course

nature
nom féminin
diction
[kuʁs] · 1 syllabe
usage
92 par million de mots

Sens et définitions

Nom 23

  1. Action de courir, mouvement de celui qui court.
    • Et dès que je l’avais reconnue, je prenais ma course pour aller l’embrasser. Pierre Loti, Le Roman d'un enfant, 1890
  2. Toute épreuve sportive où la vitesse est en jeu.
    • Ils se sentaient en sécurité comme les spectateurs d’une course de taureaux : ils risquaient peut-être leur argent sur le résultat, mais c’était tout. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 211 de l’édition de 1921
  3. poétique Cours, mouvement apparent des astres.
    • L’astre du jour va commencer sa course. — Le soleil est au terme de sa course. — La lune poursuivait sa course paisible
  4. vieilli Actes d’hostilité que l’on faisait en courant les mers ou en entrant dans le pays ennemi. Note d’usage : On dit maintenant incursion, reconnaissance, pointe, etc.
    • Pendant les guerres de la révolution, Chausey, trop exposé aux courses des corsaires de Jersey, resta inhabité. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842
  5. Allées et venues, sorties que l’on fait dans la journée.
    • J’y passerai dans mes courses. — On demande un employé pour faire les courses.
  6. Objet de ces allées et venues d’où achats, emplettes.
    • […], un des voisins, qui avait justement des courses à faire au marché, partit dès la première heure pour aller là-bas quérir des renseignements. Louis Pergaud, La Disparition mystérieuse, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
  7. Trajet que fait une voiture, une automobile de place en transportant une ou plusieurs personnes d’un lieu à un autre.
    • Au moment où la petite vieille règle sa course, il aperçoit Dicky sur sa Harley dans une allée ensablée. Guillermo Saccomanno, Basse saison, traduit de l'espagnol (Argentine) par Michèle Guillemont, Asphalte Éditions, 2015
  8. Actes d’hostilité que l’on faisait en courant les mers ou en entrant dans le pays ennemi. On dit maintenant incursion, reconnaissance, pointe, etc.
  9. Trajet parcouru ou à parcourir soit à pied, soit en voiture.
  10. Marche, progrès rapide d’une personne ou d’une chose.
13 emplois spécialisés
  1. Marine En parlant des corsaires, se disait des bâtiments armés en guerre par des particuliers et autorisés par un gouvernement à courir sur les navires marchands ennemis.
    • Le corsaire français le plus célèbre fut Jean Fleury (m.1527) de Normandie, qui pratiquait la course contre les Espagnols et les Portugais. Gilles Bibeau, Une histoire d'amour-haine, éditions Mémoire d'Encrier, 2023, note 102 page 197
  2. Art Distance comprise entre les deux points extrêmes du trajet parcouru par la tige d’un piston, par un tiroir de pompe, dans leur mouvement.
  3. Tauromachie Course de taureaux.
  4. Athlétisme Épreuve ayant lieu sur une piste, une route, une piste cyclable ou un chemin pour piétons, où le temps des concurrents est mesuré selon une distance déterminée.
  5. Sports de montagne L'ensemble du trajet parcouru du départ à l'arrivée. Généralement une ascension et la descente, mais le terme désigne tout ce qui s'est passé pendant ce temps.
  6. Physique Déplacement de crête à crête.
  7. Transmissions mécaniques Mouvement de va-et-vient d'un organe mécanique.
  8. Manœuvre des navires Opération menée autrefois par des navires corsaires, auxiliaires de la flotte de guerre, autorisés par un État à s'emparer des bâtiments ennemis ou à les détruire.
  9. Électroacoustique Mouvement d'une membrane de haut-parleur.
  10. Éléments du bâtiment Distance horizontale par rapport à laquelle l'élévation ou hauteur verticale d'un toit incliné est indiquée. On utilise comme course une distance horizontale d'un mètre par rapport à laquelle on indique l'élévation en millimètres pour décrire la pente.
  11. Outillage industriel Distance de déplacement latéral des deux diamants durant le débrutage.
  12. Serrurerie Longueur de sortie du pêne à partir de la têtière jusqu'à son extrémité.
  13. Plasturgie Chemin que parcourt le piston d'une presse.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de courser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de courser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de courser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de courser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de courser.

