branler
- nature
- ver
- diction
- [bʁɑ̃le] · 2 syllabes
- usage
- 8 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 8
-
Mettre en branle ; mettre en mouvement ; agiter.
- Mais, à la place d’un vaillant général, on ne vit qu’un vieillard à la voix enrouée branlant gâteusement la tête. Violaine Vanoyeke, Les Louves du Capitole
-
Bouger, se dandiner.
- Ces enfants n’osent branler devant leur père, ils sont dans une crainte, dans une contrainte continuelle devant lui.
-
vulgaire Travailler.
- Si tu crois que tu vas gagner en endurance à rien branler chez toi, à boire des binches et fumer des pétards devant la console avec tes potes, va falloir y réfléchir à 2 fois ! Geogeo2, dans le forum « Gagner en endurance en restant chez soi », le 25 août 2009, sur le site Skipass (www.skipass.com)
-
vulgaire Masturber, caresser le sexe d’une personne (en général un homme) pour lui procurer du plaisir.
- les mots d’homme qu’on n’aimait pas jouir, branler. Annie Ernaux, Les années, Gallimard, 2008, collection Folio, page 18
-
Être en branle, en équilibre instable.
- « Je vous aurais bien accompagné, fit Blazius ; mais le chef me branle pour mon vieil âge, et je ne suis plus bon que le verre au poing, en des conflits de bouteilles et batailles de pots. » Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, 1863
-
vulgaire Se masturber, faire des mouvements de va-et-vient avec sa main sur son pénis ou son clitoris.
- Pardon, fit-elle drôlement. Ne sais-tu pas que toutes les pucelles se branlent ? Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV
-
argot Prendre du plaisir à travailler ou réfléchir sur un sujet supposé sans réel intérêt.
- Il s’est branlé sur l’étude de la culture des navets au Paraguay.
-
vulgaire Ne pas s’intéresser à quelque chose.
- Je m’en branle de tes problèmes.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je branle
- tu branles
- il branle
- nous branlons
- vous branlez
- ils branlent
Imparfait
- je branlais
- tu branlais
- il branlait
- nous branlions
- vous branliez
- ils branlaient
Passé simple
- je branlai
- tu branlas
- il branla
- nous branlâmes
- vous branlâtes
- ils branlèrent
Futur simple
- je branlerai
- tu branleras
- il branlera
- nous branlerons
- vous branlerez
- ils branleront
Passé composé
- j'ai branlé
- tu as branlé
- il a branlé
- nous avons branlé
- vous avez branlé
- ils ont branlé
Plus-que-parfait
- j'avais branlé
- tu avais branlé
- il avait branlé
- nous avions branlé
- vous aviez branlé
- ils avaient branlé
Passé antérieur
- j'eus branlé
- tu eus branlé
- il eut branlé
- nous eûmes branlé
- vous eûtes branlé
- ils eurent branlé
Futur antérieur
- j'aurai branlé
- tu auras branlé
- il aura branlé
- nous aurons branlé
- vous aurez branlé
- ils auront branlé
Subjonctif
Présent
- je branle
- tu branles
- il branle
- nous branlions
- vous branliez
- ils branlent
Imparfait
- je branlasse
- tu branlasses
- il branlât
- nous branlassions
- vous branlassiez
- ils branlassent
Passé
- j'aie branlé
- tu aies branlé
- il ait branlé
- nous ayons branlé
- vous ayez branlé
- ils aient branlé
Plus-que-parfait
- j'eusse branlé
- tu eusses branlé
- il eût branlé
- nous eussions branlé
- vous eussiez branlé
- ils eussent branlé
Conditionnel
Présent
- je branlerais
- tu branlerais
- il branlerait
- nous branlerions
- vous branleriez
- ils branleraient
Passé
- j'aurais branlé
- tu aurais branlé
- il aurait branlé
- nous aurions branlé
- vous auriez branlé
- ils auraient branlé
Impératif
Présent
- branle
- branlons
- branlez
Passé
- aie branlé
- ayons branlé
- ayez branlé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- branler
- Participe présent
- branlant
- Participe passé
- branlé
Citation
Oh ! tu seras ainsi tenu pour un poltron. - Soit, pourvu que toujours je branle le menton
Origine du mot
De l’ancien français brandeler (« agiter, secouer »), issu (toujours en ancien français) de brant (« fer de l’épée, grosse épée »), lui-même issu du germanique brand (« tison »), → voir brandir et brandon.
1873 — le Littré
BRANLER v. a. (bran-lé)
1 Mouvoir d'avant en arrière, faire aller deçà et delà. encore relevé aujourd’hui
- Branlant le dard dont il le voulait percer — FÉN., Tél. XVI
- Cette tête que je branle n'est point assoupie — DESC., Méd. I
Fig. Tant que je branle le menton, tant que je mange, c'est-à-dire tant que je vis.
- Oh ! tu seras ainsi tenu pour un poltron. - Soit, pourvu que toujours je branle le menton — MOL., Dép. amour. V, 1
Branler la tête, hésiter, ne pas accéder.
