universel

nature
adj masculin
diction
[ynivɛʁsɛl] · 4 syllabes
usage
8 par million de mots
parenté
univers

Sens et définitions

Adjectif 5

  1. Dont la portée est générale, qui s’étend à tout, à tous ou partout.
    • La gravitation universelle.
  2. Qui concerne, qui affecte quelque chose dans son ensemble.
    • Alors un tremblement universel l’agita, et il fut obligé de s’appuyer sur la cheminée. Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863
  3. Qui est considéré comme commun à tous les hommes.
    • Ainsi observe-t-on chez les enfants une tendance très forte à commencer leurs énoncés par une consonne et à les achever par une voyelle. Les langues du monde tendent également à conforter le type syllabique CV [consonne-voyelle], seul considéré comme universel. Sophie Kern, De l’universalité et des spécificités du développement langagier précoce, in « Aux origines des langues et du langage », Éditions Fayard, 2005
  4. Qui embrasse, qui renferme, qui comprend la totalité des êtres ou des choses.
    • Science universelle.
1 emploi spécialisé
  1. Automatisation et applications Se dit d'un robot capable d'atteindre des objectifs différents sans modification de structure.

Nom 1

1 emploi spécialisé
  1. Logique Ce qu’il y a de commun dans les individus d’un même genre, d’une même espèce.
    • Toujours on commence par une vue de l’ensemble, puis on va de l’universel au particulier; puis enfin, après avoir étudié en détail chaque partie du tout, on reconstruit ce tout qu’on avait décomposé, et ainsi, on finit comme on avait commencé, par des encyclopédies. Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d’Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8

Citation

Tout se trouvait en eux, hormis ce que les hommes Font marcher avant tout dans le siècle où nous sommes : Ce sont les biens, c'est l'or, mérite universel
Jean de La Fontaine, Filles de Minée.

Origine du mot

Du latin universalis.

Dans le dictionnaire latin : universalis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

UNIVERSEL, ELLE adj. (u-ni-vèr-sèl, sè-l')

1 Qui s'étend à tout, qui s'étend partout. encore relevé aujourd’hui

  • Tout se trouvait en eux, hormis ce que les hommes Font marcher avant tout dans le siècle où nous sommes : Ce sont les biens, c'est l'or, mérite universel — LA FONT., Filles de Minée.
  • Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires, et la pluralité aux autres ; d'où vient cela ? de la force qui y est — PASC., Pens. VI, 7, édit. HAVET.
14 autres citations
  • Il faut qu'on ne puisse dire, ni il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent ; mais, il est honnête homme ; cette qualité universelle me plaît seule — ID., ib. VI, 15 ter.
  • Si ses sujets, si ses alliés, si l'Église universelle a profité de ses grandeurs, elle-même a su profiter de ses malheurs — BOSSUET, Reine d'Anglet.
  • Peut-être que moi qui existe n'existe ainsi que par la force d'une nature universelle qui a toujours été telle que nous la voyons, en remontant jusqu'à l'infinité des temps ; mais cette nature, ou elle est seulement esprit, et c'est Dieu ; ou elle est matière, et ne peut par conséquent avoir créé mon esprit — LA BRUY., XVI
  • [Louis XIV, mille fois accusé par ses ennemis] d'avoir formé et conduit le projet de la monarchie universelle ; s'il y avait réussi, rien n'aurait été plus fatal à l'Europe, à ses anciens sujets, à lui, à sa famille — MONTESQ., Esp. IX, 7
  • Un préjugé universel permet rarement l'examen — VOLT., Dict. phil. Figure.
  • Mais le mal moral, les crimes, Néron, Alexandre VI !... cela empêche-t-il qu'il y ait une cause universelle ? — ID., Philos. Comm. Malebranche, Résultat.
  • La foule innombrable des animaux jouit de ses sens par des lois universelles ; ces lois sont communes à eux et à nous — ID., ib. Mécan. des sens.
  • Cette date où la mer était universelle et couvrait toute la surface du globe, à l'exception des lieux élevés — BUFF., 4e ép. nat. Œuv. t. XII, p. 205
  • On ne saurait imaginer quel respect, quel amour les Chinois ont pour leur empereur, ou, comme ils le disent, pour le père commun, pour le père universel — RAYNAL, Hist. phil. I, 20
  • Me voilà seul, portant la haine universelle ! — LEGOUVÉ, Épichar. et Nér. v, 4
  • Un fluide universel extrêmement subtil, agité par les mouvements rapides des particules des corps lumineux — FRESNEL, Inst. Mém. scienc. 1821 et 1822, t. v, p. 340
  • Jusqu'à ce qu'étendue enfin sur la terre et les mers, L'universelle nuit pèse sur l'univers — LAMART., Harm. II, 12
  • Les dispositions testamentaires sont ou universelles, ou à titre universel, ou à titre particulier — Code civ. art. 1002
  • Le legs universel est la disposition testamentaire par laquelle le testateur donne à une ou plusieurs personnes l'universalité des biens qu'il laissera à son décès — ib. art. 1003

Suffrage universel, droit de voter dans les élections accordé à tout citoyen d'un certain âge.

