béjaune
- nature
- nom masculin
- diction
- [beʒon] · 2 syllabes
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
figuré Jeune personne sotte et niaise.
- Ce n’est qu’un béjaune, mais je le chéris comme un frère. Sa mort me ferait grand peine. George R. R. Martin, Le trône de fer, 1996 - traduit par Jean Sola, 1998
-
Bêtise, fait d’être sot.
- Mais je suis sûr qu’au fond de l’âme il espérait bien que son gentleman à lui allait faire voir à l’autre gentleman son béjaune, et ne tarderait pas à le renvoyer tout penaud. Charles Dickens, Le Magasin d’antiquités traduction Des Essarts, 1876
- vieilli Clerc qui entre dans une des basoches.
2 emplois spécialisés
- Fauconnerie Oiseau jeune, qui a encore sur le bec une petite peau jaune et qui n’est pas dressé.
-
Histoire
Au Moyen Âge, étudiant novice nouvellement arrivé à l’université de Paris.
- Tantôt c’était un béjaune (on appelait ainsi les nouveaux débarqués à l’Université) qu’il avait houspillé pour sa bienvenue. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831
Adjectif 2
-
Niais.
- J’avais été beaucoup plus rarement bombardé du haut des airs, et je me trouvai, devant ce danger-là, presque aussi béjaune que mes conscrits. Marc Bloch, L’étrange défaite : La déposition d’un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, p.86
- familier quelqu'un qui refuse la vérité, qui est attaché à ses illusions.
Citation
C'est fort bien fait d'apprendre à vivre aux gens et de leur montrer leur béjaune
Origine du mot
Bec, jaune ; le bec jaune étant l'attribut du jeune oiseau de proie, encore sans éducation ni expérience. — Littré, 1873
1873 — le Littré
BÉJAUNE s. m. (bé-jô-n')
1Terme de fauconnerie. Bec jaune
2 Oiseau jeune et niais, qui a encore le bec jaune. encore relevé aujourd’hui
Fig. et familièr. Montrer à quelqu'un son béjaune, lui prouver sa sottise, son ignorance.
- Souffrez que je lui montre son béjaune, et le tire d'erreur — MOL., Mal. imag. III, 16
- C'est fort bien fait d'apprendre à vivre aux gens et de leur montrer leur béjaune — ID., Am. méd. II, 3
Fig. et familièrement. Un béjaune, un jeune homme sot et inexpérimenté.
3Fig. Se disait de l'ouvrier qui passait compagnon ou maître, et du régal payé en ces circonstances.
Payer son béjaune, payer sa bienvenue ; locution tirée de ce qu'à Paris une des fonctions les plus importantes des trésoriers de la Basoche était de recevoir les béjaunes et de leur faire payer la bienvenue.
Lettres de béjaune, lettres données autrefois aux clercs par la basoche, et qui marquaient le commencement de la cléricature.
Historique
XIIIe s.
- Sans faille, ce n'est pas merveille, S'ous [si vous] n'en savés quartier ne aune ; Car vous avés trop le bec jaune — la Rose, 13018
XVe s.
- Payer leur fauldra les usaiges De leurs becz jaunes, sans faillir — CH. D'ORL., Rondeau.
- Qu'esse cy ? estes vous bejaulne ? Vuidez moy mon broc vistement, Je demande du vin de Beaulne, Qui soit bon et non aultrement — VILLON, Repues franches.
1 autre citation
- Ce sont six aulnes ; ne sont mie ? Et non sont ; que je suis bec jaulne ! — Patelin
XVIe s.
- Cagnars, bejaulnes, descongneuz — J. MAROT, V, 304
- Ce dyable de Pantagruel, qui ha convaincu tous les resveurs et bejaunes sophistes, à ceste heure aura son vin — RAB., Pant. II, 18
Étymologie
Bec, jaune ; le bec jaune étant l'attribut du jeune oiseau de proie, encore sans éducation ni expérience.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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