étude

nature
nom féminin
diction
[etyd] · 2 syllabes
usage
31 par million de mots

Sens et définitions

Nom 16

  1. Apprentissage, travail pour apprendre ou approfondir des savoirs.
    • L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n'ait dissipé. Montesquieu, Pens. div.
  2. Instruction scolaire.
    • L'abbé d’Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre [Voltaire]. Jean le Rond D’Alembert, Éloges, d’Olivet.
  3. Travail préparatoire.
    • Quant au lysol, nous avons déjà noté, à plusieurs reprises, ses remarquables propriétés insecticides, en particulier dans nos études sur l’acariose. Chronique agricole, viticole et forestière du Canton de Vaud, volume 20, page 509, Institut agricole de Lausanne, 1907
  4. Examen préliminaire d’une question ou d’un projet.
    • Nous allons procéder maintenant à une étude d'ensemble des principaux modèles de déschisteurs automatiques pour bac à piston. Ch. Berthelot, Épuration, séchage, agglomération et broyage du charbon, Paris : chez Dunod, 1938, page 43
  5. Lieu de ce travail d’apprentissage, de ce travail intellectuel; en particulier.
  6. Le temps de ces exercices.
  7. Connaissances acquises.
  8. Soin particulier que l’on apporte à quelque chose.
  9. Préméditation.
  10. Objet d’étude, de soin.
  11. Péjoratif Affectation, recherche.
5 emplois spécialisés
  1. Art Ébauche préparatoire, dessin, peinture, sculpture, etc., exécuté en préparation d’une œuvre.
    • Les études de Raphaël.
  2. Musique Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d’un instrument.
    • Des études pour le violon.
  3. Littérature Type d’ouvrage proche de l'essai.
    • Étude sur la musique grecque.
  4. Théâtre Action d’apprendre par cœur un rôle. On dit plutôt aujourd'hui étudier un rôle.
    • Il ne lui est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l’étude qu’elle faisait de ce rôle. Pierre Corneille, Lett. à l’abbé de Pure, 12 mars 1659
  5. Généralités Morceau écrit en principe pour développer la technique d'exécution.

Citation

J'estimais fort l'éloquence, et j'étais amoureux de la poésie ; mais je pensais que l'une et l'autre étaient des dons de l'esprit plutôt que des fruits de l'étude
René Descartes, Méth. I, 9

Origine du mot

Du latin studium.

latin — ab « Détourner de l'étude »

latin — abdo « S'enfoncer dans l'étude »

Dans le dictionnaire latin : studium

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ÉTUDE s. f. (é-tu-d')

1 Application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts. Passer les jours et les nuits à l'étude. L'étude des mathématiques. encore relevé aujourd’hui

  • J'estimais fort l'éloquence, et j'étais amoureux de la poésie ; mais je pensais que l'une et l'autre étaient des dons de l'esprit plutôt que des fruits de l'étude — DESC., Méth. I, 9
  • L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé — MONTESQ., Pens. div.
4 autres citations
  • J'entends dire qu'il convient d'occuper les enfants à des études où il ne faille que des yeux ; cela pourrait être s'il y avait quelque étude où il ne fallût que des yeux ; mais je n'en connais point de telle — J. J. ROUSS., Em. II
  • J'ai su, pauvre et content, savourer à longs traits Les muses, les plaisirs, et l'étude et la paix — A. CHÉN., Élég. XVI
  • Entre l'étude et moi tu partageais tes jours — M. J. CHÉN., Gracques, I, 4
  • Dans l'étude autrefois vous cherchiez un secours — C. DELAV., Paria, II, 2

2 Connaissances acquises. Avoir de l'étude. repris par le Wiktionnaire

  • Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude — BOILEAU, Épit. X

N'avoir point d'étude, nulle étude, être sans étude, se dit surtout de ceux qui n'ont point les études littéraires qu'on fait d'ordinaire dans la jeunesse.

Au plur. Les différents degrés de l'instruction classique. Faire de bonnes études. de mauvaises études. Le cours des études. Traité des études.