Citation

La course n'est pas la seule chose qu'elles [les femmes] fassent maladroitement, mais c'est la seule qu'elles fassent de mauvaise grâce
Jean-Jacques Rousseau, Ém. V

Origine du mot

Provenç. et ital. corsa (voy. COURS). — Littré, 1873

1873 — le Littré

COURSE s. f. (kour-s')

1 Action de courir ; genre de locomotion qui consiste à aller très rapidement en penchant le corps en avant. La course diffère de la marche en ce que, tandis que dans la marche il y a toujours un des pieds qui touche le sol, dans la course il y a un moment où aucun des pieds ne touche le sol. Prendre un lièvre à la course. encore relevé aujourd’hui

  • La course n'est pas la seule chose qu'elles [les femmes] fassent maladroitement, mais c'est la seule qu'elles fassent de mauvaise grâce — J. J. ROUSS., Ém. V
  • Nous faisions régulièrement la lieue de poste de 4000 mètres en 15 et 16 minutes.... La pratique avait fini par nous faire trouver toutes simples ces longues et rapides courses.... Après bien des expériences, j'ai remarqué que la vitesse la plus convenable pour toutes les classes d'hommes était celle de 100 pas par minute, et la longueur la plus rapprochée de la moyenne, de un mètre d'un talon à l'autre — LAISNÉ, Gymnastique pratique, p. 51
1 autre citation
  • Pas de course gymnastique sur place : au premier commandement, les élèves fixeront leur attention et porteront tout le poids du corps sur la jambe droite ; à celui de en position, ils lèveront la jambe gauche en avant en baissant la pointe du pied et de manière à ce que la cuisse forme un angle droit avec elle ; au commandement de marche, ils s'enlèveront un peu sur le pied droit, puis ils retomberont immédiatement sur le gauche ; ils en feront ensuite autant sur celui-ci pour retomber sur le droit, et ils continueront en comptant, à haute voix, un, pour tomber sur le pied gauche, et deux, pour retomber sur le droit — ID., ib. 55 et 56

Prendre sa course, se mettre à courir.

  • Ayant pris sa course avec tant d'ardeur — BOSSUET, Impén. 1

Pas de course, pas militaire plus vite que le pas accéléré et où le corps est en effet penché en avant comme dans la course.

Marche très rapide, sans que pour cela on coure précisément.

  • La reine dont ma course a devancé les pas — RAC., Iphig. I, 4
  • Elle-même tantôt, d'une course subite, Était venue aux Grecs annoncer votre fuite — ID., ib. V, 6

Fig.

  • Jason de tant de maux borna soudain la course — CORN., Toison, I, 1
  • Quoi ! je verrai, seigneur, qu'on borne vos États, Qu'au milieu de ma course on m'arrête le bras — ID., Nicom. II, 3
7 autres citations
  • Les apôtres n'avaient pas encore achevé leur course — BOSSUET, Hist. II, 7
  • Ensanglanter la fin d'une course si belle — RAC., Alex. V, 2
  • Si les bonnes gens vivent encore, ils ne sauraient être fort éloignés du dernier moment de leur course — LA FONT., Psyché, I, p. 63
  • Voulez-vous sans pitié laisser finir vos jours ? Quelle fureur les borne au milieu de leur course ? — RAC., Phèd. I, 3
  • Ou si quelque chagrin en [de vos plaisirs] interrompt la course — ID., Brit. II, 3
  • Ne murmurons donc plus contre les destinées Qui livrent sa jeunesse au ciseau d'Atropos, Et ne mesurons point au nombre des années La course des héros — J. B. ROUSS., Odes, II, 10
  • Quoique enlevé au commencement de sa course, il n'est point d'âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne — D'ALEMB., Éloges, la Trem.

2 Joute où l'on s'efforce de l'emporter par la vitesse. Course à pied, en char. encore relevé aujourd’hui

  • Le chevalier avait fait une course de chevaux — HAMILT., Gramm. 11
  • Entre les différents exercices que cultivaient avec tant de soin les athlètes pour se donner en spectacle dans les jeux publics, la course était celui qui tenait le premier rang ; c'était par là que commençaient les jeux olympiques — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. V, p. 75, dans POUGENS

Épreuves que l'on fait subir aux chevaux pour juger de la vitesse de leurs allures et de leur vigueur à franchir des obstacles. Courses de vitesse ou de race, celles qui se font au galop. Courses d'épreuve, courses de production, celles qui se font au trot. Courses plates, celles qui se font sur un terrain non accidenté. Courses des barrières, courses au galop dans les hippodromes, où l'on place de distance en distance des obstacles consistant en barrières, en haies mobiles. Course au clocher, celle qui se fait à vue de but et par la voie la plus courte à travers champs, haies et fossés.

3 Attaque dans un tournoi. En trois courses il rompit trois lances.

Au jeu de bague, course de tête, exercice par lequel on apprend à atteindre un certain but qui est figuré par une tête.

