cupidité
- nature
- nom féminin
- diction
- [kypidite] · 4 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
- parenté
- cupide
Sens et définitions
Nom 1
-
Recherche immodérée du gain, des richesses.
- Et il attribue ce malheur, ce qui me semble probable, à la cupidité que les grandes fortunes excitent chez les jeunes gens… Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
Citation
En quelque état que l'on soit, il ne peut être permis d'agir par cupidité, ni de se conduire par sa volonté et par son caprice
Origine du mot
Du latin cupiditas.
Dans le dictionnaire latin : cupiditas
1873 — le Littré
CUPIDITÉ s. f. (ku-pi-di-té)
1 Dans un sens général, vif désir quelconque.
- En quelque état que l'on soit, il ne peut être permis d'agir par cupidité, ni de se conduire par sa volonté et par son caprice — NICOLE, Ess. mor. 2e traité, ch. 8
2 Passion ardente de posséder quelque chose. encore relevé aujourd’hui
- Les hommes se révoltent contre Jésus, parce qu'ils ne veulent pas se convertir, s'humilier, se mortifier, combattre leurs cupidités et leurs passions — BOSSUET, dans le Dict. de DOCHEZ.
- Vous qui devez réprimer vos cupidités, vous êtes contraint de satisfaire celles des autres — ID., ib.
4 autres citations
- Il s'applique à discerner la cause du juste d'avec celle du pécheur ; à découvrir la vérité au travers des voiles du mensonge et de l'imposture dont les cupidités humaines le couvrent — FLÉCH., le Tellier.
- Je déracinai de mon cœur les cupidités et les convoitises qui donnent du prix à tout ce que je quittais — J. J. ROUSS., Promenade 3e.
- Nous, jouet des partis à la fois suscités Par votre faste vain et vos cupidités — LEMERC., Frédég. et Bruneh. III, 5
- Il est probable qu'au fond de ces tracasseries il y avait quelque cupidité de domination — CHATEAUB., dans le Dict. de DOCHEZ.
3 En particulier, désir immodéré de fortune, d'argent. encore relevé aujourd’hui
- On ne doit attendre d'approbation que des véritables gens de bien et d'honneur, désintéressés et un peu éclairés, parce que la cupidité de tous les autres se trouvera lésée dans cet établissement — VAUBAN, Dîme, p. 203
- Dans ce pays heureux la cupidité était étrangère — MONTESQ., Lett. pers. 12
5 autres citations
- Tant que le luxe régnera chez les grands, la cupidité régnera dans tous les cœurs — J. J. ROUSS., Gouvern. de Pologne, ch. 3
- La barbare et dévorante cupidité des gens d'affaires, à qui la protection donnait un nouvel essor — RAYNAL, Hist. phil. IV, 1
- Il n'est rien d'indigne et de bas que la cupidité n'engendre — MARMONT., Bélis. XII
- Bientôt régnerait moins de cupidité Et de meilleures mœurs et plus d'égalité — M. J. CHÉN., Gracques, II, 3
- Des temples dépouillés les trésors vénérables Abandonnés en proie à la cupidité.... — DELAV., Vêpres sicil. II, 6
Dans le langage philosophique, le désir des biens matériels, le penchant à les acquérir.
Remarque
Ce mot était condamné par les puristes du XVIIe siècle, Vaugelas, Chifflet. Bouhours, Nouv. remarques, ne le concède qu'à la chaire et dans le sens théologique ; et il ne voudrait pas qu'on dît la cupidité de régner, la cupidité des richesses. Aujourd'hui il est en plein usage, soit absolument pour exprimer la soif des richesses, soit, ce qui est moins commun mais usité toutefois, avec un complément. Pourtant Th. Corneille l'avait défendu : " Il me semble que ce n'est point mal parler que de dire : la terre n'a point d'endroits si cachés où, pour trouver l'or et les diamants, la cupidité des hommes ne fasse fouiller (VAUGEL. Rem. notes, t. II, p. 535, dans POUGENS). " L'Académie de son côté en avait assuré l'existence : " Cupidité est un fort bon mot dont il ne faut point faire scrupule de se servir pour signifier la concupiscence ; d'ailleurs, comme il marque un désir immodéré, on croit qu'on ne le doit pas condamner en cette phrase : la cupidité, l'insatiable cupidité des richesses (Observ. sur VAUGEL. p 328, dans POUGENS). "
Historique
XVe s.
- Cupidité commande, Richesse est honorée — E. DESCH., dans le Dict. de DOCHEZ.
- Donne toy garde des rochiers de cupidité effrenée — J. LEMAIRE, Pallas parlant à Pâris.
XVIe s.
- Ilz estoient tous deux jeunes et ardents de cupidité d'honneur — AMYOT, Lucull. 10
- La cupidité d'avoir un tel livre si beau et si rare — BRANT., Charles-Quint.
3 autres citations
- J'ai prins plaisir de veoir, en quelque lieu, des hommes, par devotion, faire vœu d'ignorance, comme de chasteté, de pauvreté, de penitence : c'est aussi chastrer nos appetits desordonnez, d'esmousser ceste cupidité qui nous espoinçonne à l'estude des livres, et priver l'ame de ceste complaisance voluptueuse qui nous chatouille par l'opinion de science — MONT., II, 195
- Les cupiditez sont ou naturelles et necessaires, comme le boire et le manger ; ou naturelles et non necessaires.... ou elles ne sont ny naturelles ny necessaires ; de ceste derniere sorte sont quasi toutes celles des hommes — ID., IV, 184
- Les autres [désirs] sont outre nature, procedans de nostre opinion et fantaisie, artificiels, superflus, que nous pouvons, pour les distinguer par nom des autres, appeler cupidités — CHARRON, Sagesse, I, 24
Étymologie
Provenç. cupiditat et cobeitat ; ital. cupidità ; du latin cupiditatem, de cupidus, cupide. Le provençal cobeitat est la forme ancienne, cupiditat la forme refaite sur le latin ; et convoiter (voy. ce mot) a été fait comme cobeitat.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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