cordeau

nature
nom masculin
diction
[kɔʁdo] · 2 syllabes
attesté
1549
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Petite corde tendue par ses extrémités afin de matérialiser une ligne droite.
    • Rendez-moi donc mon piquet et mon cordeau à repiquages ! J’en ai besoin pour aligner les laitues. Colette, Sido, 1930, Fayard, page 25
  2. Petite corde dont se servent les maçons, les jardiniers, les charpentiers pour tracer des lignes droites, pour aligner.
    • Du sommet, se profile à vos pieds le panorama entier de Santiago, avec ses rues tracées au cordeau, comme celles de toutes les villes d'Amérique, sauf Valparaiso, où c'était impossible Camille de Cordemoy, Au Chili, 1896
  3. figuré , expression désignant une chose impeccable.
    • Saint-Dizier tient ses promesses, avec une organisation au cordeau, des bolides qui en jettent, et des animations en continu. Stéphanie Maurice, La passion du tuning, Seuil, 2015, collection Raconter la vie, page 18
  4. Rêne pour diriger un cheval.
    • – Tiens, tout à l’heure, en r’venant au pays, j’te laisserai conduire… Faudra faire attention ! Avoir ton cordeau bien en main ! La route est mauvaise. Va pas renverser la charrette dans une ornière, surtout… Yves Gibeau, Allons z’enfants, 1952
3 emplois spécialisés
  1. Pêche Ligne de fond pour la pêche fluviale, par exemple pour la pêche aux anguilles.
    • Puis Jean-Baptiste s’avisa qu’il devrait bien profiter de leur barque pour relever un cordeau, tendu depuis le matin dans la morte. Émile Moselly, Terres lorraines, 1907
  2. Industrie minière Mèche utilisée avec des explosifs ou comme explosif.
  3. Construction Longue cordelette que l'on tend pour matérialiser les alignements des maçonneries en construction, des lignes de pente en couverture.

Citation

Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous
Pierre-Jean de Béranger, Fous.

Origine du mot

Diminutif de corde ; wallon, coirdai ; namur. coirdia ; provenç. et espagn. cordel. — Littré, 1873

1873 — le Littré

CORDEAU s. m. (kor-dô)

1 Petite corde pour mesurer et aligner. Des rues tirées au cordeau. encore relevé aujourd’hui

  • Tout est tiré au cordeau dans Saturne et dans Jupiter — VOLT., Microm. 4
  • Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous — BÉRANG., Fous.
1 autre citation
  • Vous ne voyez rien d'aligné, rien de nivelé, jamais le cordeau n'entra dans ce lieu ; la nature ne plante rien au cordeau — J. J. ROUSS., Hél. IV, 11

Fig.

  • Ce petit bel esprit, orateur du barreau, Alignant froidement ses phrases au cordeau — VOLT., la Vanité.

2 Corde menue dont on se sert pour conduire un bateau. Tirer au cordeau.

Dans les courses de chevaux, tenir le cordeau se dit dans le même sens que tenir la corde, pour signifier être, parmi les coureurs, le plus près de la corde intérieure du champ de course. Les coureurs tirent au sort à qui aura le cordeau.

3 Corde dont on se servait pour étrangler. On dit aujourd'hui de préférence cordon.

  • Et le plus saint d'entre eux, sauf le droit du cordeau, Vivait au cabaret pour mourir au bordeau — RÉGNIER, Sat. X
  • Elle n'est plus vivante ! - Quoi ! si tôt ? par le feu, le fer ou le cordeau ? — TRISTAN, Mort de Chrispe, V, 10
4 autres citations
  • Celui-ci se l'attache [le lacs] et se pend bien et beau ; Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût, pour lui, fait les frais du cordeau — LA FONT., Fabl. IX, 16
  • L'empire romain mis à l'encan, et celui des Ottomans exposé tous les jours au cordeau nous marquent l'aveuglement de ceux qui ne font consister l'autorité que dans la force — RETZ, II, 93
  • Louis le Hutin fit périr sa femme Marguerite de Bourgogne par le cordeau — VOLT., Mœurs, 75
  • Le prix de tant de peines [du vizir] a été souvent l'exil ou le cordeau — ID., ib. 93

4 Lisières de certaines étoffes de laine de dernière qualité. non relevé aujourd’hui

5Terme de pêche. Cordeau de nuit, la ligne de fond pour les anguilles. encore relevé aujourd’hui

Cordeaux, morceaux de ficelle, attachés de distance en distance à la ligne de fond.

Historique

XIIe s.

  • Par la ventaille [du casque] [il] fait les cordals [tresses de sa barbe] sacher — Ronc. p. 134

XIVe s.

  • Pren un cordel, et puis l'attache à la lesse — Modus, f° LXXXII, verso
  • Les cordeaux si peu amorsés es oches qu'ilz chieent [tombent] legierement, se l'esprevier se fiert dedans — ib. CXXIII

XVe s.

  • Et disoient là les aucuns que le duc de Bretagne avoit fait et brassé tout ce cordel — FROISS., III, IV, 29
  • Furent ammenez à Paris tous liez en un chariot et le cordel au col ; mais madame de Guyenne leur sauva la vie par sa priere — Hist. d'Artus III, connest. du duc de Bret. p. 771, dans LACURNE

XVIe s.

  • Un usurier à la teste pelée D'un petit blanc acheta un cordeau Pour s'estrangler — MAROT, III, 182
  • Il commencea à faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle — CARL., VI, 41
Étymologie

Diminutif de corde ; wallon, coirdai ; namur. coirdia ; provenç. et espagn. cordel.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cordeau » du Wiktionnaire.

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