amertume

nature
nom féminin
diction
[amɛʁtym] · 3 syllabes
usage
24 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Saveur de ce qui est amer.
    • Ce fruit n’est confit qu'après un long séjour dans l'eau fraîche, destiné à lui ôter son amertume. Annie Perrier-Robert, Dictionnaire de la gourmandise : Pâtisseries, friandises et autres douceurs, Éditions Robert Laffont, 2012
  2. figuré Ce qu’il y a de mordant, d’offensant dans des écrits ou des discours.
    • Il y a bien de l’amertume dans cette critique, dans cette défense. Ses propos sont pleins d’amertume. Il m’a parlé de lui avec amertume.
  3. figuré Âpre tristesse ; douleur ; humiliation ; nostalgie ; regret ou ressentiment suite à une désillusion.
    • Il en ruminera des projets et des amertumes pendant cent ans encore. Louis-Ferdinand Céline (Louis-Ferdinand Destouches), Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932 (réédition Gallimard, Folio #28, 2019, page 513

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de amertumer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de amertumer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de amertumer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de amertumer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de amertumer.

Citation

Elles me font sentir plus tristement l'amertume de votre absence
Madame de Sévigné, 436

Origine du mot

Du latin amaritudo via son accusatif amaritudinem.

Dans le dictionnaire latin : amaritudo

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

AMERTUME s. f. (a-mèr-tu-m')

1 Saveur amère. L'amertume de l'absinthe. encore relevé aujourd’hui

2Fig. Peine, déplaisir, tristesse.

  • L'absence jette une certaine amertume qui serre le cœur — SÉV., 209
  • Elles me font sentir plus tristement l'amertume de votre absence — ID., 436
20 autres citations
  • Il [l'amour] a de l'amertume à son commencement — MALH., V, 26
  • Pour repasser dans l'amertume de son âme toutes les années de sa vie — FLÉCH., Dauph.
  • L'amertume de leur pénitence — ID., Serm. I, 229
  • Sa douleur sera grande à ce que je présume ; Mais j'en saurai sur l'heure adoucir l'amertume — CORN., Rod. IV, 4
  • Il trouve l'amertume Au milieu des plaisirs — RAC., Esth. II, 9
  • Ma plus grande amertume, en ce funeste sort, C'est d'entendre Alvarez prononcer notre mort — VOLT., Alz. V, 4
  • Il meurt dans l'amertume, et son âme incertaine Demande en soupirant si vous êtes chrétienne — ID., Zaïre, II, 5
  • Que cet état nouveau où vous allez entrer console toutes les amertumes de votre pénitence passée — MASS., Confér. Jubilé.
  • Vous écrivez contre moi, dans le livre de votre colère, toutes les amertumes de mes passions — ID., Avent. Mort du péch.
  • Repandez des amertumes sur des passions insensées — ID., Prof. 2
  • L'amour du monde répand sur le cœur une amertume universelle — ID., Prière.
  • Vous êtes venu répandre l'amertume de votre cœur au pied des tribunaux sacrés — ID., Rech.
  • Il faut boire toute l'amertume de ce calice — ID., Car. Dégoûts.
  • Répandre mille amertumes sur leurs plaisirs — BOSSUET, Souff. 1
  • Ils ont goûté en esprit les amertumes de la croix — ID., Hist. II, 2
  • Cet inconnu m'a répondu comme un homme qui écoute à peine ce qu'on lui dit et qui est plein d'amertume — FÉN., Tél. XXIV
  • âmes mercenaires, qui ne peuvent veiller une heure en amertume avec Jésus agonisant — ID., t. XVII, p. 268
  • Le Christ a bu jusqu'à la lie le calice d'amertume — CHATEAUB., Génie, II, II, 8
  • M. de La Trappe excusait tout ce qu'il ne pouvait nier, et avalait à longs traits l'amertume de ce calice [les duretés de Gervaise] — SAINT-SIMON, 61, 23
  • Bien que tout reconfort lui soit une amertume, Avec quelque douceur qu'il lui soit présenté — MALH., VI, 11

3 Ce qu'il y a d'amer, d'offensant, de mordant dans des paroles, des écrits, etc. encore relevé aujourd’hui

  • Seigneur, trop d'amertume aigrirait vos reproches — RAC., Iphig. III, 7
  • L'amertume et le zèle d'Élie sur les scandales et l'idolâtrie d'Israël — MASS., Car. Passion.
Historique

XIIe s.

  • Mais de ço est en mun quer grant amerté asise Que ne vus ai el chief la corune d'or mise Sulunc la dignité de nostre mere iglise — Th. le Mart. 129
  • Et tuz ces ki furent en anguisse, e ces ki furent traveillez pur dette qu'il durent, e ki furent en amertume de lur curage, s'asemblerent od David — Rois, 85
1 autre citation
  • Envelopeiz soit d'amertume — Job, 459

XIIIe s.

  • Que lupin soient tempré en l'ewe, tant que leur amertune soit ostée — ALEBRANT, f° 51
  • Mès qui bien les esproveroit, Tant d'amertume i troveroit, Qu'il s'i craindroit moult à bouter ; Tant fait lor grace à redouter — la Rose, 18784
1 autre citation
  • Vierge qui du haut fil de Dieu t'enceinturas, Qui le dous fruit de vie en tes flans meüras, Dont toute l'amertume du monde assavoras, Ne nos oblie mie.... — J. DE MEUNG, Test. 2123

XVIe s.

  • Voy mes compaings lesquels ont de coustume Faire grands plaints de pareille amertume — MAROT, I, 316
  • Sçais-tu pas bien qu'amour a de coustume D'entremesler ses plaisirs d'amertume ? — ID., I, 340
1 autre citation
  • Elle engendre en l'ame une mauvaise habitude, que l'on appelle cholere, laquelle finablement devient un feu d'ire soudain, une amertume vindicative — AMYOT, Comm. refren. la cholere, 6
Étymologie

Provenç. amaruns ; de amaritudinem, de amarus (voy. AMER). On a dit aussi amerté dans l'ancien français.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « amertume » du Wiktionnaire.

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