ban

nature
nom masculin
diction
[bɑ̃] · 1 syllabe
attesté
Au plus tard au XIIᵉ siècle
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Nom 10

  1. vieilli Proclamation pour ordonner ou défendre quelque chose.
    • Et attendu, en fait, que Duval-Laignier est poursuivi pour avoir enfreint l'usage du ban de vendanges qui n'aurait pas cessé d'être en vigueur dans la commune de Condé-les-Herpy, antérieurement à 1791 , comme depuis cette époque; […]. « Cour de cassation : Ministère public contre c. Duval-Laignier », du 24 février 1836, dans le Journal du Palais, tome 27 (1835-1836), Paris : chez F.-F. Patris, 1842, p. 1106
  2. vieilli Publication par voie d’affiches à la porte de la mairie, ou d’un lieu de culte, d’une promesse de mariage entre deux personnes.
  3. vieilli Le corps même de la noblesse qui pouvait être ainsi convoqué.
    • Le ban se rapportait aux fiefs et l’arrière-ban aux arrière-fiefs.
  4. Exil imposé à quelqu’un par proclamation.
  5. Territoire communal.
    • Vous avez récemment donné votre avis sur le site de L’Automobile Club à propos de la généralisation du 30 km/h sur tout le ban communal de l’agglomération strasbourgeoise. L’Automobile Club, courriel aux adhérents, 2 mai 2011
  6. Chef d’un banat, un type de région du sud-est de l’Europe.
    • Ce ne fut que le 7 juillet 1389, trois semaines après la bataille, que Gara, ban de la Matchva, apparut à la cour du Kenezius de Rascia (c’est ainsi que le protocole hongrois désignait Lazare). Louis Léger, « La bataille de Kosovo et la chute de l’empire serbe », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1916, volume 60, numéro 6, page 573
  7. Deuxième lettre de l’alphabet géorgien, ka. absent du Littré
3 emplois spécialisés
  1. Droit féodal vieilli Convocation par le suzerain des nobles pour le servir à la guerre, soit eux-mêmes en personne, soit par un certain nombre de gens armés, proportionnellement au revenu et à la qualité de chaque fief.
    • Cette frontière qu’il fallait défendre contre les Goths et contre les Basques appartenait alors toute entière au roi d’Austrasie, au nom duquel le ban de guerre fut publié sur les deux rives de l’Adour. […], le mark-graf ordonna une levée en masse des habitants du pays ; […]. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2ᵉ récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - éd. Union Générale d’Édition, 1965
  2. Jeux vidéo argot Bannissement, généralement par blocage d’un compte.
    • Se prendre un ban : Se faire bannir.
  3. Statistiques Unité mesurant l'information ou l'entropie basée sur des logarithmes de base dix.
    • Il considérait qu’un déciban, ou un dixième de ban était à peu près le changement le plus petit dans le poids de la preuve [weight of evidence, degré de certitude] qui soit « directement perceptible à l’intuition humaine ». Jérôme Segal, Le zéro et le un, 2011, volume 1

Verbe 1

1 emploi spécialisé
  1. Jeux vidéo argot Bannir un joueur, un utilisateur.
    • Mais on risque pas de se faire ban en prenant l’avion quand même ? Personne n’a testé ? « Comment ne pas se faire ban », jeuxvideo.com, 22 juillet 2016

Citation

L'aumônier d'un roi de France [saint Louis] prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : " Je vous dis le ban de N. S. J. C. et de Louis, roi de France, son sergent, "
Chateaubriand, Itin. III, 97

Origine du mot

De l’ancien bas vieux-francique *ban (« loi dont la non-observance entraîne une peine »), du proto-germanique occidental *ban → voir ban en ancien français) apparenté au vieux haut allemand ban « commandement sous menace de peine, défense, juridiction et son domaine », au vieux norrois ban (« défense, interdiction »), ban en anglais – tous dérivés du verbe germanique *banną (« parler publiquement sous le contrôle d’une autorité », « commander ou défendre sous menace de peine » → voir bannen dans les langues germaniques) remontant au radical indo-européen commun *bʰeh₂- (« parler ») → voir for et fandus « parler, permis » en latin, fabuler en français, hablar, « parler » en espagnol, etc).

De l’anglais Banburismus, processus cryptanalytique développé par Alan Turing, lui même-issu du nom de la ville anglaise Banbury.

Les mots français venus du francique

1873 — le Littré

BAN s. m. (ban)

1 Proclamation, publication. Battre un ban, battre la caisse pour annoncer qu'il va être fait une publication. encore relevé aujourd’hui

  • Avant le combat, la justice faisait publier trois bans — MONTESQ., Espr. XXVIII, 24
  • L'aumônier d'un roi de France [saint Louis] prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : " Je vous dis le ban de N. S. J. C. et de Louis, roi de France, son sergent, " — CHATEAUB., Itin. III, 97

Ban de vendange, proclamation que les vendanges sont ouvertes.

2 Ban de mariage, ou simplement ban, publication de mariage qui se fait solennellement à l'église paroissiale par trois dimanches consécutifs.

  • M. de Rennes donna deux bans — SÉV., 557

3Terme de féodalité. Convocation des vassaux directs du roi pour le service militaire.

Le corps même de la noblesse ainsi convoqué.

  • Il ne levait de ban Que pour tirer quatre fois l'an Au blanc — BERANG., Yvetot.