Concile universel, se dit quelquefois pour concile oecuménique.

Évêque universel, nom qui a été donné quelquefois au pape.

Jubilé universel, celui qui est accordé à toute l'Église.

Terme de théologie. Grâce universelle, se dit, parmi les réformés, de la grâce répandue sur tous les hommes par le sacrifice de Jésus-Christ.

2 Qui a de la capacité pour toute chose. encore relevé aujourd’hui

  • Les gens universels ne sont appelés ni poëtes, ni géomètres, mais ils sont tout cela, et jugent de tous ceux-là — PASC., Pens. VI, 15
  • Arias a tout vu, a tout lu, il veut le persuader ainsi : c'est un homme universel, et il se donne pour tel — LA BRUY., V
3 autres citations
  • Le fameux Leibnitz naquit à Leipzick ; il mourut en sage à Hanovre, adorant un Dieu, comme Newton, sans consulter les hommes ; c'était peut-être le savant le plus universel de l'Europe — VOLT., Louis XIV, 34
  • Il n'arrive jamais que le même homme puisse exercer également sa mémoire, son imagination et sa réflexion sur toutes sortes de matières.... cela nous apprend pourquoi ceux qui aspirent à être universels, courent risque d'échouer dans bien des genres — CONDILL., Connais. hum. I, II, 5
  • Il a un esprit universel, non par les lumières, mais par la faculté d'en acquérir — J. J. ROUSS., Ém. III

Cet homme est universel, il a une grande étendue de connaissances.

  • Vous êtes universel, monsieur, vous vous connaissez à tout — LESAGE, Turcar. III, 4

On dit de même : science universelle.

Fig. et par plaisanterie.

  • Je sers un jeune homme nommé Damis ; c'est un aimable garçon : il aime le jeu, le vin, les femmes ; c'est un homme universel — LESAGE, Crispin rival, 3

3Terme de logique. Qui comprend toute chose, qui a le caractère de généralité abstraite. encore relevé aujourd’hui

  • Notre âme étant de telle nature, que ses idées intellectuelles sont universelles, abstraites, séparées de toute matière particulière — BOSSUET, Conn. IV, 1
  • Toute vérité certaine en matière universelle est éternelle — ID., ib. I, 13
1 autre citation
  • Toute proposition universelle est une voie abrégée de l'esprit, qui ne peut ni voir ni embrasser ensemble tous les particuliers, et les envelopper tous ensemble dans une seule idée — FONTEN., Frag. Rais. hum.

4 S. m. L'universel, ce qu'il y a de commun dans les individus d'un même genre, d'une même espèce. L'universel a parte rei, l'universel a parte mentis. repris par le Wiktionnaire

Voy. UNIVERSAUX.

Remarque

Il ne faut pas en général donner de comparaison à universel ; cependant de bons écrivains l'ont fait.

  • Une erreur si stupide et si brutale n'était pas seulement la plus universelle, mais.... — BOSSUET, Hist. II, 3
  • Rédemption la plus universelle dans son étendue : tous les hommes y sont compris ; tous en général, chacun en particulier — BOURDAL., Pensées, t. III, p. 193
1 autre citation
  • L'aveuglement est, de toutes les peines du péché, la plus universelle — MASS., Carême, Confession.
Historique

XIIIe s.

  • Savoir les universels choses n'est pas seure chose sanz l'esperience — BRUN. LATINI, Trésor, p. 333

XIVe s.

  • Environ aucunes choses universeilz, et environ aucunes choses particulieres — H. DE MONDEVILLE, f° 36, verso.
  • Afin que.... tentée la fortune de ceulz petiz debaz, il peust comander aus siens concevoir esperance de la victoire universal — BERCHEURE, f° 84, verso.

XVe s.

  • C'est luy [Dieu] par qui l'universel est fait — les Triomphes de la noble dame, f° 123, dans LACURNE

XVIe s.

  • L'edit de pacification fait devant Orleans avoit donné quasi à l'universel de la France beaucoup de contentement — LANOUE, 605
  • Leur premier et principal acte fut l'universelle prise des armes par toute la France en un mesme jour — ID., 613
4 autres citations
  • Ce qui est particulier est plus sanable que ce qui est universel — PARÉ, t. III, p. 688
  • Les plus beaux et plus grands esprits sont les plus universels — CHARRON, Sagesse, II, 2
  • Demeurer universel et ouvert à tout — ID., ib.
  • Se nommer evesque universel, ou evesque de l'Eglise catholique, comme font maintenant les papes — le Bureau du concile de Trente, p. 3
Étymologie

Provenç. et espagn. universal ; ital. universale ; du lat. universalis, dérivé de universus (voy. UNIVERS).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « universel » du Wiktionnaire.

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