hébreu

nature
nom masculin
diction
[ebʁø] · 2 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Langue sémitique, langue officielle d’Israël.
    • Ben Yehuda fonde la première famille hébréophone du monde moderne, ayant pris la décision d’élever en hébreu les enfants que lui donne son épouse, rencontrée autrefois à Polotsk. Claude Hagège, Halte à la mort des langues, Éditions Odile Jacob, 2000, page 309
  2. familier Ce qu’on se reconnaît incapable de comprendre. → Voir aussi être de l’hébreu, c’est de l’hébreu.
    • Évidemment Fantômas, le criminel, les aventures, la police et le reportage, cela devait être pour eux de l’imaginaire, du roman, de l’hébreu ! Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, L’Agent secret, tome 1, collection Bouquins, Éditions Robert Laffont, 1911, page 958

Adjectif 2

  1. Relatif au peuple hébraïque (les Hébreux), à sa langue ou à sa culture.
    • Alors le roi d’Égypte ordonne aux sages-femmes hébreues de tuer les garçons au moment de leur naissance. Revue de théologie et de philosophie, 1885, page 24
  2. Relatif à Israël.

Citation

On verra qu'il s'est ébloui lui-même, ou qu'il veut éblouir les autres par son grec et par son hébreu
Bossuet, 1re instr. sur la version du Nouv. Test. XXVII, 7e passage, 5

Origine du mot

Du latin Hebraeus, issu du grec ancien Ἑβραῖος, Hebraîos (« Hébreu »), de l'araméen ibrāy dérivé de la racine hébraïque עברי, ʿIḇrî (« traverser, passer ») lié au fait que le peuple était connu comme « ceux qui venaient de l’autre côté du Jourdain ».

Dans le dictionnaire latin : Hebraeus

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Le mot raconté

Hébreu a d’abord été le nom d’un peuple, puis celui de sa langue. Les textes français du XIIIe siècle le placent déjà à côté du latin ; au XVe, il apparaît sous une forme féminine aujourd’hui écartée. L’adjectif lui-même a gardé une distribution particulière : pour la langue ou une bible, l’usage préfère hébraïque.

Le mot a aussi quitté le domaine des langues pour entrer dans la conversation. Au XVIe siècle, « parler en hebrieu » signifie parler de manière incompréhensible ; la formule moderne « c’est de l’hébreu » prolonge cet emploi familier. Son étymologie transmise par le latin et le grec le rattache à Heber ; une autre explication ancienne y reconnaît ceux qui seraient venus de l’autre côté du fleuve. Entre nom de peuple, écriture et parole obscure, le mot a ainsi accumulé plusieurs seuils.

1873 — le Littré

HÉBREU s. m. (é-breu)

1 Nom du peuple juif. Les Hébreux. Un Hébreu. encore relevé aujourd’hui

Ce mot n'a pas de féminin ; on ne dit pas les Hébreues, mais les Juives.

2 Langue hébraïque. L'hébreu est une des langues sémitiques. encore relevé aujourd’hui

  • On verra qu'il s'est ébloui lui-même, ou qu'il veut éblouir les autres par son grec et par son hébreu — BOSSUET, 1re instr. sur la version du Nouv. Test. XXVII, 7e passage, 5

Fig. et familièrement. C'est de l'hébreu, on n'y peut rien comprendre.

  • C'est de l'hébreu pour moi, je n'y puis rien comprendre — MOL., l'Ét. III, 3
  • Il renvoya le valet après avoir dit quelques paroles italiennes qui furent de l'hébreu pour moi — LE SAGE, Guzm. d'Alfar. III, 1
1 autre citation
  • Parler de faire le point eût été de l'hébreu pour nos marins — CHATEAUB., Itinér. partie 3e.

3 Hébreu carré, les caractères hébraïques modernes. non relevé aujourd’hui

4 Adj. m. Le texte hébreu, le texte en langue hébraïque. Citer des passages hébreux.

Cet adjectif est inusité au féminin ; en ce cas on le remplace par hébraïque : la langue hébraïque, une bible hébraïque.

Historique

XIIIe s.

  • De ci m'en vois : Or soiez vers moi plus cortois ; Ne me traveillez mès de mois, Va, Salatin, Ne en ebrieu ne en latin — RUTEB., II, 87

XVe s.

  • Car selon loy hebrée et en latin, Tuit sommes faiz trespassans par ce monde — E. DESCH., Poésies mss. f° 105

XVIe s.

  • Parler en hebrieu [parler une langue qu'on ne comprend pas] — J. MAROT, p. 204, dans LACURNE
Étymologie

Lat. hebræus, du grec ἑϐραῖος, de Heber, arrière-petit-fils de Sem. Selon Renan, Langues sémitiques, p. 29, 1re édit. il vient de heber, passage, et hébreux veut dire οἱ περάται, ceux d'au delà du fleuve, par souvenir du temps où une partie de la population sémitique habitait en deçà de l'Euphrate, et une partie au delà.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « hébreu » du Wiktionnaire.

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