vair

nature
nom masculin
diction
[vɛʁ] · 1 syllabe
attesté
Au plus tard au XIᵉ siècle
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. vieilli Fourrure blanche et grise de quelques espèces d’écureuils et particulièrement de celle du petit-gris.
    • Le vair et le petit-gris durent être prohibés au milieu du XIIᵉ siècle. Jules Verne, Le Pays des fourrures, 1873
3 emplois spécialisés
  1. Héraldique Fourrure de l’écu, figurée par de petites cloches alternées d’azur et d’argent, disposées de telle sorte que la pointe des pièces d’azur est opposée à la pointe des pièces d’argent.
    • L'identité des familles ne s'établit que d'après les armoiries, et nous avons déjà donné celles de cette famille (l'écusson bandé de vair et de gueules de six pièces). Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854
  2. Héraldique Se dit d'une fourrure du blason représentée par des pièces blanches et bleues alternées, le plus souvent en forme de clochette.
  3. Héraldique Fourrure du blason représentée par des pièces blanches et bleues alternées, le plus souvent en forme de clochette.

Origine du mot

Du latin varius (« varié ») car l’écureuil petit-gris avait le dos gris et le ventre blanc, on avait l’habitude de coudre en alternance de la fourrure grise et de la blanche pour réaliser des peaux de grande taille.

Dans le dictionnaire latin : varius

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

VAIR s. m. (vêr)

1 Anciennement, fourrure de la peau d'une espèce d'écureuil, du même nom, qui était colombine par-dessus et blanche par-dessous ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui petit gris. encore relevé aujourd’hui

  • Le roi, deux fois par an, distribuait des manteaux rouges fourrés d'hermine ou de menu vair aux chevaliers qu'il retenait auprès de sa personne — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 111, dans POUGENS

2Terme de blason. Un des métaux composé ordinairement d'argent et d'azur en petites pièces égales disposées de telle sorte que la pointe des pièces d'azur est opposée à la pointe des pièces d'argent, et la base à la base. Porter de vair.

Vair contre vair, se dit quand le métal est opposé au métal et la couleur à la couleur, ce qui est contraire à la disposition ordinaire.

Remarque

C'est parce qu'on n'a pas compris ce mot maintenant peu usité qu'on a imprimé dans plusieurs éditions du conte de Cendrillon souliers de verre (ce qui est absurde), au lieu de souliers de vair, c'est-à-dire souliers fourrés de vair.

Historique

XIe s.

  • Vairs [il] out les iex et mult fier le visage — Ch. de Rol. X

XIIe s.

  • Le front poli et clair, les oilz vers et rians — Sax. v
  • Il fu bien afublez d'une pelice vaire — ib. XXX

XIIIe s.

  • Le commun des conreeurs de robe vere de Paris — Liv. des mét. 415
  • Nous le trouvames gisant sus couvertouers de menu ver, et nous traïmes tout souef [doucement] vers li et le trouvames mort — JOINV., 218

XVe s.

  • Et [Philippe d'Artevelle] se fourroit de menus vairs — FROISS., II, II, 160
  • Ils [les seigneurs] sont fourrés de vairs et de gris, et nous [les paysans] sommes vestus de povres draps — ID., II, II, 160
Étymologie

Provenç vair, var, vaire ; du lat. varius. varié (voy. VARIER).

Supplément au dictionnaire

VAIR. Ajoutez : - REM. Dans le blason le vair n'est pas un métal ; il constitue, avec l'hermine, les deux fourrures du blason.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « vair » du Wiktionnaire.

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