clerc

nature
nom masculin
diction
[klɛʁ] · 1 syllabe
usage
6 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Personne qui est entrée dans l’état ecclésiastique en recevant la tonsure.
    • C’est ainsi qu’en 465 le concile de Vannes interdit aux clercs non seulement de prendre part aux repas de juifs, mais de les inviter à leurs propre table. Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937
  2. Savant ; personne instruite ; intellectuel.
    • Nous savons, nous, ce que vaut l’illusion de la souveraineté populaire, et ce que pèse un bulletin de vote, mais les indigènes, plus neufs, plus confiants que nous dans la parole écrite de nos livres, se consolent mal de la trahison de nos clercs. Yvonne Turin, Littérature engagée et anticolonialisme européen dans l’Algérie du Centenaire : le cas singulier d’Albert Truphémus, dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome XXIII, 1976, p.618
2 emplois spécialisés
  1. Droit Personne qui travaille dans l’étude d’un notaire, d’un avoué, ou d’un huissier. → voir clerc de notaire
    • Accompagné de sa femme, près de laquelle allait, comme un page, le premier clerc de l’Étude, un petit bossu nommé Jean Butscha. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  2. Fantastique Classe de lanceur de sorts qui reçoit ses pouvoirs, notamment sa magie de soin, de sa divinité.
    • Quand un clerc choisit une vie d'aventurier, c'est généralement parce que son dieu l'exige. Pour atteindre les objectifs d'une divinité, il faut souvent aller affronter le danger hors des remparts de la civilisation, éradiquer le mal ou chercher des reliques sacrées dans d'antiques tombes. Jeremy Crawford et al., Dungeons & Dragons, manuel des joueurs, 5ème édition, Black Books éditions, 2017, p 56.

Citation

Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, est déclamateur
Jean de La Bruyère, XV

Origine du mot

Du moyen français clerc, de l’ancien français clerc, du latin clericus, du grec ancien κληρικός, klêrikós (« (homme) d’église »).

Dans le dictionnaire latin : clericus

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1873 — le Littré

CLERC s. m. (klèr ; le c ne se prononce jamais, excepté dans la locution clerc à maître, dites : clèr-k à maître ; au pluriel l's ne se lie pas : des clercs en vacances, dites : des clèr en vacances ; cependant d'autres disent : des clèr-z en....)

1 Par opposition à laïque, toute personne qui étudie pour entrer dans l'état ecclésiastique.

  • Il naît un autre clerc pour remplir la place — LA BRUY., XIV
  • Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, est déclamateur — ID., XV
2 autres citations
  • On sauve l'innocence des clercs de la contagion du monde — MASS., Or. fun. Villeroy.
  • Il n'était pas permis [sous Charlemagne] de se dire clerc sans l'être — VOLT., Mœurs, 20

Dans les anciens parlements, conseiller-clerc, conseiller qui était pourvu d'une charge affectée aux ecclésiastiques.

Clerc de la chapelle, ecclésiastique qui était un des officiers de la chapelle du roi.

À Rome, clerc de la chambre, prélat officier de la chambre apostolique.

Fig. Parler latin devant les clercs, parler de choses devant des personnes qui les connaissent mieux que vous ne les connaissez.

Adjectivement.

  • C'est qu'on avait toujours devant les yeux les tribunaux clercs — MONTESQ., Espr. XXVIII, 40

2 Autrefois, par extension, tout homme lettré ou savant.

  • Salomon qui grand clerc était — LA FONT., Joc.
  • M. de Châlons, qui en affaires du monde n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent — SAINT-SIMON, 450, 38
2 autres citations
  • Pour être, S'il se peut faire, en mal plus grands clercs que leur maître — RÉGNIER, Sat. VI
  • N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins, Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les plus fins — ID., Sat. III

Clerc du secret, ancien nom de ceux qu'on a appelés plus tard secrétaires d'État.

Adjectivement.

  • Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal — LA FONT., Fabl. VII, 1

3 Celui qui travaille dans l'étude d'un notaire, d'un avoué, etc. Clerc d'huissier. Clerc de procureur. encore relevé aujourd’hui

  • Aborder sans argent un clerc de rapporteur — BOILEAU, Lutr. II
  • George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis — ID., Sat. I

Maître clerc, principal clerc, premier clerc, le clerc qui dirige une étude.

Petit clerc, jeune homme qui, dans une étude, fait les commissions et rend les petits services.

Vice de clerc, faute qui, se trouvant dans un acte par l'étourderie d'un clerc, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte, et peut se corriger par ce qui suit ou précède. Cette locution vieillit.

Familièrement. Pas de clerc, faute commise par ignorance ou par étourderie dans une affaire ; démarche inutile, maladroite.

  • Et il n'est pas question d'aller faire ici un pas de clerc — MOL., G. Dand. I, 4
  • Ma langue en cet endroit a fait un pas de clerc — ID., le Dép. I, 4
2 autres citations
  • Que sûtes-vous par le rapport de votre envoyé ? Peu de chose ; à la fin on imprime, tout devient public, et il se trouve qu'il n'y a point eu de conspiration ; cependant les têtes étaient coupées ; voilà un furieux pas de clerc, une bévue qui coûte cher, et que la liberté des journaux vous eût épargnée — P. L. COUR., I, 216
  • Le parlement de Toulouse, qui voit qu'il a fait un horrible pas de clerc, empêche que la vérité ne soit connue — VOLT., d'Argental, 15 mai 1762

Compter de clerc à maître, rendre seulement compte de ce qu'on a reçu et déboursé, sans autre responsabilité.

4 Dans les paroisses, clerc de l'œuvre, celui qui a soin de certaines choses concernant l'œuvre de la paroisse.

Autrefois, chez le roi ou chez les grands princes, clerc d'office, officier suivant les plats servis devant le roi et ayant soin des choses qui se faisaient dans l'office.

Autrefois, celui qui servait quelque corps de métier et qui en faisait partie. Le clerc des orfévres.

Autrefois, clerc du guet, officier du guet dans les ports de mer et sur les côtes.

5 Autrefois, clerc d'armes, jeune gentilhomme qui apprenait les exercices militaires et qui était un novice de chevalerie.

Historique

XIe s.

  • Ensemble od lui si clerc et si chanoine — Ch. de Rol. CCLXVI

XIIe s.

  • Li clers i vint sur un mulet amblant — Ronc. p. 163
  • Faites faire erramant Vos chartres et vos briés [brefs] à clerz bien escrivanz — Sax. XX
3 autres citations
  • Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon — ib. XX
  • Arcevesques, evesques, e clerc de grant clergie — Th. le mart. 113
  • As leis [lois] ecclesiaus deit laie leis servir ; Nulz ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir — ib. 75

XIIIe s.

  • Si vot li quens Gautiers que Jehans ses fius fust clers ; mais il ne le vot iestre — Chr. de Rains, 83
  • Homs qui aime ne puet bien faire, N'à nul preu de ce mont [monde] entendre ; S'il est clers, il pert son aprendre — la Rose, 3058
3 autres citations
  • Sel [si vous le] demandés as clers lisans — ib. 370
  • Cascuns des auditeurs pot avoir son clerc por escrire ce qui est dit en l'enqueste — BEAUMANOIR, XL, 26
  • Fors escoliers, autre clergié Sont tuit d'avarice vergié ; Plus est bons clers qui plus est riches — RUTEB., 227

XIVe s.

  • Au dit mestier n'aura que dix vendeurs tant seulement, lesquels vendront les dits poissons en leurs personnes, sans ce qu'il les puissent faire vendre par leurs femmes, par leurs clercs mesmes, ne par aucune autre personne que par eux — Ordonn. des rois de Fr. t. II, p. 358
  • Assez puet impetrer qui donne largement ; Car li homs est bons clers qui a assez d'argent — Guesclin. 17428

XVe s.

