sublime

nature
adj
diction
[syblim] · 2 syllabes
usage
19 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Ce qu’il y a de très grand, de très élevé, d’excellent dans les sentiments, dans les actions vertueuses, dans le style.
    • Les hommes m’ont appelé fou ; mais la Science ne nous a pas encore appris si la folie est ou n’est pas le sublime de l’intelligence, […]. Edgar Poe, Éléonora, dans Histoires grotesques et sérieuses, traduction de Charles Baudelaire
1 emploi spécialisé
  1. Œnologie Grosse bouteille de vin de 150 litres, soit 200 bouteilles.

Adjectif 1

  1. Qui est au plus haut degré de l’élévation, de la grandeur, de la noblesse, de la beauté.
    • Deux renardeaux s’affrontent sur l’herbe, sous une sublime lumière de fin de journée. journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 23 septembre 2022, page 23

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de sublimer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de sublimer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de sublimer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de sublimer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de sublimer.

Citation

Les dons que je vous fais, Ils ne font point de honte au rang le plus sublime
Pierre Corneille, Héracl. I, 2

Origine du mot

Du latin sublimis (« élevé, haut, sublime »).

Dans le dictionnaire latin : sublimis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

SUBLIME adj. (su-bli-m')

1 Au sens latin et propre, usité seulement en termes d'anatomie et de médecine. Muscles sublimes, muscles plus superficiellement situés que leurs congénères que l'on désigne alors par le nom de profonds.

Respiration sublime, celle qui est grande, accompagnée de mouvements des ailes du nez et d'élévation du thorax pendant l'inspiration.

Fig.

  • Les dons que je vous fais, Ils ne font point de honte au rang le plus sublime — CORN., Héracl. I, 2
  • Si votre hymen m'élève à la grandeur sublime — ID., Sert. I, 3
1 autre citation
  • Voilà par quel cas fortuit il est arrivé que tant d'Auvergnats ont paru à la cour de France dans les postes les plus sublimes sous Charles VIII, Louis XII et François Ier — BAYLE, 1er article sur la famille Arnauld

2Fig. Qui s'élève à une grande hauteur intellectuelle ou morale, en parlant des personnes. Un génie sublime. encore relevé aujourd’hui

  • Il faudrait, Xénoclès, une âme plus sublime — CORN., Agésil. v, 5
  • Saint Augustin, un si sublime docteur, un théologien si exact.... — BOSSUET, Avert. repr. d'idol. 5
3 autres citations
  • Je ne me pique, mon cher et illustre maître, d'être ni aussi sublime que Platon, s'il est vrai qu'il soit aussi sublime qu'on le prétend, ni aussi obscur qu'il me paraît l'être ; vous me faites donc trop d'honneur de me comparer à lui — D'ALEMB., Lett. à Volt. 7 août 1763
  • Sénèque est ici grand moraliste, excellent raisonneur, et de temps en temps peintre sublime — DIDER., Claude et Nér. II, 45
  • Maître puissant par qui tout génie est formé, Public, sublime auteur qu'on n'a jamais nommé ! — THÉOPHILE GAUTIER, Prol. de réouverture de l'Odéon

3 Il se dit, dans le même sens, des choses intellectuelles et morales. encore relevé aujourd’hui

  • L'hérésie des béguards, qui, se glorifiant d'une sublime et perpétuelle communication avec Dieu.... — BOSSUET, Ét. d'orais. x, 1
  • Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, étincellent pourtant de sublimes beautés — BOILEAU, Art p. II
5 autres citations
  • Il n'y a personne qui ne sente la grandeur héroïque qui est renfermée dans ce mot, qu'il mourût, qui est d'autant plus sublime qu'il est simple et naturel — ID., Longin, Sublime, Préf.
  • Il faut savoir que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux, qui frappe dans le discours, et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte — ID., ib.
  • Tu n'es qu'un conjuré paré d'un nom sublime [ambassadeur] — VOLT., Brutus, v, 2
  • L'éloquence ne consiste point, comme tant d'auteurs l'ont dit d'après les anciens, à dire des choses grandes d'un style sublime, mais d'un style simple ; car il n'y a point proprement de style sublime, c'est la chose qui doit l'être ; et comment le style pourrait-il être sublime sans elle, ou plus qu'elle ? — D'ALEMB., Mél. litt. Œuv. t. III, p. 243
  • Ce tableau de la plus sublime des sciences naturelles [astronomie], toujours croissant au milieu même des révolutions des empires, pourra consoler des malheurs dont les récits remplissent les annales de tous les peuples — LAPLACE, Exp. v, préface

Style sublime, voy. STYLE.

4 S. m. Ce qu'il y a de grand, d'excellent dans le style, dans les sentiments, dans les actions. encore relevé aujourd’hui

  • Le sublime se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles — BOILEAU, Longin, Sublime, Préf.
  • Le sublime est une certaine force de discours propre à élever et à ravir l'âme, et qui provient ou de la grandeur de la pensée et de la noblesse du sentiment, ou de la magnificence des paroles, ou du tour harmonieux, vif et animé de l'expression — ID., ib. Réfl. 12
9 autres citations
  • Et je hais un sublime ennuyeux et pesant — ID., Art p. III
  • Le sublime ne peint que la vérité ; mais, en un sujet noble, il la peint tout entière dans sa cause et dans son effet ; il est l'expression ou l'image la plus digne de cette vérité — LA BRUY., I
  • Qu'est-ce que le sublime ?.... tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables ?.... ou plutôt le naturel et le délicat ne sont-ils pas le sublime des ouvrages dont ils font la perfection ? qu'est-ce que le sublime ? où entre le sublime ? — ID., I
  • On distingue plusieurs sortes de sublime ; il n'est pas toujours véhément et impétueux — ROLLIN, Traité des Ét. III, 3
  • Le sublime doit être dans le sentiment ou dans la pensée ; et la simplicité, dans l'expression — D'ALEMB., Disc. Acad. franç.
  • En général, le ridicule touche au sublime ; et, pour marcher sur la limite qui les sépare, sans la passer jamais, il faut bien prendre garde à soi — MARMONTEL, Œuv. t. v, p. 188
  • Savez-vous ma définition du sublime oratoire ? c'est l'art de tout dire sans être mis à la Bastille, dans un pays où il est défendu de rien dire — L'ABBÉ GALIANI, cité par Sainte-Beuve, Causeries, t. I, p. 44
  • On n'arrive point au sublime par degrés ; des distances infinies le séparent même de ce qui n'est que beau — STAËL, Corinne, IV, 3
  • Voyons l'homme non pas qui se complaît à peindre les pieuses douleurs et le sublime de la vertu, mais qui pénètre dans une âme perverse et mobile et la dévoile tout entière — VILLEMAIN, Litt. franç. XVIIIe siècle, 1re leçon

Par plaisanterie.

  • Et sur des tons d'un sublime ennuyeux Psalmodier la cause infortunée D'un perroquet non moins brillant qu'Énée — GRESSET, Ver-vert, I

5Terme de beaux-arts. Le beau à un degré très éminent en un sujet grave. Si au sublime du technique l'artiste flamand avait réuni le sublime de l'idéal, on lui. encore relevé aujourd’hui

  • élèverait des autels — DIDER., Salon de 1767, Œuvr. t. XIV, p. 498

6 Ce qu'il y a d'exalté dans l'âme et la spiritualité. encore relevé aujourd’hui

  • Fénelon vit Mme Guyon, leur esprit se plut l'un à l'autre, leur sublime s'amalgama — SAINT-SIMON, 31, 107

7Familièrement. Ce qu'il y a de mieux. encore relevé aujourd’hui

  • Le sublime de l'administration est de connaître quelle est la partie du pouvoir que l'on doit employer dans les diverses circonstances — MONTESQ., Espr. XII, 25
Historique

XVIe s.

  • Jusques à quand, o Pan grand et sublime, Laisseras-tu cette gent tant infime ? — MAROT, I, 312
  • Ceste ruse est des plus sublimes, comme on parle aujourd'hui — H. EST., Apol. d'Hérod. p. 256, dans LACURNE
Étymologie

Lat. sublimis, Sublime s'est dit pour sublimé :

  • Je suis lors dissoubs et sublime, Sans marteau, tenailles ne lime, Sans charbon, fumier, baing marie, Et sans fourneau de soufflerie — Nat. à l'alch. err. 339
Supplément au dictionnaire

SUBLIME.

5 Ajoutez :

  • Le grand, dans ce sens figuré [dans le langage de l'art], s'il n'est pas exactement synonyme de sublime, peut être considéré, du moins, comme le terme positif dont sublime serait le superlatif — BOUTARD, Dict. des arts du dessin, au mot grand

8 S. m. Dans l'argot des ouvriers parisiens, sublime, nom que se donnent certains ouvriers qui ne font rien d'utile, mais se livrent à la boisson, contractent des dettes qu'ils ne paient pas, et se font gloire de leurs vices et de leur paresse.

On a créé, par surcroît, le mot sublimisme pour désigner ce type.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « sublime » du Wiktionnaire.

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