- Je branlais la tête à chaque somme — HAMILT., Gramm. 3
2 V. n. S'incliner de côté et d'autre.
- .... Nos destinées, Des Alpes et des Pyrénées Les sommets auront fait branler — MALH., VI, 8
- Il y avait une fois une reine si vieille, si vieille que sa tête branlait comme les feuilles que le vent remue — FÉN., XIX, 3
3 autres citations
- Ma dent branle — SÉV., 378
- Dents.... Qui, durant qu'il fait vent, branlent sans qu'on les touche — RÉGNIER, Sat. X
- Faites que tout le ciel branle à votre cadence — ID., Sat. IX
Fig.
- Rien n'est juste de soi ; tout branle avec le temps — PASC., Vrai bien, 4
- Quelque terme où nous puissions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte — ID., dans COUSIN
1 autre citation
- Les hommes qui ne branlent presque que par des secousses — ID., Imag. 1
Branler dans le manche, ou au manche, se dit d'un instrument qui n'est pas solidement emmanché ; et figurément, être menacé dans sa position, dans sa fortune, etc.
3 Se remuer, se mouvoir. Ne branlez pas de là. encore relevé aujourd’hui
- On leur a dit qu'il ne faut pas branler, ni aller et venir — SÉV., 551
- Je pense qu'elle s'attendait que je dusse lui céder ma place ; je lui devais une incivilité de l'autre jour, je la lui payai comptant, et ne branlai pas — ID., 27
1 autre citation
- La Bretesche avait défenses expresses de branler, quelque combat qu'il entendît — SAINT-SIMON, 47, 50
Fig. Ces écoliers n'osent branler devant le maître.
- Il y allait de la vie à branler tant soit peu sous le commandement du général — BOSSUET, Hist. III, 6
4 Menacer de se révolter.
- On viendra dire qu'une province s'est révoltée et qu'une autre branle — BALZAC, Avis écrit.
- Toutes les provinces qui branlent déjà, ne se déclareront-elles pas ? — RETZ, II, 300
Historique
XIe s.
- Quant l'oït Guenes, l'espée [il] en a branlie — Ch. de Rol. XXXVI
- De son espieu la hanste [il] en a branlée — ib. CCXL
XIIe s.
- Lors [il] commença son tinel [massue] à branler — Bat. d'Aleschans, 5119
- Tant espié fort branler et paumoier — Ronc. p. 58
XIIIe s.
- Roonel mot ne respondi ; Qar il ne pot, que trop l'estraint Li laz, et dant Renart l'empaint Par les piez et le fet branler — Ren. 24757
- Tant par est la bataille fors, Lombart commencent à branler ; Car il ne porent mais souffrir — GUILL. DE PALERME
1 autre citation
- Tuit li crestien en branlerent, — Hist occid. des croisades, t. II, p. 312
XIVe s.
- Quant le Breton les vit, le cheval va brochant, L'escu mist en chantel, la lance va branlant — Guesclin. 15828
XVe s.
- Et se tenoient cils à cheval pour reconforter les batailles qui branleroient — FROISS., I, I, 92
- Marne l'ensaint ; les haulz bois profitables Du noble parc puet l'en veoir branler — E. DESCH., Le bois de Vincennes.
1 autre citation
- Et branloient toutes nos enseignes comme gens quasi desconfitz — COMM., II, 2
XVIe s.
- Louis Sforce, sous qui avoit si longtemps branslé toute l'Italie, on l'a veu mourir prisonnier à Loches ! — MONT., I, 66
- Nostre ame ne branle qu'à credit, serve et captive soubs l'auctorité d'aultruy — ID., I, 161
11 autres citations
- La profession des pyrrhoniens est de bransler, doubter et enquerir — ID., II, 230
- Le soleil bransle, sans sejour, sa course ordinaire — ID., II, 261
- Le ciel et les estoiles ont branslé 3000 ans ; tout le monde l'avoit ainsi creu — ID., II, 329
- Tout ce qui branle ne tumbe pas — ID., IV, 86
- Je ne veulx pas que vous le poussiez, ny le bransliez ; mais seulement ne le soubstenez plus — ID., IV, 353
- Ayant quelque temps branlé [dansé] à la lourdesque — YVER, p. 573
- L'armée n'estoit point encore tournée en fuitte à val de roupte, mais bransloit desjà et estoit en grand desarroy — AMYOT, Pélop. 60
- Les eschelles branloient et plioient sous le faix — ID., Aratus, 9
- Le peuple, voyant Le gouverneur armé à l'Etape et au Martroy, branloit pour la pluspart à se jetter de son costé : mais.... — D'AUB., Hist I, 134
- Il jugeoit à leur mouvement, s'ils branloient ou marchoient resolus — ID., III, 285
- Les dents branlent par la relaxation des gencives — PARÉ, XV, 27
Étymologie
Bourguig. brannai ; forme dérivée de brandir (comme brandiller), par l'intermédiaire d'un brandeler, contracté en branler. On trouve en effet brandeler : ; et même brander :
- Targes, banieres, penonceaux, Selonc ce que les nés [vaisseaux] brandelent, En mil parties i fretelent — G. GUIART, t. II, p. 359
- Tute la terre brande, pensez del espleitier — J. FANTOSME, Chron. 958
Supplément au dictionnaire
BRANLER. - HIST.
XVIe s. Ajoutez :
- Tous chalans sont tenus de bransler [suspendre la marche], arriver, venir à la chambre de ladite recepte — MANTELLIER, Glossaire, Paris, 1869, p. 14
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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