abomination
- nature
- nom féminin
- diction
- [abominasjɔ̃] · 5 syllabes
- attesté
- 1101
- usage
- 4 par million de mots
- parenté
- abominer
Sens et définitions
Nom 3
-
Horreur, dégoût qu’on ressent pour une personne ou une chose.
- … l'une prétendait qu'il ne fallait jamais entrer dans le temple de Mithra que du pied gauche ; l'autre avait cette coutume en abomination et n'entrait jamais que du pied droit. Voltaire, Zadig ou la Destinée, VII. Les disputes et les audiences, 1748
-
Ce qui est l’objet de l’abomination.
- Ce méchant homme est l’abomination de tout le monde.
-
Action, objet abominable.
- J’ignorais […] quelles abominations pouvaient s’y perpétrer et jusqu’où se dégradaient les sentiments les plus sacrés. Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954
Citation
Il serait à souhaiter que ces abominations fussent ensevelies dans un éternel oubli
Origine du mot
Du latin abominatio (« fait de repousser avec horreur comme un mauvais présage »).
Dans le dictionnaire latin : abominatio
1873 — le Littré
ABOMINATION s. f. (a-bo-mi-na-sion)
1 Aversion, répulsion. Avoir en abomination. Il est en abomination à tout le monde. encore relevé aujourd’hui
- Ce sacrement qu'elles auraient en abomination — PASC., Prov. 16
- Vous laisserez votre nom en abomination à mes élus — ID., Proph. 33
2 Chose abominable.
- Il serait à souhaiter que ces abominations fussent ensevelies dans un éternel oubli — BOURD., Pens. t. III, p. 135
- Les désordres et les abominations de toute sa vie — MASS., Injust. du monde.
3 autres citations
- L'abomination entre jusque dans le lieu saint — ID., Médis.
- Il a vu les abominations en honneur au milieu de son peuple — ID., Conv.
- Nos prières et nos vertus sont abomination devant Dieu — PASC., Rel. 46
3 Dans les sermonnaires, abomination signifie particulièrement le culte des idoles, et même toute fausse religion.
- Manassès qui avait introduit l'abomination dans le lieu saint — MASS., Mélange.
- Mahomet était déjà prêt de (prêt à) venir placer l'abomination dans le lieu saint — MASS., Franc.
3 autres citations
- L'abomination était répandue sur toute la terre — PASC., Juifs, 20
- Les abominations où tu es tombé sous Achaz — BOSSUET, Hist. II, 10
- On voit l'abomination dans le temple — ID., ib. II, 4
4 En style de l'Écriture, l'abomination de la désolation.
- Vous verrez l'abomination de la désolation — BOSSUET, Hist. II, 9, c'est-à-dire les plus grandes profanations.
Historique
XIIIe s.
- La menthe conforte l'estomac et donne appetit de manger et oste abomination [dégoût] — DU CANGE, abominatio.
XIVe s.
- De tout mensonge ou tout comme mensonge, il a horreur et abomination — ORESME, Eth. 134
XVe s.
- Le seigneur de Cohan avait en abomination les pommes ; et pour ce le meirent en un grenier où il y en avoit à foison, pour le mettre à finance — JUVÉNAL DES URSINS, 1411
XVIe s.
- Votre encens m'est abomination — CALV., Inst. 609
Étymologie
Provenç. abhominatio ; espagn. abominacion ; ital. abbominazione ; de abominatio (voy. ABOMINABLE).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « abomination » du Wiktionnaire.