exil
- nature
- nom masculin
- diction
- [ɛɡzil] · 2 syllabes
- usage
- 19 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
État de celui que l’autorité force à vivre hors de sa patrie, ou qui s’y résout lui-même.
- Moscou a déjà annexé 125.700 km² de territoire ukrainien, soit l'équivalent de la Grèce, poussant 3,5 millions de personnes à l' exil. Adina Revol, "Guerre en Ukraine: la paix de Trump est une capitulation face à Poutine", Slate, 20 février 2025
-
Tout séjour dans un lieu qui n’est pas celui où l’on voudrait être, de tout éloignement qui prive de certains agréments que l’on regrette.
- La présence de Mescaleros n’inquiétait pas outre mesure les Navajos. Dans le passé, ils avaient parfois eu maille à partir avec eux, mais depuis leur exil commun, à Bosque-Redondo, les choses s’étaient considérablement apaisées. Philippe Morvan, Ours, Calmann-Lévy, 2018, page 279
1 emploi spécialisé
- Citoyenneté et immigration Situation d'une personne forcée de vivre hors d'un lieu, généralement sa patrie.
Citation
L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres ; Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres
Origine du mot
Du latin ex(s)ilium venant de ex(s)ul (« séjournant à l’étranger, banni ») ou de ex(s)ilere (« sauter dehors ») ; première apparition en France en 1080, en Allemagne à la fin du XVIIIᵉ siècle (cf. Joachim Henrich Campe).
latin — abeo « Partir pour l'exil »
Dans le dictionnaire latin : ex
1873 — le Littré
EXIL s. m. (è-gzil)
1 Expulsion hors de la patrie. Le bannissement est infamant et l'exil ne l'est pas. encore relevé aujourd’hui
- Suivre en tous lieux, seigneur, l'exil de votre femme — CORN., Sertor. III, 4
- L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres ; Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres — ID., Cinna, II, 1
6 autres citations
- Qui tous deux de l'exil rappelés par moi-même — RAC., Brit. III, 3
- L'exil me délivra des plus séditieux — ID., ib. IV, 2
- Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? — ID., Phèd. IV, 2
- La cour fut inexorable sous Tibère comme auparavant ; il [Ovide] mourut dans son exil la quatrième année du règne de cet empereur, âgé d'environ soixante ans — ROLLIN, Hist. anc. XXV, I, 2, 2
- L'exil est un supplice d'autant plus rigoureux pour un Athénien, qu'il ne retrouve nulle part les agréments de sa patrie — BARTHÉL., Anach. ch. 19
- L'exil est quelquefois, pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort — STAËL, Corinne, XIV, 3
Exil volontaire, action de quitter volontairement le pays où l'on est accoutumé de vivre.
- Je m'impose à moi-même un exil volontaire — ROTR., Vencesl. II, 2
2Par extension, tout séjour hors du lieu où l'on voudrait être. La ville où nous sommes est pour nous un lieu d'exil. Vivre loin de vous est un exil pour moi. encore relevé aujourd’hui
- Salut, champs que j'aimais et vous douce verdure, Et vous, riant exil des bois — GILB., Adieux à la vie.
Dans le langage mystique. La terre est un lieu d'exil.
- Qu'il est difficile de regarder comme un exil une terre de délices ! — MASS., Car. Dang. des prosp.
- Et n'accuse point l'heure Qui te ramène à Dieu ! Soit qu'il naisse ou qu'il meure, Il faut que l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu — LAMART., Harm. IV, 5
Historique
XIe s.
- Qui tei a mort, France a mis en exill — Ch. de Rol. CCVII
XIIe s.
- C'est la chose pur quei m'estuet [il me faut] essil suffrir — Th. le mart. 57
- .... Si erent mis En eixil fors [hors] de lur païs — BENOIT, I, 557
1 autre citation
- ....E l'eissil [ravage] et la rapine Que fait la gent ultremarine — ID., dans RAYNOUARD, Lexiq.
XIIIe s.
- Que, quant plus tost definera, Plus tost en paradis ira, Quant il lerra [laissera] l'essil present — la Rose, 5040
- Tex maniere d'usages c'est essil [dégât], et nus essius [dégât] ne doit estre soufers — BEAUMANOIR, XXIV, 7
XIVe s.
- Il s'enfuirent en une ville, pour illecques demourer en exil — BERCHEURE, f° 21, verso.
Étymologie
Provenç. essil, ravage, destruction ; du latin exilium, dont l'étymologie est douteuse, à cause de la forme parallèle exsul, exsulare ; on a indiqué exsilire, qui n'explique point exsulare ; quant à exsulare, on a proposé ex solo, hors du sol, ou, en prenant en considération con-sul, in-sula, un thème sul qui serait voisin de solium, siége. Dans l'ancienne langue, exil avait le sens de ravage, destruction plus souvent que celui de bannissement. Palsgrave, p. 60, dit (au XVIe siècle) qu'on prononçait euzil.
Supplément au dictionnaire
EXIL. Ajoutez :
XVe s.
- Rigueur le transmit en exil Et luy frappa au cul la pelle, Nonobstant qu'il dist : j'en appelle — VILLON, dans Romania, avril 1873, p. 216
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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