levain
- nature
- nom masculin
- diction
- [ləvɛ̃] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIIᵉ siècle
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
- Substance capable de produire une fermentation interne dans le corps avec lequel on l’a mêlé et d’y exciter un gonflement.
-
figuré Germes de certaines passions violentes.
- Nourrir le levain de la vengance
3 emplois spécialisés
-
Boulangerie
Morceau de pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire du pain, sert à la faire lever, à la faire fermenter.
- Dans un coffre en bois de chêne, appelé pétrin, on introduit la quantité de farine que l’on veut convertir en pain, en l’écartant sur les bords, puis on délaye au milieu le levain avec de l’eau chaude et une partie de la farine. Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 117
- Chimie Produit liquide ou solide contenant de la levure en vue de produire une fermentation dans une opération industrielle (brasserie, distillerie, boulangerie).
- Boulangerie Pâte composée de farine et d'eau, ayant subi une fermentation spontanée, à réaction acide, sans addition initiale de levure.
Citation
Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non ; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles
Origine du mot
Du latin levamen (« soulagement »), avec altération du sens vers celui de lever du latin levare (« lever, soulager »).
Dans le dictionnaire latin : levamen
1873 — le Littré
LEVAIN s. m. (le-vin)
1 Pâte aigrie, c'est-à-dire ayant subi un certain degré de fermentation acide, et qui, par là, est devenue propre à faire lever la pâte du pain. encore relevé aujourd’hui
- De même qu'un peu de levain aigrit et corrompt toute la masse qui le reçoit — LAMOTHE LEVAYER, Vertu des païens, II, Avant-propos.
Pain sans levain, voy. PAIN.
2 Toute substance capable d'exciter une fermentation dans la substance avec laquelle on la mêle. Levain de bière. encore relevé aujourd’hui
Le levain de bière est appelé levain doux, par opposition à la pâte aigrie qu'on nomme levain aigre dans les pays où les deux sortes de levain sont employés ; à Paris le pain se fait généralement au levain doux ; mais, dans une grande partie de la France, et particulièrement à la campagne où on n'a pas de levain doux, il est fait au levain aigre.
3Par extension, cause de quelque maladie comparée à une fermentation. Ce mal-là ne se guérit jamais si bien qu'il n'en reste quelque levain.
- Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non ; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles — LA FONT., Quinquina, II
Fig. Sorte de fermentation vicieuse que le péché laisse dans l'âme. Se défaire d'un vieux levain du péché.
- L'Écriture en cet endroit, en parlant de notre ennemi, entend le mauvais levain — PASC., Pens. XXV, 144, éd. HAVET.
- L'homme se trouve puni dans sa dernière postérité de la faute qui lui fit prendre le premier levain du crime — CHATEAUBR., Génie, I, I, 4
4Fig. Ce qui est capable d'exciter, comme par une fermentation, les passions, les sentiments, les doctrines, soit en bien, soit en mal.
- Ce levain de révolte et de sédition — TRISTAN, Mariane, IV, 1
- Comment ne comprenez-vous point que ce n'est pas du pain que je vous parlais, lorsque je vous ai dit de vous garder du levain des pharisiens et des saducéens ? — SACI, Bible, Év. St Math. XVI, 11
5 autres citations
- Si jamais l'Angleterre revient à soi [quitte le protestantisme], si ce levain précieux [ce qu'il y reste de catholicisme] vient un jour à sanctifier toute cette masse — BOSSUET, Reine d'Anglet.
- Il y a dans l'esprit comme un levain d'orgueil qui s'enfle et se dilate par la science — FLÉCH., Panég. II, p. 232
- Un secret levain de dissension et de discorde avait commencé depuis quelques années à troubler le repos de la Grèce — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 415, dans POUGENS
- Ne laisser germer dans mon cœur aucun levain de vengeance — J. J. ROUSS., Prom. 7
- L'interprète du ciel au fond des consciences Agite sourdement le levain des vengeances — C. DELAV., Vêp. sicil. I, 1
5 Mélange de chaux et d'alcali dont les savonniers tirent la lessive.
Historique
XIIe s.
- De ce dist sainz Paules : un pau [peu] de levains mainet tote la masse — Job, p. 442
XIIIe s.
- Ne icil talemelier [boulanger] ne puet puis cuire, se son levain n'est faiz avant que la deffence li ait esté faite ; et se son levain est fet, il puet cuire la cuite du levain — Liv. des mét. 14
XIVe s.
- En moi n'a pas tant de levain Qui mon cuer faice [fasse] si lever, K'à tel sens le puisse eslever — J. DE CONDET, p. 102
XVe s.
- Je fais tourtel d'autruy levain — E. DESCH., Poésies mss. f° 269
- Un pou [peu] de levain esgrit grant paste — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 432
1 autre citation
- Par homme ne povoit de fait Amender à Dieu le meffait Qu'avoit fait l'omme premerain ; Car tuit [tous] tenoient du levain Du pechié de leur premier pere — Myst. Barlaam et Jos. dans GUI DE CAMBRAI, p. 389
XVIe s.
- Qui au soir ne laisse levain jà ne fera lever paste au matin [il faut se précautionner d'avance contre les besoins à venir] — RAB., III, 3
- Les docteurs de l'eglise ont foudroyé contre ce levain d'impieté — CHOLIÈRES, Contes, t. II, Après-din. p. 281, dans POUGENS
Étymologie
Wall. louhain, louwain ; provenç. levam ; du lat. levamen, proprement action de lever, de levare, lever. Le provençal a aussi levat, qui vient de levatus ; l'italien, lievito, qui vient du bas-latin levitus, pour levatus ; et l'espagnol, leudo, qui vient aussi de levitus ( avec un i bref).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « levain » du Wiktionnaire.