cygne

nature
nom masculin
diction
[siɲ] · 1 syllabe
attesté
1101
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. figuré Grand poète, homme éloquent, grand musicien.
    • Le cygne de Mantoue : Virgile.
  2. Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Représenté de profil avec ses pattes visibles contrairement à l’alcyon, couché dans son nid les pattes cachées. À rapprocher de canard, cane, canette, jars et oie.
    • De sinople au cygne d’argent colleté d’une couronne d’or, qui est de Magnac-sur-Touvre → voir illustration « armoiries avec un cygne »
  3. Robinet en cou de cygne.
    • Sur les bras nus, sur le cou, un cygne de bronze versait de l’eau claire et fraîche, et des gouttes se jouaient sur la peau blanche, se croisaient comme de petites bêtes à traînée luisante et, curieuses, se perdaient dans les profondeurs confuses. Maurice Leblanc, Voici des ailes, 1898, réédition Éditions François Bourin, collection Libretto, 1999, page 32
  4. Évier.
2 emplois spécialisés
  1. Ornithologie Gros oiseau palmipède, aquatique, dont le plumage est d’ordinaire blanc et qui a un cou long et souple.
    • D’après des renseignements fournis par M. Zschokké, ces Cygnes ont le corps pie-noir, à l’exception du cou qui est resté tout noir. Charles Cornevin, Traité de zootechnie spéciale : les oiseaux de bassecour, 1895, page 12
  2. Marine vieilli Glace flottante isolée.

Citation

À leur tête s'avance et nage avec fierté Le cygne au cou superbe, au plumage argenté
Jacques Delille, Jardins, III

Origine du mot

Emprunté au bas latin cicinus, altération du latin classique cycnus, lui-même du grec κύκνος (kuknos).

Dans le dictionnaire latin : cycnus

1873 — le Littré

CYGNE s. m. (si-gn')

1 Oiseau palmipède, aquatique, du genre de l'oie. encore relevé aujourd’hui

  • Le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur ; avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n'en pas abuser et de ne les employer que pour la défense, il sait combattre et vaincre sans jamais attaquer — BUFFON, Cygne.
  • À sa noble aisance, à la facilité, à la liberté de ses mouvements sur l'eau, on doit reconnaître le cygne, non-seulement comme le premier des navigateurs ailés, mais comme le plus beau modèle que la nature nous ait offert pour la navigation ; son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie semblent en effet figurer la proue du navire fendant l'onde ; son large estomac en représente la carène ; son corps, penché en avant pour cingler, se redresse à l'arrière et se relève en poupe ; la queue est un vrai gouvernail ; les pieds sont de larges rames ; et ses grandes ailes, demi-ouvertes au vent et doucement enflées, sont les voiles qui poussent le vaisseau vivant, navire et pilote à la fois — ID., ib.
1 autre citation
  • À leur tête s'avance et nage avec fierté Le cygne au cou superbe, au plumage argenté — DELILLE, Jardins, III

Avoir la blancheur du cygne, être d'une blancheur éclatante. Longtemps on n'a connu que le cygne blanc ; aussi en a-t-on fait le type de la blancheur Aujourd'hui on connaît des cygnes noirs, originaires de la Nouvelle-Hollande.

Il est blanc comme un cygne, se dit d'un homme qui a la barbe et les cheveux tout blancs.

Cou de cygne, en parlant d'une femme, cou élégant et flexible.

  • J'ai pris femme noble aux doux yeux, Aux mains blanches, au cou de cygne — BÉRANG., Contr. de m.

Familièrement et par antiphrase. Blanc comme un cygne qui casse des noix, c'est-à-dire noir comme un corbeau.

Fig. Faire un cygne d'un oison, louer une personne, une chose démesurément.

Le chant du cygne, chant mélodieux que l'antiquité attribuait au cygne près de mourir.

