bayer

nature
ver
diction
[baje] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 2

  1. archaïque Béer.
    • La vieille allongeait le cou, bayait, remuait le menton, faisait des yeux avides devant la cuiller. Léon Frapié, Le dernier élève, dans Les contes de la maternelle, 1910, éditions Self, 1945, page 171
  2. vieilli Désirer quelque chose avec ardeur ; en ce sens se joint toujours avec la préposition après.
    • Bayer après les richesses, après les honneurs. Louis-Nicolas et Henri Bescherelle, Dictionnaire usuel de tous les verbes français, Volume 1 (A–E), 1843

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. je baie
  2. je baye
  3. tu baies
  4. tu bayes
  5. il baie
  6. il baye
  7. nous bayons
  8. vous bayez
  9. ils baient
  10. ils bayent

Imparfait

  1. je bayais
  2. tu bayais
  3. il bayait
  4. nous bayions
  5. vous bayiez
  6. ils bayaient

Passé simple

  1. je bayai
  2. tu bayas
  3. il baya
  4. nous bayâmes
  5. vous bayâtes
  6. ils bayèrent

Futur simple

  1. je baierai
  2. je bayerai
  3. tu baieras
  4. tu bayeras
  5. il baiera
  6. il bayera
  7. nous baierons
  8. nous bayerons
  9. vous baierez
  10. vous bayerez
  11. ils baieront
  12. ils bayeront

Passé composé

  1. j'ai bayé
  2. tu as bayé
  3. il a bayé
  4. nous avons bayé
  5. vous avez bayé
  6. ils ont bayé

Plus-que-parfait

  1. j'avais bayé
  2. tu avais bayé
  3. il avait bayé
  4. nous avions bayé
  5. vous aviez bayé
  6. ils avaient bayé

Passé antérieur

  1. j'eus bayé
  2. tu eus bayé
  3. il eut bayé
  4. nous eûmes bayé
  5. vous eûtes bayé
  6. ils eurent bayé

Futur antérieur

  1. j'aurai bayé
  2. tu auras bayé
  3. il aura bayé
  4. nous aurons bayé
  5. vous aurez bayé
  6. ils auront bayé

Subjonctif

Présent

  1. je baie
  2. tu baies
  3. tu bayes
  4. il baie
  5. il baye
  6. nous bayions
  7. vous bayiez
  8. ils baient
  9. ils bayent

Imparfait

  1. je bayasse
  2. tu bayasses
  3. il bayât
  4. nous bayassions
  5. vous bayassiez
  6. ils bayassent

Passé

  1. j'aie bayé
  2. tu aies bayé
  3. il ait bayé
  4. nous ayons bayé
  5. vous ayez bayé
  6. ils aient bayé

Plus-que-parfait

  1. j'eusse bayé
  2. tu eusses bayé
  3. il eût bayé
  4. nous eussions bayé
  5. vous eussiez bayé
  6. ils eussent bayé

Conditionnel

Présent

  1. je baierais
  2. tu baierais
  3. tu bayerais
  4. il baierait
  5. il bayerait
  6. nous baierions
  7. nous bayerions
  8. vous baieriez
  9. vous bayeriez
  10. ils baieraient
  11. ils bayeraient

Passé

  1. j'aurais bayé
  2. tu aurais bayé
  3. il aurait bayé
  4. nous aurions bayé
  5. vous auriez bayé
  6. ils auraient bayé

Impératif

Présent

  1. baie
  2. baye
  3. bayons
  4. bayez

Passé

  1. aie bayé
  2. ayons bayé
  3. ayez bayé

Formes impersonnelles

Infinitif présent
bayer
Participe présent
bayant
Participe passé
bayé

Citation

Il trouva sous sa main le comte de la Tour parmi une foule d'officiers qui étaient venus bayer là et faire leur cour à M. de Vaudemont
Saint-Simon, 346, 49

