tuteur

nature
nom masculin
diction
[tytœʁ] · 2 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

6 emplois spécialisés
  1. Droit Celui à qui la tutelle est confiée.
    • Mais serait-il loisible à un tuteur de détourner la moindre partie des biens de son pupille, pour secourir même son père ? ne doit-il pas s’efforcer, au contraire, d’améliorer et d’agrandir la fortune dont il a accepté la gestion ? Anonyme, Des intérêts en politique. - M. Canning et M. de Metternich, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1
  2. Éducation Celui qui est responsable d’une activité de tutorat auprès d’élèves ou d’étudiants.
  3. Jardinage Perche qu’on met en terre à côté d’un jeune arbre, d’une plante et à laquelle on les attache pour les soutenir ou pour les redresser.
    • Les arbres qui ont été transplantés avec soin ne demandent guère d'autres appuis que leurs propres racines ; cependant il sera toujours prudent de leur mettre des tuteurs ; car on voit, dans des endroits où cette précaution est négligée, que les arbres penchent d'un côté ou de l'autre; […]. J. J. Roche, Leçons théoriques et pratiques d'agriculture, Chambéry : chez Routin, Bottero & Alessio, 1825, p. 222
  4. Architecture paysagère Pièce de bois ou de métal fixée en terre pour soutenir une plante.
  5. Droit civil Personne chargée de veiller sur un mineur ou un incapable majeur, de gérer ses biens et de le représenter dans les actes juridiques.
  6. Généralités Au Québec, personne nommée par une corporation professionnelle pour exercer une surveillance sur les activités professionnelles d'un membre chez qui l'inspection a permis de relever des déficiences.

Citation

L'abbé de Coulanges veut rendre le compte de ma tutelle ; et c'est une nécessité que ce soit aux enfants dont on a été tutrice
Madame de Sévigné, 171

Origine du mot

Du latin tutor, dérivé de tueor (« regarder fixement, avoir à l’œil »), d’où « surveiller, protéger ».

Dans le dictionnaire latin : tutor

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TUTEUR, TRICE s. m. et f. (tu-teur, tri-s')

1 Celui, celle qui est chargé d'une tutelle. encore relevé aujourd’hui

  • .... toi-même, des tiens devenu le bourreau, Au sein de ton tuteur [Cicéron] enfonças le couteau — CORN., Cinna, IV, 3
  • L'abbé de Coulanges veut rendre le compte de ma tutelle ; et c'est une nécessité que ce soit aux enfants dont on a été tutrice — SÉV., 171
4 autres citations
  • Théodose déclara Stilicon tuteur de son fils Honorius, et lieutenant général des armées des deux empires — FLÉCH., Hist. de Théodose, IV, 75
  • Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur — BOILEAU, Lutr. VI
  • La femme pourra être nommée tutrice de son mari — Code civ. art. 507
  • Tout individu âgé de soixante-cinq ans accomplis peut refuser d'être tuteur — ib. art. 433

Tuteur officieux, celui qui est chargé de la tutelle officieuse.

  • Un époux ne peut devenir tuteur officieux qu'avec le consentement de l'autre conjoint — Code civ. art. 362

Tuteur ad hoc, celui qui est nommé à un mineur pour un objet déterminé.

Fig. Il n'a pas besoin de tuteur, se dit d'un homme qui sait conduire ses affaires.

Fig.

  • Nous sommes des enfants qui avons besoin d'un tuteur sévère, la difficulté ou la crainte — BOSSUET, Sermons, Ambition, 1

Fig. Tuteurs des rois, s'est dit des parlements sous l'ancienne monarchie.

  • Mercenaires appuis d'un dédale de lois, Plébéiens, qui pensez être tuteurs des rois — VOLT., Henr. IV
  • Il y a longtemps que les Calas, les chevaliers de la Barre, les Lally, etc. m'ont brouillé avec les tuteurs des rois — ID., Lett. Richelieu, 20 juill. 1771

2Fig. Celui, celle qui protège.

  • Ces grands tuteurs des États [les princes] — Dial. d'Or. Tubero, t. II, p. 289
  • Les souverains ne sont que les conservateurs des lois, les exécuteurs de la justice, les pères et les tuteurs du peuple — FÉN., t. XXII, p. 389
1 autre citation
  • Les chefs-d'œuvre que Rome, tutrice des beaux-arts, a cédés à l'héritière d'Athènes [Paris] — CHATEAUBR., Génie, IV, VI 6

3Terme de jardinage. Bâton contre lequel on attache une plante faible, tortue ou mal dirigée, qu'on veut soutenir ou redresser. encore relevé aujourd’hui

  • Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpant — CHATEAUBR., Amér. Moissons.

Corset tuteur, sorte d'enveloppe solide, en bois, en fer, qu'on met autour d'un jeune arbre pour le protéger dans sa croissance.

Historique

XIIIe s.

  • Cil qui est tuteres por enfans sousaagiés, n'est pas tenus à fere les besongnes des enfans à son coust — BEAUMANOIR, XVII, 8
  • Doner tutors as orfelins qui n'en ont point — Liv. de just. 75

XIVe s.

  • Or est terre mere et nourrice De toutes choses, et tutrice — Nat. à l'alch. err. 465
  • Madame Aliz de Partenay, tutreisse desdiz heritiers — DU CANGE, tutella.

XVe s.

  • Tuteur d'enfans [celui qui les tient en pension] — ID., ib.

XVIe s.

  • La deesse tutrice de cette amoureuse ardeur [l'amour] — MONT., III, 293
  • Tuteurs et tuteresses — Coust. gén. t. II, p. 504
1 autre citation
  • Le parlement, jadis tuteur des roys — Sat. Mén. Disc. de M. d'Aubray
Étymologie

Provenç. tuaire, tuador ; du lat. tutatorem, protecteur, de tutari, protéger (tutor aurait donné ture). En provençal tuaire, en français tutere est le nominatif, de tutátor ; tuador, tuteur, est le régime, de tutatórem. C'est de tuteur, maître de pension, que vient l'anglais tutor, précepteur.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tuteur » du Wiktionnaire.

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