épais

nature
adj masculin
diction
[epɛ] · 2 syllabes
usage
47 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 7

  1. Qui a une certaine mesure dans la dimension transversale.
    • La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais. Bernard le Bouyer de Fontenelle, Parent.
  2. Fort, solide.
    • Drap épais. Étoffe épaisse.
  3. Nombreux, serré, touffu.
    • J’ai craint que de ces bois l’épaisse solitude Ne cachât un ramas de brigands révoltés. Ducis, Lear, I, 1
  4. Qui a une grande consistance ou une grande densité.
    • Ils l’ont enveloppé d’une épaisse fumée. Pierre Corneille, Tois. d’or, v, 2.
  5. figuré Lourd ; grossier ; lent à comprendre.
    • Et la grosse gaieté de l’épaisse opulence. Jean-Baptiste Louis Gresset, Méch., II, 3.
  6. familier Imbécile. → voir épais dans le plus mince
    • Pompidou, Baudouin, Trudeau sont corrects. Ils ne veulent rien changer ; ils sont contents que nous restions épais comme nous sommes. Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, p. 16
1 emploi spécialisé
  1. Botanique Se dit de toutes les parties dont l’épaisseur, comparée à celles d’organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.

Nom 3

  1. vieilli Épaisseur.
    • au tableau de l’insubordination ordinaire ces observateurs doivent ajouter les conscrits qui se cachent dans l’épais des bois pour ne pas se rendre aux frontières, […] Mona Ozouf, Composition française, Gallimard, 2009, collection Folio, page 208
  2. Profondeur, obscurité.
    • L’été monte, il faut arriver avant lui. On part alors à l’épais de la nuit. On réveille les bêtes à coups de fouets, de sifflets, d’abois de chiens. Jean Giono, « La Crau », 1961, dans Provence
  3. familier Imbécile.
    • « Le Québec c’est un pays conquis par la force, c’est pas moi qui a^([sic]) inventé ça! Pis ceux qui nient ça c’est des épais! ». L’aut’journal, 30 septembre 2007

Adverbe 1

  1. Avec densité, d’une manière serrée.

Citation

La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais
Fontenelle, Parent.

Origine du mot

Du latin spissus.

Dans le dictionnaire latin : spissus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ÉPAIS, AISSE adj. (é-pê, pê-s')

1 Épais, considéré quant à la dimension : qui a une certaine épaisseur. Mur épais de deux mètres. Une planche épaisse de quatre centimètres. encore relevé aujourd’hui

  • La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-12 fort épais — FONTEN., Parent.

Terme de botanique. Se dit de toutes les parties dont l'épaisseur, comparée à celles d'organes analogues, est plus grande que ne semblerait le comporter leur étendue.

Fort, solide, par opposition à mince. Drap épais. Étoffe épaisse.

Par extension. Langue épaisse, langue pâteuse, lourde, articulant difficilement.

Taille épaisse, taille grosse, peu élégante.

Fig. et familièrement. Avoir la mâchoire épaisse, avoir l'esprit grossier. On dit aussi : c'est une mâchoire épaisse.

Cheval épais, cheval gros, lourd, sans élégance.

2 Épais, considéré quant au nombre : serré, touffu. Des cheveux épais. Les bois épais. D'épais bataillons. encore relevé aujourd’hui

  • J'ai craint que de ces bois l'épaisse solitude Ne cachât un ramas de brigands révoltés — DUCIS, Lear, I, 1

Terme de pêche. Tissure épaisse, tissure d'un filet à mailles serrées.

3 Épais, considéré quant à la consistance : dense, peu fluide. Du vin épais. Un épais brouillard. encore relevé aujourd’hui

  • Cette liqueur épaisse Mêle du sang de l'hydre avec celui de Nesse — CORN., Médée, IV, 2
  • Une épaisse vapeur s'est du temple élevée — ID., Œd. II, 3
3 autres citations
  • Ils l'ont enveloppé d'une épaisse fumée — ID., Tois. d'or, v, 2
  • Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ? — RAC., Andr. v, 5
  • Climats qu'un ciel épais ne couvre que d'orages — VOLT., Orphel. I, 1

Fig. et familièrement. Cela est épais à couper au couteau, se dit d'un esprit grossier, d'une ruse grossière, etc.

Fig. Lourd, pesant, grossier.

  • Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais — SAINT-SIMON, 4, 64
  • Les Béotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu'ils pouvaient aux affaires générales — MONTESQ., Rom. 5
1 autre citation
  • Et la grosse gaieté de l'épaisse opulence — GRESSET, Méch. II, 3

Il se dit des choses dans un sens analogue. Une ignorance épaisse.

  • Que son intelligence est épaisse ! — MOL., Préc. rid. 6
  • Dans la plus épaisse barbarie — FLÉCH., Panég. II, 383

4 Substantivement. Épaisseur. Une pierre qui a deux pieds d'épais. encore relevé aujourd’hui

5 Adv. Avec densité, d'une manière serrée. Semer trop épais. Il a neigé épais. repris par le Wiktionnaire

Remarque

Au XVIIe siècle, à côté d'épais on disait épois : Épais était la prononciation de l'ouest de la France ; épois celle du centre et du nord.

  • On verroit Les poëtes plus espois que mouches en vendanges — RÉGNIER, Sat. IV
  • De son gros chef couvert de bois, S'exhale maint nuage épois Qui le cache et qui l'environne Et lui fait comme une couronne — SCARRON, Virg. IV
Historique

XIe s.

  • Al plus espes [de la mêlée] — Ch. de Rol. CCLVII

XIIe s.

  • [Un haubert] Fort et espes et serré et entier — Ronc. p. 49
  • Plus espois — ib. 142

XIIIe s.

  • Ensi pourprist li feus de defors le port en travers jusques parmi le plus espeis de la vile — VILLEH., XCI
  • Sous une espine espesse [elle] s'est allée mucier — Berte, XXXVIII
1 autre citation
  • D'autre part sunt li mur de boe, Qui n'ont pas d'espès plaine paume — la Rose, 6131

XVe s.

  • Je ferai, par enchantement, l'air si espès, que dessus la mer il semblera à cils de dedans qu'il y ait un grand pont pour dix hommes de front — FROISS., II, II, 137

XVIe s.

  • [La forêt] Voit par l'espais de sa neuve ramée Mainct libre oiseau qui de tous côtés erre — DU BELLAY, II, 19, recto.
  • Meutes de chiens, piqueurs Massiliens Marchent espais [serrés nombreux] — ID., IV, 10, recto.
5 autres citations
  • Des tuyaux praticquez dans l'espez du mur — MONT., IV, 255
  • Des urines espesses, noires et effroyables — ID., IV, 271
  • Ces espesses poussieres — ID., IV, 291
  • Le capitaine Nesde et un sergent qui y mourut, firent quelque jour dans cet espais à coups d'hallebarde — D'AUB., Hist. II, 353
  • Espesse fumée — ID., ib.
Étymologie

Wallon, spès, spèse, au féminin ; bourguign. espoo ; provenç. espes ; espagn. espeso ; ital. spesso ; du latin spissus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « épais » du Wiktionnaire.

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