lisière
- nature
- nom féminin
- diction
- [lizjɛʁ] · 2 syllabes
- usage
- 17 par million de mots
Sens et définitions
Nom 10
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Chausson de lisière.
- – Ah ! s’écriait le détenu en s’agrippant au grillage du parloir, la chaussure est ma vie, ma chère Louise. Songe que je ne vois plus que les brodequins sans grâce des gardiens, les lisières des collègues et tes seuls veaux du vendredi. Daniel Boulanger, Le jardin d'Armide, 1969, réédition Le Livre de Poche, 1980, page 102
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vieilli Cordon formé de deux liens ou deux rubans, qu’il a été d’usage d’attacher par derrière aux vêtements des petits enfants pour éviter le rampement et la chute quand ils commençaient à marcher.
- À remarquer la lisière (sorte de laisse)... Cette fine corde servait à éviter que l’enfant rampe comme un animal sur le sol, vestige des temps où il était perçu comme un petit animal sauvage. Michelle Fayet, « Le Déjeuner (François Boucher, 1739). Le XVIIIe, siècle lumineux de l'intimité », 20 septembre 2022, Herodote.net
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Liens, tutelle.
- On l’a enrégimenté par le honteux et coupable engin des candidatures officielles, et puis peu à peu il s’est passé de lisières ; il ne marche peut-être pas du bon côté, mais il marche avec ensemble et comme il l’entend. George Sand, Journal d'un voyageur pendant la guerre, 1871, page 170
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vieilli Extrémité d’une contrée, d’un pays considéré comme limitrophe d’un autre.
- Montfermeil est situé entre Livry et Chelles, sur la lisière méridionale de ce haut plateau qui sépare l’Ourcq de la Marne. Victor Hugo, Les Misérables, II, 3, 1 ; 1862
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Limite des glaces d’avec la mer libre.
- Toutes autres sont les conditions à l’Ouest de la baie formée dans les glaces. La lisière s’écarte pendant les mois d’été, mais ce recul est relativement insignifiant. Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928
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figuré À la limite entre deux domaines ou périodes.
- pas seulement les jours qui manquent à l'appel de la nuit la nuit qui dépasse la lisière pliures écarlates envers où l'instant fond Hélène Lanscotte, Ajours, éditions isabelle sauvage, 2017
4 emplois spécialisés
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Couture
Ce qui termine des deux côtés la largeur d’une étoffe ; la partie où la trame s’est bouclée par le retour de la navette sur elle-même.
- Allons, voyons, qui était dans cette voiture ? Et dans celle-là ? C’est votre auto au moins ? demanda-t-il en s’adressant à un peintre en bâtiments en blouse blanche et en chaussons de lisière. Jean Ray, Harry Dickson, Les Chevaliers de la lune, 1932
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Biogéographie
Limite d’un bois, d’une forêt, avec les zones déboisées.
- Les voyageurs venaient d’atteindre la lisière de la forêt et allaient s’enfoncer dans ses profondeurs. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
- Généralités Bordure d'origine d'une pièce d'étoffe, dans laquelle les fils de trame passent par-dessus les fils de chaîne.
- Techniques de tricot diverses Bord ferme du tricot formé par une colonne de mailles de lisière.
Citation
La duchesse de Bourgogne fut peut-être trop enfant pour tenir une lisière
Origine du mot
De l’ancien français lisiere, lisier.
1873 — le Littré
LISIÈRE s. f. (li-ziè-r')
1 Ce qui forme le bord d'une étoffe dans le sens de la longueur, ou, ce qui est la même chose, dans le sens de la chaîne ; ce bord est plus serré que le reste de l'étoffe. Lever les lisières d'un drap. Dans quelques étoffes, la lisière est d'un autre tissu et d'une autre couleur que le fond. encore relevé aujourd’hui
- Leurs lisières seront rayées à milles raies, dans telles couleurs que les fabricants jugeront convenable d'adopter, — Lett. patent. 5 mai 1779, art. 3
Chaussons de lisières, chaussons faits avec des lisières.
