bâiller
- nature
- ver
- diction
- [baje] · 2 syllabes
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 3
-
Béer, être ouvert, entrouvert.
- Elle revint habillée d’un tailleur noir, hyper-sexy, la veste bâillant sur une poitrine à damner un intégriste. Jacob Cohen, L’espionne et le journaliste, 2008, page 18
2 emplois spécialisés
-
Physiologie
Réaliser un mouvement réflexe d’inspiration suivi d’une expiration en ouvrant grand la bouche, par fatigue ou par ennui.
- Boyer apprit au parterre à bâiller. Jean Racine, Épigrammes, V
- Exploitation minière Se soulever en parlant d'un lit.
Citation
Fi des salons où l'ennui qui se berce Bâille entouré d'un luxe éblouissant
Origine du mot
Provenç. badaillar ; catal. badallar ; ital. sbadigliare. Ces formes expliquent pourquoi l'ancien français a baailler en trois syllabes, et l'accent circonflexe du français moderne bâiller. Badaillar, baailler sont une forme allongée de badare, bayer (voy. ce mot). — Littré, 1873
1873 — le Littré
BÂILLER v. n. (bâ-llé, ll mouillées, et non bâ-yé ; il faut avoir bien soin de donner à l'a le son marqué par l'accent circonflexe)
1 Faire un bâillement. Nous bâillons en voyant bâiller les autres.
- Quelque léger dégoût vient-il le travailler, Une faible vapeur le fait-elle bâiller.... — BOILEAU, Sat. X
2 S'ennuyer. On bâillait à cette comédie.
- Quand vous bâillez à quelque trait D'un certain livre fort abstrait, Votre mie aussitôt vous gronde — ST-LAMBERT, à Mlle....
- Fi des salons où l'ennui qui se berce Bâille entouré d'un luxe éblouissant — BÉRANG., Fille du peuple
3 S'entr'ouvrir, être mal joint. encore relevé aujourd’hui
- Une [huître] s'était ouverte, et, bâillant au soleil, Par un doux zéphyr réjouie.... — LA FONT., Fab. IX, 8
Cette étoffe, cette dentelle bâille, elle n'est pas assez tendue.
Remarque
Bâiller a été dit pour soupirer après, désirer ardemment ; mais c'est une faute et une confusion avec bayer (voy. ce mot).
Historique
XIIe s.
- Puis s'en levad, et par cele chambre sus et jus alad, et sur l'enfant tant se culchat, que les oilz uverid et seit feiz baeilad — Rois, 359
XIIIe s.
- Mais Renart, qui de fain baaille, N'a cure de fere bataille — Ren. 2147
- Acroupiz s'est sor une couche ; De baaillier li delt [fait mal] la bouche — ib. 956
1 autre citation
- Nuns ne me tent, nuns ne me baille ; Je touz de froid, de fain baaille ; Dont je suis morz et maubailliz — RUTEB., III
Étymologie
Provenç. badaillar ; catal. badallar ; ital. sbadigliare. Ces formes expliquent pourquoi l'ancien français a baailler en trois syllabes, et l'accent circonflexe du français moderne bâiller. Badaillar, baailler sont une forme allongée de badare, bayer (voy. ce mot).
Supplément au dictionnaire
BÂILLER. Ajoutez :
Activement. Bâiller sa vie, la passer en bâillant.
- Appauvri d'âme et de sang, le fils [de Henri IV] traîna, bâilla sa vie ; et le plus grand service qu'il ait rendu à la France est d'avoir maintenu Richelieu au pouvoir — HENRI BLAZE DE BURY, Rev. des Deux-Mondes, 15 août 1876, p. 947
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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