jongleur

nature
nom masculin
diction
[ʒɔ̃ɡlœʁ] · 2 syllabes
attesté
Au plus tard au XIIᵉ siècle
usage
1 par million de mots
parenté
jongler

Sens et définitions

Nom 5

  1. Celui qui jongle dans un spectacle de cirque.
    • L’écuyère est folle d’amour Pour un jongleur doux et charmant Qui ne remarque pas sa cour Et jongle avec ses sentiments. François Morel, Le Cirque, 2006
  2. familier Tout homme qui cherche à en imposer par de fausses apparences.
  3. Espèce de devin guérisseur.
2 emplois spécialisés
  1. Histoire Sorte de ménestrel qui allait, chantant des poèmes ou récitant des contes, dans les cours des princes et dans les maisons des grands seigneurs.
    • Il ne manquait dans cette foule bigarrée ni de bouffons ni de jongleurs […] Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  2. Jonglerie Celui qui jongle.

Citation

Chactas apprit à René que le principal jongleur était un prêtre avide
Chateaubriand, Natch. V

Origine du mot

De l’ancien français jogleour (« plaisant, rieur ») (fin XIIᵉ siècle), du joculator, ioculatores. Influencé par jangler.

1873 — le Littré

JONGLEUR s. m. (jon-gleur)

1 Ménestrel qui chantait et souvent composait des poëmes, des chansons, des fabliaux ; il allait les chanter dans les cours, dans les tournois, dans les châteaux, dans les villes ; en ce sens il n'est usité que dans l'histoire du moyen âge. encore relevé aujourd’hui

  • Les jongleurs, qu'on nomma aussi ménestrels ou ménestriers, étaient rassemblés dans le même quartier et donnèrent leur nom à l'église de St-Julien, dont Jacques Grure et Hugues-le-Lorrain, tous deux jongleurs ou ménestriers, furent les fondateurs en 1331 — DUCLOS, Mém. jeux scéniques, Œuvr. t. I, p. 364, dans POUGENS.

2Par une extension péjorative , joueur de tours de passe-passe, bateleur qui joue avec des boules, avec des cercles qu'il lance en l'air.

En Amérique, on donne le nom de jongleurs aux devins des sauvages, qui font surtout profession de guérir les maladies et de prédire.

  • Chactas apprit à René que le principal jongleur était un prêtre avide — CHATEAUB., Natch. V

3Fig. Celui qui cherche à en imposer par de fausses apparences. Les jongleurs politiques. encore relevé aujourd’hui

Il a aussi un féminin dans le sens figuré. C'est une jongleuse.

Historique

XIIe s.

  • [Que] Jà nus [nul] vilains jugleres de ceste [chançon] ne se vant, Car il n'en sauroit dire ne les vers ne le chant — Sax. I

XIIIe s.

  • Là veïssiez fleuteors, Menesterez et jougleors — la Rose, 754

XIVe s.

  • L'en dit d'aucun que il est malvez medecin ou malvez jugleur, et toutevoies l'en ne dit pas que il soit malves simplement — ORESME, Eth. 202
  • S'il advenoit qu'aucun appelast un autre jongleur, ou bourdeur, ou ribault.... — BOUTEILLER, Somme rural, liv. II, titre 26, p. 814, dans LACURNE.

XVIe s.

  • Tous jongleurs, basteleurs et joueurs de cordes et tous autres jeux diffamez, Gr. coust. de France — livre IV, ch. 4
Étymologie

Ital. gioccolatore ; du lat. joculatorem, celui qui joue. Dans le vieux français, juglere est le nominatif, de joculátor ; jugleor est le régime, de joculatórem. Le français avait aussi jugler (Cel jor orent jugler auques de lor talent ; Guiteclin les paia d'or fin et de besans, Saxons, v), et le provençal, juglar ; jugler et juglar viennent du latin jocularis.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « jongleur » du Wiktionnaire.

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