2 Cordons attachés à la robe d'un enfant pour le soutenir quand il marche ; ainsi dits parce qu'ils sont souvent faits avec de la lisière de drap. encore relevé aujourd’hui
- Émile n'aura ni bourlet ni lisières — J. J. ROUSS., Ém. II
Fig. Ce qui sert à guider, à soutenir, comme une lisière guide, soutient.
- La duchesse de Bourgogne fut peut-être trop enfant pour tenir une lisière — SAINT-SIMON, 296, 36
- Nous sommes des enfants qui essayons de faire quelques pas sans lisières — VOLT., Philos. Ignor. 14
4 autres citations
- Nous sommes de vieux enfants ; Nos erreurs sont nos lisières, Et les vanités légères Nous bercent en cheveux blancs — ID., Épître LXXXVIII
- Leur dérober sans cesse leurs lisières, afin de conserver en eux le sentiment de la dignité, de la franchise, de la liberté — DIDER., Lett. à la comtesse de Corbach
- Elle a coupé ses lisières disait-elle, avec le vrai couteau — ID., Sur la princesse Dachekof.
- Nous n'étions plus menés et retenus à la lisière comme chez Mme Geoffrin — MARMONTEL, Mém. VII
Fig. Il sera toujours à la lisière, c'est un homme qu'on mène à la lisière, par la lisière, se dit d'un homme qui se laisse gouverner.
3 Parties extrêmes d'un champ, d'un pays, par comparaison avec la lisière qui borde une étoffe. La lisière de Champagne, de Picardie. La lisière, les lisières d'un bois, d'une forêt. encore relevé aujourd’hui
- Du côté de la terre, au delà de cette large lisière de palétuviers... s'étendent encore des savanes noyées — BUFF., 6e époq. nat. Œuv. t. XII, p. 301, dans POUGENS
- La lisière du bois était bordée d'une infinité de noisetiers, de mûriers et de framboisiers — GENLIS, Veillées du chât. t. II, p. 456, dans POUGENS
1 autre citation
- Cette lisière, d'une admirable fertilité, formée par les fleuves et par la mer, est pour ces pays un don d'autant plus précieux.... — CUVIER, Rév. p. 161
Fig.
- Il y a une lisière de convention sur laquelle on permet à l'art de se promener — DIDER., Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 328
Par extension, les plantes mêmes qui viennent sur le bord d'un terrain.
- Près de là croissaient des lisières de pervenche — BERN. DE ST.-P., Paul et Virginie.
Terme d'eaux et forêts. Les arbres qui se trouvent sur l'extrémité d'un bois, d'un canton de bois, ou même d'une coupe.
4 Adj. Vaches lisières, deuxième classe de vaches laitières dans le système de classification de Guenon, caractérisées par un écusson qui s'élève, des mamelles jusqu'à la vulve, sous forme d'une bande étroite comme une lisière. non relevé aujourd’hui
Historique
XIIIe s.
- Nus ne puet avoir drap espaulé, c'est à savoir drap delquel la chayne ne fust aussi bone au milieu come aus lisieres, que il ne soit en vingt sols d'amende — Liv. des mét. 121
- Estanforz et tous dras à lisiere — ib. 393
XVIe s.
- Timoleon n'estoit encore que attaché, par maniere de dire, à une petite lisiere de la Sicile, n'y tenant encore que la petite ville de Tauromenion avec bien peu de puissance — AMYOT, Timol. 16
- Faut que les bandes n'ayent aucun ourlet, liziere, ny cousture — PARÉ, XII, 1
1 autre citation
- [les différentes rimes qui entrent dans une pièce de vers sont appelées] lisieres c'est à dire terminaisons — FABRI, Art. de rhétor. livre II, f° 40, dans LACURNE
Étymologie
Berry, liseire ; esp. lisiera. Lisière est, d'après Diez, pour listière, et est dérivé de liste, bordure (voy. LISTE 1). Cela paraît très probable ; cette étymologie est encore appuyée par lisse 4, qui est évidemment pour liste.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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