  • Sitôt que j'eus achevé tout ce cours d'études, au bout duquel on a coutume d'être reçu au rang des doctes — DESC., Méth. I, 6
  • L'abbé d'Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre [Voltaire] — D'ALEMB., Éloges, d'Olivet.

Faire ses études, passer par les différents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse.

On dit de même faire des études. Il n'a pas fait d'études.

3Terme de théâtre. Action d'apprendre par cœur un rôle. encore relevé aujourd’hui

  • Il ne lui est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l'étude qu'elle faisait de ce rôle — CORN., Lett. à l'abbé de Pure, 12 mars 1659

On dit plutôt aujourd'hui étudier un rôle.

Mettre une pièce à l'étude, en commencer les répétitions.

La pièce est à l'étude, elle est en cours de répétitions.

4 Étude, se dit de tout travail préparatoire. L'étude d'une question. Les études d'un chemin de fer. Mettre un projet de loi à l'étude. Ce plan est encore à l'étude. encore relevé aujourd’hui

5 Un dessin ou un morceau de peinture, de sculpture, exécuté pour l'étude particulière d'un objet. Une étude de draperie, de paysage. Les études de Raphaël. encore relevé aujourd’hui

  • Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faire — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 276, dans POUGENS
  • Nous y vîmes aussi un grand nombre d'études qu'ils avaient faites d'après plusieurs beaux monuments, et en particulier d'après cette fameuse statue de Polyclète, qu'on nomme le canon ou la règle — BARTHÉL., Anach. ch. 72

Tête d'étude, tête dessinée pour servir de modèle.

Terme de musique. Composition faite pour exercer au doigté, au jeu d'un instrument. Des études pour le violon.

6 Soin particulier que l'on apporte à quelque chose. repris par le Wiktionnaire

  • Tandis qu'autour des deux tu perdras ton étude [à deviner lequel des deux est ton fils], Mon âme jouira de ton inquiétude — CORN., Héracl. IV, 5
  • Son âme semble en vivre [de soupçons], et je mets mon étude à trouver des raisons à son inquiétude — MOL., D. Garc. II, 1
7 autres citations
  • Je mettrais toute mon étude à rendre ce quelqu'un jaloux — ID., Sicil. 7
  • Ils emploient toute leur étude à chercher — PASC., Prov. 2
  • Se faire une étude d'une bagatelle — BOSSUET, III, Vêture, 3
  • Je songe à me connaître et me cherche en moi-même, C'est là l'unique étude où je veux m'attacher — BOILEAU, Épît. v.
  • Je mets à les former [de jeunes filles] mon étude et mes soins — RAC., Esth. I, 1
  • .... Ta fière ingratitude Se fait de m'offenser une farouche étude — VOLT., Mort de Cés. II, 5
  • Ma main donne au papier, sans travail, sans étude, Des vers fils de l'amour et de la solitude — A. CHÉN., Élég. XVI

Préméditation.

  • .... L'indignation qu'on prend avec étude Augmente avec le temps et porte un coup plus rude — CORN., Pomp. IV, 1
  • Tranquille en me frappant, barbare avec étude — VOLT., Irène, IV, 4

7 Objet d'étude, de soin. repris par le Wiktionnaire

  • Votre exemple est partout une étude pour moi — CORN., Sert. III, 2
  • J'ai.... de l'inquiétude De voir qu'un sot amour fait toute votre étude — MOL., Sgan. 7
1 autre citation
  • Je me suis fait une étude de cet endroit d'une de vos lettres — SÉV., 437

8 En mauvaise part. Affectation, recherche. Éviter l'apprêt et l'étude. Elle plaît sans étude.

  • Que ne puis-je vous représenter cet homme simple et sans étude ? — FLÉCH., II, 124
  • Toute notre vie est une étude de vanité — MASS., Myst. Ass.

9 Étude est quelquefois un titre d'ouvrage, moins usité, il est vrai, que essai. Études sur la musique ancienne.