  • Ce sera là que ma lyre, Faisant son dernier effort, Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort — MALH., II, 2
  • Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour oison le cygne ; et, le tenant au cou, Il allait l'égorger, puis le mettre en potage ; L'autre, prêt à mourir, se plaint en son ramage — LA FONT., Fabl. III, 12
4 autres citations
  • Ce que l'on dit des cygnes, qu'ils ne chantent que quand ils sont près de mourir et qu'alors ils chantent mélodieusement, n'est fondé que sur une erreur populaire — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 50, dans POUGENS
  • À leurs chants on croirait entendre dans les cieux De cygnes argentés un chœur mélodieux — DELILLE, Énéide, VII
  • Je suis un cygne aussi ; je meurs, je puis chanter — LAMART., Socr. 342
  • Mais il ne faut pas qu'on ignore Qu'en chantant le cygne a fini — BÉRANG., Ma dern. chans.

Figurément, le chant du cygne, la dernière composition d'un musicien, d'un poëte distingué.

2Fig. Poëte, orateur, musicien illustre surtout par la douceur et le fini de ses compositions, plutôt que par l'originalité et la grandeur. Le cygne de Mantoue, Virgile. Le cygne de Cambrai, Fénelon. De Bossuet, on dit l'aigle de Meaux ; on ne dirait pas le cygne.

3Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère septentrional.

4 Cou de cygne, partie de l'avant-train d'une voiture à quatre roues, qui est courbée afin de laisser passer les roues de devant quand la voiture tourne. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIe s.

  • Paons rotiz et bons cisnes pevreis, Et venoison à molt riche plenté : Que tout li pires an ait tot à son gré — Raoul de C. 62

XIIIe s.

  • Et contrefaisoient le cinne qui chante quant il doit morir — Hist. occid. des croisades, t. II, p. 293
  • C'est oisel cler semé en terre, Si legierement congnoissable, Qu'il est au cine noir semblable — la Rose, 8746
3 autres citations
  • Puis-ge voler avec les grues, Voire saillir outre les nues, Cum fist li cine Socratès ? — ib. 5443
  • Quant il encommençoient à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se partent de l'estanc — JOINV., 269
  • Qui partout rent l'ame benigne, Qui en trait toute riens maligne, Et d'innocence si l'acesme, Qu'il la fait plus blanche que cygne — J. DE MEUNG, Tr. 261

XVe s.

  • Au roi fut presenté ung cherf-volant, au duc d'Orliens ung blanc chisne, au duc de Bourgoigne un lyon — G. CHASTEL., Chron. des ducs de Bourg. 1re part. ch. 20

XVIe s.

  • Aussi blanches que cignes — CARL., III, 30
  • Tout blanc oysel n'est pas cygne — Rozier histor. I, 7
2 autres citations
  • On ne voit cyne noir, nulle neige noire — LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 17
  • Vous y serez cogneu comme un oyson parmy les cygnes, je voulois dire comme un cygne parmy les oysons — D'AMBROISE, Les Napolitaines, Anc. théâtre fr. t. VII, p. 256
Étymologie

Picard, cyngne ; provenç. cigne ; espagn. cisne ; ital. cigno ; du latin cycnus, de ϰύϰνος, qui tient au latin ciconia, cigogne, par l'intermédiaire du sanscrit çakuni, oiseau en général.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

anatidé évier glace meuble oiseau robinet

Terme spécifique

cygne à cou noir cygne chanteur cygne de Bewick cygne domestique cygne muet cygne noir cygne sauvage cygne siffleur cygne trompette cygne tuberculé

Dérivés

anodonte des cygnes bec-de-cygne bête comme un cygne blanc comme un cygne chant du cygne col de cygne cou de cygne cygne domestique cygne noir cygneau cygnesse cygnet cygnon dendrocygne en col de cygne en cou de cygne problème du cygne noir

Domaine

héraldique marine ornithologie

Prononciation

Homophones

signe signes signent

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « cygne » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire