marais

nature
nom masculin
diction
[maʁɛ] · 2 syllabes
usage
18 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

4 emplois spécialisés
  1. Géographie Étendue de terrain périodiquement inondée ou continuellement humide, recouverte d’une nappe d’eau peu profonde.
    • La présence des diatomées révèle également des apports marins, avec beaucoup d’espèces prospérant dans les marais côtiers et les étangs tourbeux. Muriel Boulen, « Approche environnementale des sociétés humaines », dans La Fabrique de la France, sous la direction de Dominique Garcia, Flammarion/Inrap, 2021, page 271
  2. Horticulture vieilli Terrain, riche en humus, destiné au maraîchage.
    • Qu’y a-t-il sur les branches des chênes, quand l’ombre verse sa cendre fine sur les marais ? Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , XCII. « Qu’y a-t-il au fond des landes tristes », E. Sansot et Cie, 1907, page 189
  3. Géomorphologie et géomorphogénie Nappe d'eau stagnante de faible profondeur, envahie par la végétation.
  4. Généralités Nappe d'eau stagnante de faible profondeur, envahie par la végétation aquatique.

Formes fléchies 2

  1. Première personne du singulier de l’indicatif imparfait de marer.
  2. Deuxième personne du singulier de l’indicatif imparfait de marer.

Citation

Un rat plein d'embonpoint, gras et des mieux nourris, Et qui ne connaissait l'avent ni le carême, Sur le bord d'un marais égayait ses esprits
Jean de La Fontaine, Fabl. IV, 11

Origine du mot

Wallon, maras' ; Hainaut, marache ; ital. marese ; bas-lat. mariscus. Comme maria (plur. de mare) avait pris, d'après Isidore et d'autres documents, le sens de masse d'eau douce ou salée, on en forma le bas-latin mara, mare (voy. ce mot) ; d'où l'italien marese et le français marais ; cette dérivation s'appuie encore sur le provençal marese, marin, qui vient de mare ou mara. Mais, comme marais a donné maresc, marescage, maraischer, il est probable qu'il y a eu intervention du germanique : anc. flam. maerasch, marais ; holl. maras ; allem. Marsch. — Littré, 1873

1873 — le Littré

MARAIS s. m. (ma-rê ; l's se lie : un ma-rê-z impraticable)

1 Terrain non cultivé, très humide ou incomplétement couvert d'une eau qui est sans écoulement. encore relevé aujourd’hui

  • Un rat plein d'embonpoint, gras et des mieux nourris, Et qui ne connaissait l'avent ni le carême, Sur le bord d'un marais égayait ses esprits — LA FONT., Fabl. IV, 11
  • Don Francisco de Mellos l'attend de pied ferme [Condé à Rocroy] ; et, sans pouvoir reculer, les deux généraux et les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos — BOSSUET, Louis de Bourbon.
5 autres citations
  • Songez que Paris, qui n'est pas d'un dixième moins grand que Londres, n'était alors [dans l'antiquité] qu'une petite cité barbare ; Amsterdam n'était qu'un marais.... — VOLT., Dial. 24
  • Le Don, qui se réunit avec le Donjec, forme, avant que d'arriver à la mer Noire, un lac ou marais fort considérable qu'on appelle le Palus Méotide, dont l'étendue est de plus de cent lieues en longueur sur vingt ou vingt-cinq de largeur — BUFF., Hist. nat. Preuv. th. terr. Œuvres, t. II, p. 152
  • Immobile au milieu de ses dormantes eaux, Le marais paresseux tranquillement sommeille Sur le limon fangeux qui nourrit ses roseaux — DELILLE, Convers. I
  • Marius s'est réfugié dans ces marais de Minturnes, près de la demeure de Scipion — STAËL, Corinne, XIII, 4
  • S'il est vrai qu'il soit très dangereux de s'endormir en traversant les marais Pontins, l'invincible sommeil qu'ils inspirent dans la chaleur est encore une des impressions perfides que ce lieu fait éprouver — ID., ib.

