consolation

nature
nom féminin
diction
[kɔ̃solasjɔ̃] · 4 syllabes
usage
13 par million de mots
parenté
consoler

Sens et définitions

Nom 5

  1. Soulagement donné à l’affliction, à la douleur, au déplaisir de quelqu’un.
    • Ne m'ont même pas laissé ça de consolation. Rien ! Sauf de pinter, bien sûr. Et même ça, ils ont d'abord essayé de me l'enlever. Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947
  2. Véritable sujet de satisfaction et de joie.
    • Je me suis juré à moi-même, à ma sœur et à ma mère, d’être la consolation, le bonheur et la gloire de mon père, […]. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  3. Discours ou raisons que l’on emploie pour consoler quelqu’un.
    • Personne n’arrivait à placer un mot ni à proférer une consolation, toute la ville avait avalé sa langue dépassée par le triste sort du jeune homme. Lidya Kastoryano, Quand l'innocence avait un sens: Chronique d'une famille juive d'Istanbul d'entre les deux-guerres, Éditions Isis (Collection Les cahiers du Bosphore, nᵒ 9), 1993, page 143
  4. La chose ou de la personne même qui console.
    • Il cachait sa harpe, sa seule consolation, dans un arbre creux. Mais, quand le jour était beau, il s’empressait de la prendre et harpait pour son plaisir. Jean Frappier, Histoires, mythes et symboles, Droz, 1976, page 209
  5. vieilli Eau-de-vie.
    • Nous eûmes une bonne rincette et une petite consolation. Pour finir, je me chargeai spécialement du brûlot. Jules Vallès, L’Enfant, G. Charpentier, 1889

Citation

À un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée
Vincent Voiture, Lett. 32

Origine du mot

Du latin consolatio (« action de consoler »).

Dans le dictionnaire latin : consolatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CONSOLATION s. f. (kon-so-la-sion ; en poésie, de cinq syllabes)

1 Allégement de ce qui peine. Être privé de consolation. Écrire une lettre de consolation. J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. encore relevé aujourd’hui

  • À un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée — VOIT., Lett. 32
  • Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation — ID., ib. 20
7 autres citations
  • Vous aurez la consolation qu'elle sera morte dans les formes — MOL., Am. méd. II, 5
  • Tu peux me donner une dernière consolation — FÉN., Tél. X
  • Il n'aura pas même la consolation de cacher sa honte — ID., ib. XVIII
  • La sûreté de notre zèle, la consolation de nos dégoûts — MASS., Myst. Purif. 1
  • Votre douleur même porte avec elle la plus flatteuse des consolations, le secret témoignage de ne souffrir que parce que vous avez une belle âme — VOLT., Lett. d'Argental, 23 déc. 1774
  • L'amitié est la consolation de ceux qui se trouvent accablés par les sots et par les méchants — VOLT., Lett. Helvétius, 11 mai 1761
  • Ce n'est pas une médiocre consolation pour moi de voir mon opinion sur cet ouvrage si bien confirmée — VOLT., Lett. Chatellux, 10 mars 1775

2 Sujet de satisfaction ou d'allégement de peine. C'est une grande consolation pour un père de voir ses enfants se porter au bien. encore relevé aujourd’hui

  • Ses maladies lui ôtèrent la consolation qu'elle avait tant désirée, d'accomplir ses premiers desseins et de pouvoir achever ses jours sous la discipline de Sainte-Fare — BOSSUET, Anne de Gonz.
  • Quand on rampe dans un petit coin de notre Occident et quand on n'a que deux jours à vivre, c'est une consolation de laisser promener ses idées dans l'antiquité et à six mille lieues de son trou — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 13 août 1773

3 Raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un. Adresser, recevoir des consolations. encore relevé aujourd’hui

  • Ma consolation vous serait superflue — CORN., Hor. V, 2
  • Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions — J. J. ROUSS., Hél. II, 2

Titre de quelques ouvrages de philosophie morale. Les Consolations de Boèce.

4 La personne ou la chose même qui peut consoler. encore relevé aujourd’hui

  • Les malheureux dont elle fait la consolation — SÉV., 394
  • Vous serez ma consolation dans cette solitude — FÉN., Tél. I
1 autre citation
  • Vous ne devez vous permettre ni repos ni consolation tant que vous les verrez [vos ouailles] dans ces dispositions criminelles — MASS., Confér. zèle pour le salut des âmes

5Terme de jeu de cartes. Fiche de consolation, celle que l'on donne en surcroît de bénéfice.

Fig. Fiche de consolation, dédommagement, adoucissement. On l'a envoyé en province, mais, pour fiche de consolation, on a augmenté son traitement.

Populairement. Débits de consolation, nom qu'on donne, par dérision, aux cabarets où l'on débite de l'eau-de-vie aux gens du peuple.

Synonyme

AVOIR DE LA CONSOLATION à FAIRE QUELQUE CHOSE ; AVOIR LA CONSOLATION DE FAIRE QUELQUE CHOSE. La première phrase se dit d'une consolation que l'on se fait à soi-même, d'une chose à laquelle on attache de la consolation : J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. La seconde se dit d'une chose qui est vraiment une consolation par sa nature : Il vous en coûtera, sans doute ; mais il y va de ma vie, et vous aurez la consolation de m'avoir sauvé, MARMONTEL.

Historique

XIIe s.

  • Les tues consolatiuns esledecerent [réjouirent] la meie aneme [âme] — Liber psalm. p. 138

XIVe s.

  • Or ont li cristien, à leur maleïchon, Dedens Jherusalem, en consolation, Couronné comme roy Godefroy de Buillon — Baud. de Seb. IV, 468

XVe s.

  • Si se continua toute celle semaine en grand consolation [réjouissance], et se continuerent les festes — FROISS., liv. II, p. 275, dans LACURNE

XVIe s.

  • Ces promesses pleines de singuliere consolation — CALV., Instit. 928
  • Une consolation commune me desconsole et m'attendrit — MONT., III, 301
Étymologie

Provenç. consolation ; espagn. consolacion ; ital. consolazione ; du latin consolationem, de consolari, consoler. Consolation, signifiant en termes de jeu les fiches de surcroît que l'on donne à celui qui gagne, vient du sens qu'a eu jadis consolation, celui de réjouissance.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « consolation » du Wiktionnaire.

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