garnison

nature
nom féminin
diction
[ɡaʁnizɔ̃] · 3 syllabes
attesté
1101
usage
12 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Ville de garnison.
    • Partir en garnison à Besançon.
4 emplois spécialisés
  1. Militaire Corps de troupes qu’on met dans une place, dans une forteresse pour la défendre.
    • La garnison se composait de trente-deux Suisses et de quatre-vingt-deux invalides. La Bastille n'était-elle pas imprenable ? Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879
  2. Militaire Corps de troupes caserné dans une ville.
    • Le Sultan n’est plus maître, en réalité, que des villes où il entretient des garnisons et, en apparence, d’une partie du bled el-makhzen où l’anarchie latente est prête à éclater au moindre choc. Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 15
  3. Militaire Lieu où une unité est normalement casernée.
  4. Forces terrestres Ensemble des unités affectées à un secteur ou une base pour la défense, le développement, la mise en œuvre et l'entretien de ses moyens.

Citation

Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d'en être le maître
Voltaire, S. de Louis XIV, 13

Origine du mot

Du moyen français, de l’ancien français garnisson, guarnisun.

1873 — le Littré

GARNISON s. m. (gar-ni-zon)

1 Troupes qu'on met dans une place pour la défendre ou y séjourner quelque temps. La garnison de Paris. Il est en garnison à Lille. Mettre garnison dans une ville. Tenir garnison dans une forteresse. encore relevé aujourd’hui

  • Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d'en être le maître — VOLT., S. de Louis XIV, 13
  • Stralsund avait une garnison de près de neuf mille hommes, et de plus le roi de Suède lui-même — ID., Charles XII, 8

Fig.

  • Qu'il n'entre point : avec ce lucifer, En garnison nous aurions tout l'enfer — GRESSET, Vert-vert, ch. IV
  • Mais de mon gîte on s'empare, on le pille ; Tous les amours y mettent garnison — BÉRANG., Métempsyc.

Ville de garnison, ville où l'on met ordinairement des troupes en garnison.

2 Lieu de séjour pour les troupes. Vie de garnison. encore relevé aujourd’hui

  • Et si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons.... — CORN., Sertor. IV, 3
  • Condamné à passer sa jeunesse dans des garnisons — J. J. ROUSS., Ém. IV
1 autre citation
  • Cette demoiselle si bien faite est une jeune personne que j'ai vue cet automne à ma garnison — PICARD, Alcade de Molor. III, 6

Familièrement. Mariage de garnison, mariage mal assorti.

Amours, conquêtes de garnison, femmes d'un ton peu relevé ou d'une conquête facile.

  • Je conçois du reste que vos conquêtes de garnison vous aient peu disposé à apprécier ce qu'il peut y avoir de noble, de passionné, de sublime dans l'âme de quelques femmes d'élite — CH. DE BERNARD, la Femme de 40 ans, § III

3 Un homme ou plusieurs hommes qui gardent les meubles d'une personne lorsqu'ils sont saisis, ou qui sont établis chez un débiteur du fisc, pour l'obliger à payer. Il y a garnison chez lui. On a levé la garnison. encore relevé aujourd’hui

  • Ce qui m'afflige, c'est que j'étais chez lui quand ses associés y sont venus mettre garnison — LESAGE, Turcaret, v, 14

4Fig. et populairement. Il y a de la garnison, se dit de la tête d'un enfant qui a des poux.

5Terme d'orfévre. Ouvrage doré par garnison, ouvrage où quelques parties sont dorées et le reste blanc.

Historique

XIIIe s.

  • Et li empereres meismes i alla assés folement ; car il n'avoit de garnison [armure] pour son corps à cel point que un seul gasygau [gambison] — H. DE VALENC., IV
  • De cix qui sont mis es garnisons, es viles ou es castiax por les garder — BEAUMANOIR, 57
1 autre citation
  • Nus [nul] ne nous osoit venir de Damiete pour aporter garnison [provisions] contre-mont l'yaue — JOINV., 236

XIVe s.

  • À Cornelius fut commandé qu'il demourast à Rome en garnison, afin que aucune partie des ennemis ne venist pour piller — BERCHEURE, f° 58, recto.

XVe s.

  • Et emportoient et faisoient emporter les seigneurs la garnison pour armer douze cens hommes d'armes de pied en cap — FROISS., II, II, 224
  • Les garnisons des frontieres estoient pourvues et garnies de gens d'armes — ID., I, I, 113
1 autre citation
  • Il fit très grosse et très grande garnison de bonnes verges qu'il apporta secretement en sa maison — LOUIS XI, Nouv. XXXVIII

XVIe s.

  • J'appelle garnisons les gendarmes qui sont disposez par les villes limitrophes pour la conservation de tout le pays — CALV., Instit. 1201
  • Plusieurs tiennent que nous ne pouvons abandonner cette garnison du monde [nous tuer] sans.... — MONT., II, 26
Étymologie

Garnir ; provenç. garniso, guarniso ; anc. catal. garnison ; espagn. guarnicion ; ital guarnizione, guarnigione.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « garnison » du Wiktionnaire.

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