4 Allées et venues, démarches pour une affaire. Faire bien des courses par la ville. encore relevé aujourd’hui

Plus particulièrement. Ce petit clerc, ce commis n'est employé que pour faire les courses

5 Excursion. Les courses de nos savants dans ce pays en font connaître les antiquités.

  • Il renonce aux courses ingrates, Revient en son pays, voit de loin ses pénates, Pleure de joie et dit : heureux qui vit chez soi, De régler ses désirs faisant tout son emploi ! — LA FONT., Fabl. VII, 12
  • Il est ravi que vous ayez fait cette jolie course — SÉV., 142

6 Trajet, distance. Il y a une très longue course d'ici chez vous.

Trajet que fait une voiture de place d'un endroit à un autre. Prendre un fiacre à la course.

Ce que gagne un courrier, un cocher, un portefaix pour le chemin qu'il a parcouru.

7 Cours des astres, des fleuves.

  • Eh ! qui guide les cieux en leur course rapide ? — LA FONT., Fabl. X, 1
  • D'un ruisseau qui peut nuire, interrompre la course — BOURSAULT, Ésope à la cour, V, 6
2 autres citations
  • Les fleuves étonnés remontent vers leur source, Les astres de la nuit interrompent leur course — J. B. ROUSS., Cantate, Circé.
  • Le Tibre, dont le ciel favorise la course — DELILLE, Énéide, VIII

8Terme de guerre. Expédition qu'une troupe fait en pays ennemi, en vue du butin.

  • Les Scythes ont plutôt fait des courses que des conquêtes — BOSSUET, Hist. III, 3
  • Les barbares faisaient quelques courses et ravageaient — ID., Égl. I
3 autres citations
  • Pourquoi tenter si loin des courses inutiles ? — RAC., Mithr. III, 1
  • Nous n'allions jamais en course qu'accompagnés de vieilles sorcières — VOLT., Ph. ignor. 53
  • C'était beaucoup pour les chrétiens [espagnols] de pouvoir se réfugier dans ces montagnes et d'y vivre de leurs courses — ID., Mœurs, 27

Fig.

  • Sans cette crainte [de la justice], il [l'homme] ferait des courses continuelles sur les autres — LAROCHEF., Pensées, 22

9Terme de marine. Expédition de corsaires. Armer un navire en course. Aller en course. encore relevé aujourd’hui

  • Une petite flotte et des vaisseaux détachés qui firent la course — ANQUET., Ligue, I, 282
  • Les Danois et les Normands n'étaient point armés en course et ne savaient guère se battre que sur terre — RAYNAL, Hist. phil. X, 19

10Terme de danse. On appelle ainsi le parcours de l'aire de la danse. On distingue la course en rond et la course en carré. Pour la course en rond, le cavalier tenant sa dame par la main se trouve avec elle sur le rayon du cercle qu'il décrit tout entier ; c'est donc une sorte de moulinet double, sinon que les dames ne se tiennent pas par la main. Dans la course en carré, le cavalier menant sa dame fait des pas de côté de manière à occuper successivement les quatre côtés du carré, en faisant toujours face à ses vis-à-vis. La demi-course a lieu quand on ne fait pas le tour entier et que, loin de revenir à sa place, on s'arrête à celle du vis-à-vis après un demi-tour. non relevé aujourd’hui

11 Quantité dont un pêne de serrure peut avancer ou reculer.

L'aller et le venir d'une navette, d'un piston.

Terme d'émailleur. Tirer à la course, tirer l'émail en longs filets, après qu'on l'a puisé liquide dans la cuiller.

Historique

XVe s.

  • Et vinrent de course, à pied, l'un contre l'autre [joute de deux chevaliers] — FROISS., II, II, 81
  • Pour moy n'avez rien fait encor ; Et s'espeluchiez si l'argent, Ilz sont de bon or et de gent, Du coing du roy, et ont leur course [leur cours] — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 373, dans LACURNE

XVIe s.

  • Sa galere fut arrestée au milieu de sa course par un remora — MONT., II, 180
  • Ce chien print sa course, et se jecta dans le feu — ID., II, 183
3 autres citations
  • Les courses et pilleries qu'ilz feirent par l'Italie — AMYOT, Crassus, 14
  • Ilz en prirent, à course de cheval, plusieurs qu'ils trouverent esgarez et errans çà et là parmy les champs — ID., ib. 54
  • Il prit à la course le fan, qui estoit une petite biche de pelage estrange — ID., Sertor. 15
Étymologie

Provenç. et ital. corsa (voy. COURS).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « course » du Wiktionnaire.

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