Le ban et l'arrière-ban, service militaire des fiefs et des arrière fiefs.

Dans le langage actuel, et en parlant de milice ou de garde nationale, ban est la partie la plus valide de la population, et arrière-ban la réserve composée des citoyens plus âgés, et qui ne doivent prendre les armes que dans les moments de péril.

Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, s'adresser à tous ceux dont on peut espérer du secours.

4 Four à ban, moulin à ban, ou four banal, moulin banal, four, moulin, etc. dont les gens qui étaient dans une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur.

5 Sentence qui exclut, et, en particulier, bannissement.

  • Le ban qui a mis l'exilé hors de son pays, semble l'avoir mis hors du monde — CHATEAUBR., Génie, I, V, 7

Garder son ban, ne pas revenir aux lieux d'où l'on a été exilé.

Rompre son ban, revenir au lieu où l'on n'a pas la permission de résider.

  • La loi le condamne à mort [l'exilé], pour avoir rompu son ban — CHATEAUBR., Natch. VII, 289
  • Damon [maître de musique de Périclès] fut mis au ban de l'ostracisme — P. L. COUR., Lettr. 325

Mettre un prince, une ville au ban de l'empire, se disait, dans la Constitution de l'empire germanique, pour les déclarer déchus de leurs priviléges.

  • Charles V l'avait mis au ban de l'empire — BOSSUET, Var. 2

6 Amende. non relevé aujourd’hui

  • Le comte et les envoyés du roi pouvaient faire payer aux vassaux le ban, c'est-à-dire une amende — MONTESQ., Espr. XXX, 17

7 Chef d'un banat, titre de certaines provinces, telles que la Croatie. encore relevé aujourd’hui

  • Ragotzi épousa Hélène, fille de Pierre, vice-roi ou ban de Croatie — SAINT-SIMON, 338, 183
Historique

XIIe s.

  • Parmi cele ost faites un ban crier — Ronc. p. 66
  • Charles li rois fit faire et son ban et son cri — Ronc. p. 191
3 autres citations
  • À dan Randulf del Broc l'aveit ainz comandé, E encontre cels furent par ban tut assemblé — Th. le mart. 137
  • Dunc comanda li reis, e fist par ban crier Qu'um laissast quitement lui e les suens aler — ib. 46
  • Tut lur aveir aureit tresqu'à un sul denier Li reis ; car pur ço out cest ban fait nuncier, Que li clerc saint Thomas n'osouent repairier — ib. 67

XIIIe s.

  • Et me sires Loeys feist crier son ban que nus n'i fourfesit riens, sous la hart — Chr. de Rains. 156
  • Et la mesenge li escrie : Renart, cist bans est tost brisiez De la pais que me disiez — Ren. 1836
3 autres citations
  • Vos feïstes le ban roial, Que jà mariage par mal N'osast nus fraindre ne brisier — ib. 8277
  • Se li hons ne la feme ne savoit riens du mariage, ne par les bans qui furent fet en sainte Eglise, ne en autre maniere.... — BEAUMANOIR, XVIII, 7
  • Adont li sires doit fere crier trois bans — ID., LXIV, 11

XVe s.

  • Messire Godefroy de Harecourt commanda que.... quand ceux de Caen ouïrent ce ban.... — FROISS., I, I, 272
  • Ils firent commander que on sonnast la ban-cloche, et que chacun s'allast armer — ID., I, I, 173
2 autres citations
  • Avec le roy estoient les nobles du royaulme assemblez par maniere de arriere-ban — COMM., III, 3
  • Roye [ville] où il y avoit quinze cens francs archiers dedans et ung nombre d'hommes d'armes d'arriere-ban — ID., III, 10

XVIe s.

  • Ces assemblées s'appelloyent ban ou heriban : qui selon aucuns signifie cri et arriere-cri — LANOUE, 227
  • Anciennement les baillifs et seneschaux avoyent la charge d'assembler et conduire les arriere bans — ID., 230
3 autres citations
  • Il fit faire un band avec des cloches au lieu de tambours, que tous les prisonniers eussent à se rendre auprès du prince — D'AUB., Faen. IV, 9
  • À la charge que tous ceux qui ont suivi son parti seront r'appellez de ban [de l'exil] — ID., Hist. I, 46
  • Quelques capitaines prindrent leurs quaisses et leurs tambours, et firent un ban en ces termes — ID., ib. II, 377
Étymologie

Provenç. ban ; espagn. et ital. bando ; bas-lat. bannum, de l'allemand. Le haut allemand bannan se présente aussitôt ; mais Diez remarque que bannan aurait donné, dans les langues romanes, banner, bannare, et non bannir, bandire, qu'il rattache au gothique bandvjan, banvjan, désigner, signifier ; mais il est obligé de supposer que le v du gothique manquait dans le dialecte allemand qui a fourni bannir. Notons que le gaélique a aussi bann, de sorte que le radical pourrait avoir subi une influence autre que celle de la forme germanique. Notons aussi que, à côté de bannire, à beaucoup près le plus fréquent, on trouve dans le bas-latin bannare, dans imbannare, dans bannalis, dans bannaria, bannarius. Il y a donc lieu de donner la préférence au haut allemand, admettant seulement un changement de conjugaison, comme dans bajulare qui a donné bailler et baillir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ban » du Wiktionnaire.

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