  • Aussi [de même] les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie — FROISS., Prol.
  • Escoutés donc ce qu'on dira ; Aprenez, soyez clergeresse — COQUILL., Droits nouv.
7 autres citations
  • Les bons livres font les bons clercs — GERSON, dans Hist. littér. de la Fr. t. XXIV, p. 283
  • Clercs et femmes sont tout ung — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 121
  • Car chevaliers ont honte d'estre clers — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 137, dans LACURNE
  • Maint sont clers où n'a que folie ; Car sans savoir sont hors du sens ; Si se puet l'en bien chevir sans Tels clers où science n'est mie — ib. f° 282
  • Il avoit plusieurs clercs [commis] et facteurs sous luy, qui se mesloient des dites marchandises — MATHIEU DE COUCY, Hist. de Charles VII, p. 691, dans LACURNE
  • Mais dit le sage que tous ceulx ne sont pas clercs qui en portent le semblant, ne chevaliers qui portent esperons — Perceforest, t. IV, f° 42
  • Et combien qu'elle ne l'eust jamais vu exercer l'office de clergie, toutefois elle jugea tantost qu'il est très grand clerc — LOUIS XI, Nouv. C

XVIe s.

  • Divisons l'Eglise en deux estats : assavoir qu'elle contienne le clergé et le peuple. J'use de ce mot de clercs, pource qu'il est commun, combien qu'il soit impropre : par lequel j'enten ceux qui ont office et ministere en l'Eglise — CALV., Instit. 965
  • .... Mais trop plus est à craindre une femme clergesse, Sçavante en l'art d'amour, quand elle est tromperesse — RONS., 125
5 autres citations
  • Il ne s'y entend comme clerc d'ar mes [il y est habile] — H. EST., Précell. p. 79
  • Jadis un antique prophete de la nation judaique mangea un livre, et fut clerc jusqu'aux dents ; presentement vous en boirez un, et serez clerc jusques au foye — RAB., Pant. V, 46
  • Gens de condition ne peuvent faire leurs enfants clercs sans l'exprès consentement de leurs seigneurs — Coustum. génér. t. I, p. 880
  • Entre les clers, aucuns sont mariez, aucuns non ; les mariez jouissent de leurs privileges si longuement qu'ils portent la tonsure et l'habit clerical et servent à une eglise, hospital ou seminaire, et à faute de ce ils les perdent — ib. t. II, p. 1057
  • Je ne parle point en clerc d'armes, je l'ay vu — CHOLIÈRES, Contes de CHOLIÈRES, f° 220, dans LACURNE
Étymologie

Bourguig. clor, clar ; provenç. clerc, clergue, clerge ; espagn. clerigo ; ital. chierico ; de clericus, de ϰληριϰὸς, de ϰλῆρος, clergé, proprement lot, bon lot, terme appliqué dans les premiers temps aux chrétiens par opposition aux païens, et finalement à ceux qui avaient charge de prêtrise. Régnier s'est encore servi de clergesse dans le sens de femme habile : Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li clers, et régime le clerc ; au pluriel, nominatif li cler, régime les clers.

  • Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, — RÉGNIER, Sat. XIII
Supplément au dictionnaire

CLERC. Ajoutez :

6 Clerc d'à bas, dans l'Anjou, nom du contre-maître, dans les travaux de mine.

  • On écrit d'Angers : avant-hier matin, à sept heures et demie, le contre-maître ou clerc d'à bas de la Grande-Maison de Trélazé, après s'être fait descendre dans le puits, vint prévenir M. M.... directeur de cette exploitation, que des craquements s'étaient fait entendre dans la voûte, et que des fissures avaient été aperçues — Journ. offic. 13 avr. 1876, p. 2676, 2e col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « clerc » du Wiktionnaire.

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