corsaire

nature
nom
diction
[kɔʁsɛʁ] · 2 syllabes
attesté
1477
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. Le commandant d'un tel bâtiment.
    • Quand les deux bricks se touchèrent, la secousse tira le corsaire de sa rêverie, et il dit deux mots à l’oreille d’un jeune officier qui se tenait à deux pas de lui. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  2. Pirate.
    • Les corsaires d’Alger, du Maroc. - Il est tombé entre les mains des corsaires.
  3. familier Homme que son extrême cupidité rend dur, impitoyable, inique.
    • Ce jeune corsaire s’exila, sans s’occuper de mademoiselle Mignon, à qui la liquidation faite au Havre ôtait toute sa valeur. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  4. Boule qui a fini son parcours sans avoir touché le piquet final. Elle permet au joueur de placer ses partenaires et de déplacer ses adversaires.
  5. Pantalon relativement moulant qui descend jusque mi-mollet, intermédiaire entre la culotte aristocratique du XVIIIᵉ siècle et le pantalon.
    • Le corsaire redevient à la mode.
3 emplois spécialisés
  1. Marine Bâtiment qui, en temps de guerre, était armé en course par des particuliers en vertu d'une commission du gouvernement (la lettre de marque).
    • - Il nous gagne, s'écria le Français. - C'est un corsaire colombien, lui dit à l'oreille le capitaine. Nous sommes encore à six lieues de terre, et le vent faiblit. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  2. Droit international Capitaine ou marin qui pratiquait la course.
  3. Droit international Navire armé pour la course.

Adjectif 1

  1. On disait quelquefois adjectivement

Citation

Un autre, mal pourvu des armes nécessaires, Fut enlevé par des corsaires
Jean de La Fontaine, Fabl. VII, 14

Origine du mot

De l’ancien occitan corsari, de l’italien corsaro lui-même issu du bas-latin cursarius du mot latin cursus (« cours »).

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1873 — le Littré

CORSAIRE s. m. (kor-sê-r')

1 Vaisseau armé en course par des particuliers, mais avec l'autorisation du gouvernement.

2 S'est dit des vaisseaux équipés dans les pays barbaresques, Alger, Maroc, Tunis, et qui faisaient en tout temps la course contre les chrétiens.

  • Un autre, mal pourvu des armes nécessaires, Fut enlevé par des corsaires — LA FONT., Fabl. VII, 14
  • Voilà qu'un corsaire de Salé fond sur nous et nous aborde — VOLT., Cand. 11

3 Adjectivement. Capitaine corsaire.

  • C'est qu'en fait d'aventure il est fort ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire — MOL., l'Étour. IV, 1
  • Je ne vous dirai point combien il est dur pour une Jeune princesse d'être menée esclave à Maroc avec sa mère ; vous concevez assez tout ce que nous eûmes à souffrir dans le vaisseau corsaire — VOLT., Cand. 11

Substantivement. Les hommes qui montent ces vaisseaux de course. Les corsaires eurent une belle part de prise.

  • Et toujours avait fait Avec honneur son métier de corsaire — LA FONT., Calendr.

4Fig. Homme dur, impitoyable par cupidité. encore relevé aujourd’hui

  • Endurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire — BOILEAU, Sat. VIII
  • Mes créanciers sont des corsaires — BÉRANG., Ma dern. chans.

5 Épervier.

Proverbes

À corsaire, corsaire et demi, c'est-à-dire envers un homme agressif, difficile, on se montre encore plus agressif, plus difficile.

Corsaires contre corsaires font rarement leurs affaires.

  • Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires — RÉGNIER, Sat. XI
Synonyme

CORSAIRE, PIRATE. Le corsaire est muni de lettres par son gouvernement et armé seulement en temps de guerre ; pris, il est traité comme prisonnier de guerre. Le pirate n'a point de lettres de marque, attaque même en temps de paix, et, pris, est traité comme voleur.

Historique

XVe s.

  • Certaines gallées coursaires du roy d'Arragon nostre ennemy et adversaire estoient presque toujours sur la mer illec environ, Lettre d'abolition de Louis XI — Bibl. des Chartes, 2e série, t. III, p. 64

XVIe s.

  • Jason fut esleu capitaine de la grande nef d'Argo, avec commission d'aller çà et là, pour oster et chasser tous les coursaires et larrons escumans la mer — AMYOT, Thésée, 23
  • Hommes non chalans de labourer et cultiver la terre, mais de toute ancienneté grands coursaires qui vivoient de ce qu'ils escumoient en la mer — ID., Cimon, 13
2 autres citations
  • De corsaire à corsaire n'y prend on que barriques rompues — COTGRAVE
  • Mesmes se soubçonna on qu'il [André Doria] avoit quelque sourde intelligence avec Barberousse, comme corsaire à corsaire — BRANT., Cap. étr. t. II, p. 45, dans LACURNE
Étymologie

Provenç. corsari ; espagn. corsario ; ital. corsare, corsale, de corsa, course, qui est provençal, espagnol et italien (voy. COURSE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « corsaire » du Wiktionnaire.

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