cerf

nature
nom masculin
diction
[sɛʁ] · 1 syllabe
usage
26 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Cervidé qui porte sur la tête des cornes ramifiées appelées « bois ».
    • Quand le cerf commençait à gémir sous les morsures, il l’abattait prestement, puis se délectait à la furie des mâtins qui le dévoraient, coupé en pièces sur sa peau fumante. Gustave Flaubert, Trois Contes : La Légende de Saint Julien l’Hospitalier, 1877
  2. Cerf élaphe.
  3. Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté passant, vilené avec une ramure. À rapprocher de biche, chevreuil, daim et élan.
    • De gueules au cerf d’or, au chef ondé de sinople soutenu aussi d’or, chargé d’une moucheture d’hermine accostée de deux carpes posées en face et affrontées, le tout aussi d’or, qui est de Huelgoat du Finistère → voir illustration « armoiries avec un cerf »
1 emploi spécialisé
  1. Mammifères Grand mammifère ruminant (Cervidés) ; spécialement le mâle adulte, qui porte des bois d'autant plus grands qu'il est plus âgé.

Citation

Dans le cristal d'une fontaine Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois Et ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux
Jean de La Fontaine, Fabl. VI, 9

Origine du mot

Du latin cervus, de même sens, de racine indo-européenne, *ker- (« corne »), et parente du slave ancien *karva (« vache »), et du russe moderne корова korova (« vache ») ou du polonais moderne krowa (« vache »).

Dans le dictionnaire latin : cervus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CERF s. m. (sèr : un cerf dix cors, dites : un sèr dix cors ; l'Académie ne dit rien sur la prononciation de ce mot, qui est loin d'être bien fixée ; au singulier plusieurs font entendre l'f ; Ménage écrivait cêr, preuve que, de son temps, l'f ne se prononçait pas ; quelques-uns veulent que l'f se fasse entendre seulement quand cerf est isolé ou final : le chien a forcé le sèrf ; mais cette exception ne paraît pas fondée sur un véritable usage ; au pluriel l'f ni l's ne se prononcent : les sèr ; l's ne se lie pas : les cerfs et les daims, dites les sèr et les daims ; cependant quelques-uns disent : les sèr-z et les daims)

1 Nom de genre d'un ruminant à cornes pleines ou osseuses, et caduques, rondes, ramifiées ; et, en particulier, nom d'une bête fauve de nos forêts, cerf commun (cervus elaphus, L.). Le bois ou la tête d'un cerf. Les andouillers de la tête d'un cerf. Lancer, détourner, courre, prendre le cerf. Être à la mort du cerf. Un cerf bien donné aux chiens est à demi pris. encore relevé aujourd’hui

  • Le carnage du cerf se préparant aux chiens — ROTROU, Vencesl. I, 1
  • Dans le cristal d'une fontaine Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois Et ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux — LA FONT., Fabl. VI, 9
1 autre citation
  • Et nous conclûmes tous d'attacher nos efforts Sur un cerf qu'un chacun nous disait cerf dix cors ; Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa seconde tête — MOL., Fâch. II, 7

Les petits se nomment faons, pendant un an entier ; daguets, la seconde année ; cerfs à leur première tête, pendant la troisième ; cerfs à leur seconde et troisième tête, pendant la quatrième et la cinquième ; cerfs à dix cors jeunement, pendant la sixième ; cerfs à dix cors, pendant la septième ; grands cerfs, à huit ans ; et grands vieux cerfs, à neuf. Voy. TÊTE et CORS.

Familièrement. C'est un cerf, il court avec une très grande rapidité. Il a des jambes de cerf, il a des jambes rapides ou minces comme celles du cerf.

Os de cœur de cerf, os qui, se trouvant dans le cœur du cerf, a été employé jadis dans les maladies du cœur, mais qui est tout à fait inerte.

Terme de blason. Cerf sommé, cerf ramé de 9, 10, 13 cors et quelquefois davantage.

Fig. Un cerf, un couard, un lâche. Je craindrais plus, disait un militaire, une armée de cerfs commandée par un lion, qu'une armée de lions commandée par un cerf.

2Terme de vétérinaire. Mal de cerf, nom vulgaire donné au tétanos chez le cheval, à cause de la roidure de l'encolure.

3 Parc aux cerfs, petite maison où Louis XV avait une espèce de sérail. non relevé aujourd’hui

Historique

XIe s.

  • Si com li cers s'en va devant les chiens — Ch. de Rol. CXXXIX
  • Les mains [ils] lui lient à courreies de cerf — ib. CCLXXII
1 autre citation
  • [Il] met lui au poing de cerf le destre gant — ib. CCLXXX

XIIe s.

  • Si com li cers fuit devant le levrier — Roncisv. 87

XIIIe s.

  • Sur un bon chaceour [cheval] le cerf tant [il] parsuivi — Berte, CVIII

XIVe s.

  • Car un proverbe dit par vraie auctorité : Nature fait le cerf tracier au bois ramé — Guesclin, 20969
  • Le col estendu comme cerf en lande — Ménagier, I, 3
1 autre citation
  • Quand le lion voit ou treuve un serf ou une chievre salvage — ORESME, Eth. 93

XVIe s.

  • Au cerf la biere, au sanglier le miere [c'est-à-dire les plaies faites par le cerf sont mortelles ; celles que fait le sanglier reclament le médecin ; proverbe qu'on trouve aussi sous la forme : au cerf la bierre, au sanglier le barbier] — LE ROUX, Dict. comique.
  • Sers comme serf, ou fuy comme cerf — LEROUX DE LINCY, Proverbes, t. I, p. 155
Étymologie

Bourguig. çar ; provenc. cerv, cer ; espagn. ciervo ; ital. cervo ; du latin cervus ; comparer le bas-breton, karô ou karv, cerf ; l'anc. haut allem. hir-uz ; allem. mod. Hirsch.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cerf » du Wiktionnaire.

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