Marais verts, marais recouverts d'une couche de gazon ou d'herbages souvent assez élevés.

Fièvre de marais, fièvre intermittente causée par les effluves des marais.

Fig. Se sauver par les marais, à travers les marais, se tirer comme on peut d'un péril, d'un embarras, d'un mauvais pas (voy. à l'historique, dans un exemple de Brantôme, l'origine de cette locution).

  • Je me jetterai sans balancer dans la bourgeoisie de Paris, je montrerai les baux de mes maisons.... enfin je tâcherai de me sauver par les marais comme je pourrai, plutôt que de payer cinq ou six cents livres pour un homme d'arrière-ban — SÉV., 13 avr. 1689
  • Il [Guillaume III] vient de pêcher en eau trouble une île tout entière ; ailleurs, à la vérité, il est battu et poursuivi, mais il se sauve par les marais, et ne veut écouter ni paix ni trêve — LA BRUY., XII

2 Marais salant, terre où l'on fait venir l'eau de la mer pour faire du sel.

3 À Paris et aux environs, terrain bas où l'on fait venir des légumes.

4 Le Marais, quartier de Paris, qu'on nomme aussi quartier du Temple.

  • Adieu, beau quartier des Marets [écrit ainsi pour rimer aux yeux], C'est avecque mille regrets Qu'une très pressante besoigne Pour quelque temps de vous m'éloigne — SCARR., Poésies diverses, t. VII, p. 26
  • Tout bon fainéant du Marais Fait des vers qui ne coûtent guère ; Pour moi, c'est ainsi que j'en fais ; Et, si je les voulais mieux faire, Je les ferais bien plus mauvais — CHAPELLE, Épigr. en réponse à Despréaux
1 autre citation
  • M'ayant entendu demander le chemin du Marais, qui est le quartier le plus éloigné de Paris ; j'y vais, me dit-il, et je vous y conduirai ; suivez-moi — MONTESQ., Lett. pers. 31

Demoiselles du Marais, nom qu'on donnait aux courtisanes, à cause qu'il y en avait toujours beaucoup dans ce quartier-là.

5 Le marais ou la plaine, se disait du parti du centre à la Convention, composé de modérés ; par opposition à la montagne.

Historique

XIIe s.

  • A tant s'en torne très parmi le marois — Raoul de C. 84

XIIIe s.

  • Gefroi de la Chapele dit que l'en ne puet avoir conduit joint à la meson commune qui reçoit l'aau ou de ciel ou de marois — Liv. de jost. 139

XVe s.

  • Ils furent informés que ens uns grands marès qui là sont en une vallée, avoit la plus belle proie du monde — FROISS., II, II, 141
  • Un lieu où il souloit avoir un vivier, qui pieça atterry et vint en prez, et de present est en maresqs — DU CANGE, mariscus.

XVIe s.

  • [Au siége de la Rochelle, dans une terreur panique] plusieurs eurent telle frayeur qu'ils aviserent à se sauver par les marais, et plusieurs s'y enfuirent qui furent après reconnus par la boue qui en estoit empreinte en leurs chalesses [sic] — BRANT., Cap. franç. t. IV, p. 281, dans LACURNE
Étymologie

Wallon, maras' ; Hainaut, marache ; ital. marese ; bas-lat. mariscus. Comme maria (plur. de mare) avait pris, d'après Isidore et d'autres documents, le sens de masse d'eau douce ou salée, on en forma le bas-latin mara, mare (voy. ce mot) ; d'où l'italien marese et le français marais ; cette dérivation s'appuie encore sur le provençal marese, marin, qui vient de mare ou mara. Mais, comme marais a donné maresc, marescage, maraischer, il est probable qu'il y a eu intervention du germanique : anc. flam. maerasch, marais ; holl. maras ; allem. Marsch.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « marais » du Wiktionnaire.

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