10 Anciennement, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose. encore relevé aujourd’hui

  • Et ces heureux hasards des fruits de mon étude — CORN., La poésie à la peinture.
  • Ces vers, produits dans mon étude, Récitent tes commandements — RACAN, Psaume 118
2 autres citations
  • Plus d'un héros, épris des fruits de mon étude, Vient quelquefois chez moi goûter la solitude — BOILEAU, Ép. x.
  • Considérez les avantages d'un homme [un orateur] qui n'apprend pas par cœur.... la chaleur qui l'anime lui fait trouver des expressions et des figures qu'il n'aurait pu préparer dans son étude — FÉN., Dial. sur l'éloq. II

11 Aujourd'hui, lieu où l'on réunit les élèves pour étudier leurs leçons et faire leurs devoirs. Les études de ce collége sont vastes et bien aérées. encore relevé aujourd’hui

On dit très souvent aussi : salle d'étude.

Dans les lycées de Paris, au lieu d'étude, on dit ordinairement quartier.

Le temps de ces exercices. L'étude la plus longue est celle du soir.

Maître d'étude, maître chargé de la surveillance pendant les études, les récréations et les promenades. Le titre officiel est, depuis quelques années, maître-répétiteur.

12 Pièce où un notaire, un avoué, un huissier fait travailler ses clercs.

Dépôt des minutes et des papiers que les notaires et les avoués conservent ; clientèle du notaire, de l'avoué, etc. Acheter une étude. Il cède son étude à son premier clerc.

Remarque

Étude a été longtemps masculin, d'après le latin qui est neutre. " Étude pour un lieu où l'on étudie est féminin ; étude pour travail d'étudier est masculin ; qui fait au contraire n'y entend rien, " MALH. Comment. sur Desportes, édit. LALANNE, t. IV, p. 345. Cela est répété par Chifflet, Gramm. p. 149. Aujourd'hui la terminaison féminine l'a définitivement emporté, et étude est uniquement du féminin.

Historique

XIIe s.

  • Ainz voliez poverte de vostre gré porter, En oreisun adès e en estudie ester — Th. le mart. 81

XIIIe s.

  • [Les rois qui] Fierement metent lor estuide à faire entor eus armer gens — la Rose, 5288

XVe s.

  • Il ne vous est mie mestiers, Dame, dis-je, que le vous die ; Car, sans mettre y vostre estudie, Vous en savés là et avant — FROISS., Esp. amour.
  • Colleges, n'attendez demain ; Estudes [universités], vous deussiez aler Devers le roy pour enhorter Le concille, et chercher le voir [le vrai] — E. DESCH, dans POUGENS
2 autres citations
  • En laquelle chose France a grand honneur, le roy et les princes d'icelle, avec la noble université de l'estude de Paris — Boucic. III, 20
  • J'ai ma fille à marier, où j'ay grant estude de la bien asseurer — Perceforest, t. v, f° 107

XVIe s.

  • Mais par sus tout il mit son estudie à reparer son païs d'Arcadie — MAROT, IV, 77
  • Puys se mettoyt à son estude principal par troys heures ou d'advantaige — RAB., Garg. I, 23
5 autres citations
  • Et des principaux estudes de ma vie, c'est que le bout s'en porte bien — MONT., I, 68
  • Mais on trouva enfin que c'estoit une estude profonde, son esprit s'exercitant — ID., II, 175
  • Faire un capitaine d'un personnage qui n'auroit jamais bougé de dessus les livres en une estude — AMYOT, Préf. x, 36
  • Presque toute leur estude estoit d'apprendre à obeir — ID., Lyc. 33
  • Si estoit il en ses premiers ans plus enclein à l'estude de la poesie qu'à nul autre — ID., Cicéron, 2
Étymologie

Wallon, sitûd, s. f. ; provenç. estudi ; espagn. estudio ; portug. estudo ; ital. studio ; du lat. studium. Estudie au XIIe siècle est purement orthographique ; le vers montre que la prononciation était estuide. Plus tard estudie se dit, mais alors il est calqué sur le latin.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « étude » du Wiktionnaire.

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