dérision

nature
nom féminin
diction
[deʁizjɔ̃] · 3 syllabes
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 1

  1. Moquerie souvent accompagnée de mépris.
    • La dérision en toutes choses est l’ultime défi au malheur. Sébastien Japrisot

Citation

Peu s'en faut qu'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision [de la religion], qui est le dernier excès et comme le triomphe de l'orgueil
Bossuet, Anne de Gonz.

Origine du mot

du latin derisio (dérision) ; qui donne l’ancien français derision

Dans le dictionnaire latin : derisio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

DÉRISION s. f. (dé-ri-zion ; en poésie, de quatre syllabes)

Moquerie méprisante. encore relevé aujourd’hui

  • Peu s'en faut qu'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision [de la religion], qui est le dernier excès et comme le triomphe de l'orgueil — BOSSUET, Anne de Gonz.
  • Tourner le nom de Dieu en dérision — ID., Vict. 1
6 autres citations
  • Ils les portèrent en dérision par toute la ville — MAUCROIX, Schisme, liv. I, dans RICHELET
  • Et tout le peuple même avec dérision Observant la rougeur qui couvrait mon visage.... — RAC., Esth. III, 1
  • Faire des dérisions injustes de la piété même — MASS., Car. Inconst.
  • Ils ont regardé la pénitence comme des dérisions publiques des sacrements — ID., ib.
  • Notre zèle, loin de ramener les pécheurs, leur fournit contre nous des dérisions et des censures — ID., Confér. Cond. des cl. d. le mond.
  • Et qu'est-ce que la gloire ? un vain son répété, Une dérision de notre vanité ! — LAMART., Harm. III, 9

Familièrement. C'est une dérision, c'est-à-dire c'est se moquer. C'est une dérision que d'offrir cent francs pour un pareil travail.

Historique

XIVe s.

  • Il semble que l'en face de eulx une derision, quant l'en les loe — ORESME, Eth. 28
  • Mes seroit par aventure une derision de vouloir bien au vin que l'en aime — ID., ib. 232
3 autres citations
  • Et il deffendent aucunes contumelies et derisions estre dites — ID., ib. 137
  • Estre à moquerie et à derision de ses anemis — BERCHEURE, f° 20, verso
  • Il cuida que la dame lui dist derision — Guesclin. 102

XVe s.

  • Et pourtant iceux, voyant qu'ils ne pouvoient rien besogner, se departirent de là en faisant plusieurs derisions [pilleries] sur le pays — MONSTREL., II, ch. 169
  • Aucuns de ce conseil le prindrent à desrision tant à cause de son petit estat que des termes qu'il tenoit — COMM., V, 14

XVIe s.

  • Panurge luy fist la babou en signe de derision — RAB., Pant. IV, 57
Étymologie

Provenç. derrizio ; ital. derisione, dirisione ; du latin derisionem (voy. DÉRISEUR).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dérision » du Wiktionnaire.

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