tuteur
- nature
- nom masculin
- diction
- [tytœʁ] · 2 syllabes
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
6 emplois spécialisés
-
Droit
Celui à qui la tutelle est confiée.
- Mais serait-il loisible à un tuteur de détourner la moindre partie des biens de son pupille, pour secourir même son père ? ne doit-il pas s’efforcer, au contraire, d’améliorer et d’agrandir la fortune dont il a accepté la gestion ? Anonyme, Des intérêts en politique. - M. Canning et M. de Metternich, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1
- Éducation Celui qui est responsable d’une activité de tutorat auprès d’élèves ou d’étudiants.
-
Jardinage
Perche qu’on met en terre à côté d’un jeune arbre, d’une plante et à laquelle on les attache pour les soutenir ou pour les redresser.
- Les arbres qui ont été transplantés avec soin ne demandent guère d'autres appuis que leurs propres racines ; cependant il sera toujours prudent de leur mettre des tuteurs ; car on voit, dans des endroits où cette précaution est négligée, que les arbres penchent d'un côté ou de l'autre; […]. J. J. Roche, Leçons théoriques et pratiques d'agriculture, Chambéry : chez Routin, Bottero & Alessio, 1825, p. 222
- Architecture paysagère Pièce de bois ou de métal fixée en terre pour soutenir une plante.
- Droit civil Personne chargée de veiller sur un mineur ou un incapable majeur, de gérer ses biens et de le représenter dans les actes juridiques.
- Généralités Au Québec, personne nommée par une corporation professionnelle pour exercer une surveillance sur les activités professionnelles d'un membre chez qui l'inspection a permis de relever des déficiences.
Citation
L'abbé de Coulanges veut rendre le compte de ma tutelle ; et c'est une nécessité que ce soit aux enfants dont on a été tutrice
Origine du mot
Du latin tutor, dérivé de tueor (« regarder fixement, avoir à l’œil »), d’où « surveiller, protéger ».
Dans le dictionnaire latin : tutor
1873 — le Littré
TUTEUR, TRICE s. m. et f. (tu-teur, tri-s')
1 Celui, celle qui est chargé d'une tutelle. encore relevé aujourd’hui
- .... toi-même, des tiens devenu le bourreau, Au sein de ton tuteur [Cicéron] enfonças le couteau — CORN., Cinna, IV, 3
- L'abbé de Coulanges veut rendre le compte de ma tutelle ; et c'est une nécessité que ce soit aux enfants dont on a été tutrice — SÉV., 171
4 autres citations
- Théodose déclara Stilicon tuteur de son fils Honorius, et lieutenant général des armées des deux empires — FLÉCH., Hist. de Théodose, IV, 75
- Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur — BOILEAU, Lutr. VI
- La femme pourra être nommée tutrice de son mari — Code civ. art. 507
- Tout individu âgé de soixante-cinq ans accomplis peut refuser d'être tuteur — ib. art. 433
Tuteur officieux, celui qui est chargé de la tutelle officieuse.
- Un époux ne peut devenir tuteur officieux qu'avec le consentement de l'autre conjoint — Code civ. art. 362
Tuteur ad hoc, celui qui est nommé à un mineur pour un objet déterminé.
Fig. Il n'a pas besoin de tuteur, se dit d'un homme qui sait conduire ses affaires.
Fig.
- Nous sommes des enfants qui avons besoin d'un tuteur sévère, la difficulté ou la crainte — BOSSUET, Sermons, Ambition, 1
Fig. Tuteurs des rois, s'est dit des parlements sous l'ancienne monarchie.
- Mercenaires appuis d'un dédale de lois, Plébéiens, qui pensez être tuteurs des rois — VOLT., Henr. IV
- Il y a longtemps que les Calas, les chevaliers de la Barre, les Lally, etc. m'ont brouillé avec les tuteurs des rois — ID., Lett. Richelieu, 20 juill. 1771
2Fig. Celui, celle qui protège.
- Ces grands tuteurs des États [les princes] — Dial. d'Or. Tubero, t. II, p. 289
- Les souverains ne sont que les conservateurs des lois, les exécuteurs de la justice, les pères et les tuteurs du peuple — FÉN., t. XXII, p. 389
1 autre citation
- Les chefs-d'œuvre que Rome, tutrice des beaux-arts, a cédés à l'héritière d'Athènes [Paris] — CHATEAUBR., Génie, IV, VI 6
3Terme de jardinage. Bâton contre lequel on attache une plante faible, tortue ou mal dirigée, qu'on veut soutenir ou redresser. encore relevé aujourd’hui
- Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpant — CHATEAUBR., Amér. Moissons.
Corset tuteur, sorte d'enveloppe solide, en bois, en fer, qu'on met autour d'un jeune arbre pour le protéger dans sa croissance.
Historique
XIIIe s.
- Cil qui est tuteres por enfans sousaagiés, n'est pas tenus à fere les besongnes des enfans à son coust — BEAUMANOIR, XVII, 8
- Doner tutors as orfelins qui n'en ont point — Liv. de just. 75
XIVe s.
- Or est terre mere et nourrice De toutes choses, et tutrice — Nat. à l'alch. err. 465
- Madame Aliz de Partenay, tutreisse desdiz heritiers — DU CANGE, tutella.
XVe s.
- Tuteur d'enfans [celui qui les tient en pension] — ID., ib.
XVIe s.
- La deesse tutrice de cette amoureuse ardeur [l'amour] — MONT., III, 293
- Tuteurs et tuteresses — Coust. gén. t. II, p. 504
1 autre citation
- Le parlement, jadis tuteur des roys — Sat. Mén. Disc. de M. d'Aubray
Étymologie
Provenç. tuaire, tuador ; du lat. tutatorem, protecteur, de tutari, protéger (tutor aurait donné ture). En provençal tuaire, en français tutere est le nominatif, de tutátor ; tuador, tuteur, est le régime, de tutatórem. C'est de tuteur, maître de pension, que vient l'anglais tutor, précepteur.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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