Origine du mot

Picard, beer et beyer ; Berry, baier et é-bader, ouvrir, élargir ; wallon, bawi ; namurois, bauï, bâiller et bayer ; rouchi, baier, être étonné ; provenç. badar ; ital. badare. Étymologie incertaine. Le bas-breton bada, être dans l'étonnement, est sans doute emprunté au roman. L'ancien irlandais báith, sot, imbécile, et l'ancien haut allemand beitôn, muser, tarder, n'ont pas le sens primitif de bayer, qui est être béant. Diez propose comme conjecture une onomatopée, ba, exprimant l'ouverture de la bouche, avec un suffixe itare : ba-itare. — Littré, 1873

1873 — le Littré

BAYER v. n. (ba-ié. Il faut se garder de le confondre avec bâiller, dont il se distingue par l'a bref et par l'absence des ll mouillées ; plusieurs prononcent béié, ce qui vaudrait mieux)

, je baye, tu bayes, il baye ou il baie, nous bayons, vous bayez, ils bayent ou ils baient ; je bayais, nous bayions, vous bayiez, ils bayaient ; je bayai ; je bayerai, baierai ou baîrai ; je bayerais, baierais ou baîrais ; baye, bayez ; que je baye, que nous bayions, que vous bayiez, qu'ils bayent ; que je bayasse ; bayant ; bayé

1 Tenir la bouche ouverte en regardant quelque chose.

  • Je voulus aller dans la rue pour bayer comme les autres — SÉV., 20
  • Il trouva sous sa main le comte de la Tour parmi une foule d'officiers qui étaient venus bayer là et faire leur cour à M. de Vaudemont — SAINT-SIMON, 346, 49

Fig. et familièrement. Bayer aux corneilles, regarder en l'air niaisement.

  • Allons, vous, vous rêvez, et bayez aux corneilles — MOL., Tart. I, 1

2Fig. Désirer quelque chose avec une grande avidité. Ce verbe vieillit en ce sens. encore relevé aujourd’hui

  • Vanité.... Qui baye après un bien qui sottement lui plaît — RÉGNIER, Sat. V

Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

Remarque

Il serait à désirer que la prononciation de ce verbe fût bé-ier et non ba-ier, tant à cause de l'analogie avec payer et de l'ancienne orthographe et prononciation beer, que pour le distinguer de bâiller. Ces deux verbes en effet ont été souvent confondus, et le sont encore. La Fontaine a dit : ; et : Les éditions données par la Fontaine lui même ont baailler (c'est-à-dire bâiller) ; mais c'est une faute de sa part (faute qui prouve qu'il prononçait ba-ier et non bé-ier), et que des éditeurs subséquents ont corrigée avec raison. On lit de même dans St-Simon : Les tables sans nombre et à tous les moments servies ; jusqu'aux bâilleurs les plus inconnus, tout était invité, retenu, 60, 2. Lisez bayeurs, et voy. ce mot.

  • C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères — LA FONT., Fabl. II, 13
  • Le nouveau roi bâille après la finance ; Lui-même y court pour n'être pas trompé — ID., ib. VI, 6
Historique

XIIe s.

  • Mout [je] voi baïe celle gent d'orlenois — Ronc. p. 137
  • Pinabel ont saisi, qui gist goule baée — ib. p. 196
3 autres citations
  • Et du douz lieu où mes cuers tent et bée — Couci, XVII
  • N'est pas amours dont on se peut mouvoir, Ne cil amis qui en nule maniere La [l'amour] bée à decevoir — ib. XVIII
  • .... Fins cuers qui bet à haute honeur, Ne se pourroit de tel chose desfendre — ib. XXIV

XIIIe s.

