rêne

nature
nom féminin
diction
[ʁɛn] · 1 syllabe
attesté
1101
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Courroie fixée au mors d’un cheval et dont le cavalier se sert pour diriger sa monture.
    • Parfois les rênes s’échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d’avancer. Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 36
  2. figuré Symbolise le pouvoir que l’on exerce sur quelque chose.
    • Par un hardi coup d’état Si Ahmed Ben Moussa s’était alors emparé du grand-vizirat et des rênes du gouvernement. Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 61

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de rêner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de rêner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de rêner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de rêner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de rêner.

Citation

Les tritons conduisaient les chevaux, et tenaient les rênes dorées
Fénelon, Tél. IV

Origine du mot

Du latin *retina issu de retinere (« retenir »), apparenté à redine en italien, rienda en espagnol, regna, retna en provençal.

Dans le dictionnaire latin : retina

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

RÊNE s. f. (rê-n')

1 Courroie de la bride d'un cheval. Une des rênes de la bride. encore relevé aujourd’hui

  • Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênes — RAC., Phèdre, V, 6
  • Les tritons conduisaient les chevaux, et tenaient les rênes dorées — FÉN., Tél. IV

Ajuster les rênes, saisir les rênes avec le pouce et l'index de la main droite, et les élever perpendiculairement jusqu'au bouton fixe qui se trouve à leur extrémité.

Partager les rênes, prendre une rêne dans chaque main et conduire ainsi son cheval.

Fausse rêne, longe de cuir dont on se sert quelquefois pour forcer un cheval à plier l'encolure.

Familièrement. Prendre la cinquième rêne, s'attacher aux crins et à la selle pour retrouver son équilibre sur le cheval.

2Fig. Gouvernement, direction. non relevé aujourd’hui

  • Lorsque Justinien tient les rênes du monde — ROTR., Bélis. I, 6
  • Elle se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du plus haut des cieux les rênes de tous les empires — BOSSUET, Reine d'Anglet.
5 autres citations
  • Un héraut chargé des volontés d'Athènes De l'État en ses mains vient remettre les rênes — RAC., Phèdre, II, 6
  • Henri III, roi de Pologne, s'échappa de Varsovie pour venir tenir d'une main faible, quoique sanguinaire, les rênes du plus malheureux État et du plus mauvais gouvernement qui fût alors au monde — VOLT., Hist. parl. XXIX.
  • Les plus vastes empires, où tout se soutient par sa propre masse, et où les rênes de l'État peuvent tomber entre les mains d'un sot, sans que les affaires cessent d'aller — J. J. ROUSS., Hél. VI, 5
  • On l'invita [Périclès] à reprendre les rênes du gouvernement, et il les reprit, mais il mourut de la peste quelques mois après — CONDIL., Hist. anc. II, 5
  • Ah ! si de telles mains, justement souveraines, Toujours de cet empire avaient tenu les rênes — A. CHÉN., Hymne à la France.

3Terme d'anatomie. Rênes ou frein de la glande pinéale, nom donné aux pédoncules supérieurs de ce corps. non relevé aujourd’hui

Synonyme

GUIDES, RÊNES. Un cheval de selle a des rênes, un cheval de voiture a des guides. Cependant rênes se dit en tout cas dans le style noble.

Historique

XIe s.

  • Son cheval [il] broche, si li lasche la resne — Ch. de Rol. XCVIII

XIIe s.

  • La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, E la reisgne del frein tint en la main senestre — Th. le mart. 38

XIIIe s.

  • Si tost com l'achoisit [l'aperçut], [il] a sa resne tirée [a arrêté son cheval] — Berte, XLVI

XVIe s.

  • S'estant parfaictement commis l'un à l'autre, ils [Lélius et Gracchus] tenoient parfaictement les renes de l'inclination l'un de l'autre — MONT., I, 214
Étymologie

Provenç. regna ; espagn. rienda ; port. redea ; ital. redina ; du lat. retinere, retenir. Les formes romanes supposent un bas-lat. rétina (accent sur re), d'où l'ital. rédina ; le provenc. regna pour retna ; le français resne, avec une s d'allongement à cause du t supprimé.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rêne » du Wiktionnaire.

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