prône
- nature
- nom masculin
- diction
- [pʁon] · 1 syllabe
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
vieilli Remontrance importune qu’une personne fait à une autre.
- Je me moque de son prône.
- Bulletin municipal. absent du Littré
1 emploi spécialisé
-
Religion
Instruction chrétienne que le curé ou un vicaire fait tous les dimanches en chaire, à la messe paroissiale.
- Elle eut un air aussi stupide que peut l’être celui d’un paysan breton écoutant le prône de son curé. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de prôner.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de prôner.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de prôner.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de prôner.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de prôner.
Citation
Je me plais à servir mon prochain, et c'est ce qu'on nous recommande au prône
Origine du mot
Du latin prothyra (« vestibule »), devenu successivement protirum, puis, par dissimilation *protinum, \t\ devenu \d\ et mis en contact avec \n\, a abouti à la fricative sonore \ð\ devenue \z\, d'où prosne en ancien français qui avait le sens de « grille séparant la nef du chœur dans une église »).
Dans le dictionnaire latin : prothyra
1873 — le Littré
PRÔNE s. m. (prô-n')
Instruction chrétienne faite chaque dimanche à la messe paroissiale. Bien que du Moulin [ministre protestant] en son livre Semble n'avoir rien ignoré, Le meilleur est toujours de suivre Le prône de notre curé, Vers mis par Racan sur un exemplaire du livre de du Moulin contre le cardinal du Perron. encore relevé aujourd’hui
- Je me plais à servir mon prochain, et c'est ce qu'on nous recommande au prône — MARIV., Pays. parv. part. I
- On ne sait quel est cet homme [saint Paul] qui, dans une espèce de prône commun, dit familièrement des mots sublimes — CHATEAUBR., Génie, II, VI, 2
Recommander quelqu'un au prône, le recommander aux fidèles lorsqu'on fait le prône ; et fig se plaindre de lui à ses supérieurs, pour lui attirer quelque châtiment.
- Vous avez fait une action de bon citoyen de recommander au prône d'un avocat général les infamies de la Beaumelle — VOLT., Lett. en vers et en prose, 146
- Dans votre beau discours du trône, Méchant, vous m'avez désigné ; C'est me recommander au prône — BÉRANG., Mes jours gras.
Fig. et familièrement. Remontrances, observations.
- C'est depuis quatre jours que le roi s'est expliqué là-dessus [l'obligation de donner le monseigneur aux maréchaux], et que les prônes du maréchal de Gramont ont soutenu l'affaire — SÉV., 19 août 1675
- M. de Laurens vous porte un petit paquet que je vous donne.... si vous pensez me venir faire des prônes et des discours et des refus, vous me fâcherez et vous me décontenancerez au dernier point — ID., 20 juin 1672
2 autres citations
- .... je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune — BOILEAU, Ép. X
- Quand aura-t-il fini son prône Au nom de l'autel et du trône ? Car il est d'un ennui mortel Au nom du trône et de l'autel — Épigr. contre un député qui sous la Restaur. parlait toujours du trône et de l'autel
Historique
XIIe s.
- Home qu'an [on] ne puet [peut] chastier [corriger], Devroit an au mostier lier, Come desvé, devant les prones — CRESTIEN DE TROIES, Chev. au lyon, v. 625
XIIIe s.
- Et adont le [la] justice doit fere dire au prosne et en plain marcié, que tix coze [telle chose] a esté trovée — BEAUMANOIR, XXIV, 20
XVe s.
- Il monta en son prone, et dit les mots qui s'ensuivent : - ainsi descendit de son prone, et s'en alla à sa maison — LOUIS XI, Nouv. LXXXI
- Lors entre en l'eglise, et, ainsi qu'il fut à genouillons, il regarde à dextre partie, et voit unes prones [grille] d'argent moult bien faites.... — Lancelot du lac, t. II, f° 32, dans LACURNE
XVIe s.
- Faire declarer au prosne de l'eglise — MONT., II, 14
Étymologie
Lat. praeconium, publication, de praeco, crieur public, qui paraît être de même origine que praecia, crieur public, lequel vient de prae et cio.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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