  • Et que c'est pour noient que rois Flores i bée — Berte, LXVIII
  • [Une ourse] qui vers lui s'en venoit courant gueule baée — ib. XLVI
9 autres citations
  • Pour qui ferai mais ne chançon ne chant, Quant je ne bé à nule amour ateindre ? — ANONYME, dans Couci.
  • Qui honeur cace [chasse, poursuit], honeur ataint ; Et ki à peu bée à peu vient — Bl. et Jehan, 2
  • Endementieres que Brun [l'ours] bée, Renart a les coins empoingniez Et à grant peine descoigniez — Ren. 10304
  • Mais qu'il ne puissent aparçoivre Que vous les beés à deçoivre — la Rose, 7456
  • Vers le bouton tant me treoit Mes cuers, que aillors ne beoit — ib. 1736
  • Et quant il sera resaizis, li sires pot propozer contre li ce qu'il bée à demander, en la presence de ses pers — BEAUMANOIR, 47
  • Je ne me bée pas à combatre pour vostre querele — ID., VI, 16
  • Or [elle] a quanques demandé a, Or a ce à qu'ele bea, Or a ele sa volonté — RUTEB., II, 185
  • Sire de Joinville, foi que doi vous, je ne bée mie si tost à partir de ci — JOINV., 304

XVe s.

  • Et si tost après diner ils revenoient devant son hostel, et beoient en la rue, jusques à donc qu'il vouloit aller aval la rue — FROISS., I, I, 65
  • Et quant je voy que creature humaine à repentir n'à bien faire ne bée — E. DESCH., Souffr. du peuple.
3 autres citations
  • Et quant ce fut fait, il dit que les Turcs avoyent euxmesmes fait une partie de ce qu'il beoit à faire — Bouciq. I, ch. 32
  • Nous avons beau coucher en raye, L'oreille au vent, la gueule baye — VILLON, Malle paye et Baillevent.
  • Elle s'avança de venir beyer et regarder par les crevances des fenestres — LOUIS XI, Nouv. C

XVIe s.

  • Ores des dieux les autelz elle adore, Et de presents chacun jour les honore ; Ores beant aux poitrines sanglantes, Regarde au fond des entrailles saillantes — DU BELLAY, IX, 8, recto.
  • Tu ne verras beer les portes grandes De la maison espouvantable à veoir, Si paravant tu n'as fait ton devoir — ID., IX, 41, verso.
8 autres citations
  • Car c'est de là que vient la fine marchandise, Qu'en beant on admire, et que si hault on prise — ID., 83, verso.
  • Aller beant aprez les choses futures — MONT., I, 11
  • Qui ne bée point aprez la faveur des princes — ID., IV, 165
  • Nous ne voulons pour conseillers et medecins ceux de Lorraine, qui de long-temps béent après notre mort — Sat. Mén. p. 177
  • Il acculoyt ses souliers, baisloyt souvent aux mousches — RAB., Gar. I, 11
  • Les gentilz hommes de Beauce desjeunent de baisler, et s'en treuvent fort bien — ID., ib. I, 16
  • On trouvoit les bestes par les champs, mortes la gueule baye — ID., Pant. II, 2
  • Ressemblans aux petits oysellets qui ne peuvent encore voler, et qui baillent toujours attendans la becquée d'autruy et voulans que l'on leur baille ja tout masché et tout prest — AMYOT, Comment il faut ouir, 28
Étymologie

Picard, beer et beyer ; Berry, baier et é-bader, ouvrir, élargir ; wallon, bawi ; namurois, bauï, bâiller et bayer ; rouchi, baier, être étonné ; provenç. badar ; ital. badare. Étymologie incertaine. Le bas-breton bada, être dans l'étonnement, est sans doute emprunté au roman. L'ancien irlandais báith, sot, imbécile, et l'ancien haut allemand beitôn, muser, tarder, n'ont pas le sens primitif de bayer, qui est être béant. Diez propose comme conjecture une onomatopée, ba, exprimant l'ouverture de la bouche, avec un suffixe itare : ba-itare.

Supplément au dictionnaire

BAYER. - ÉTYM. Ajoutez : Saintong. bader, ouvrir la bouche.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « bayer » du Wiktionnaire.

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