefie soufrance — Chr. de Rains, 104
  • Granz vertu est souffrance [patience] — Ass. de Jérus. I, 103

XVe s.

  • Durant les treves ou abstinences et souffrances de guerre — DU CANGE, abstinentia.
  • Le duc leur accorda [la trêve], et mit en souffrance [fit cesser] tous assauts — FROISS., I, I, 115
2 autres citations
  • Au jugement, n'eut nulle dilation de souffrance, ne de mercy — ID., I, I, 50
  • Et ainsi gaigna Fabius par sa saige souffrance, et Minutius perdit par sa folle hastiveté — Bouciq. IV, 4

XVIe s.

  • Les pechez ne se font pas seulement par la permission ou souffrance [tolérance] de Dieu.... — CALVIN, Instit. 225
  • Cette fable de Jupiter et Juno eshontée au delà de toute souffrance — MONT., III, 331
4 autres citations
  • Pour mesurer la constance, il fault necessairement sçavoir la souffrance — ID., IV, 162
  • Le seigneur n'est tenu recevoir l'hommage de son vassal par procureur ; mais, s'il a excuse legitime, lui donnera souffrance — LOYSEL, 558
  • Estrivant à l'encontre des privez soudards en simplicité de vivre et en souffrance de labeur — AMYOT, Marius, 10
  • Ne pourra estre continuée la souffrance ou supercession d'une partie employée dans divers comptes de diverses clostures sous mesme nom ; ains sera la souffrance convertie en supercession, et la supercession en radiation — Édit, août 1598
Étymologie

Souffrant ; wallon, sofrants ; bourguig. sôffrance ; prov. sufrensa, sufransa ; ital. sofferenza.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

douleur tolérance

Terme spécifique

géhenne nostalgie peine torture

Dérivés

en souffrance jour de souffrance

Domaine

droit

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « souffrance » du Wiktionnaire.

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