moquer

nature
ver
diction
[moke] · 2 syllabes
usage
21 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 6

  1. Se railler de quelqu’un ou de quelque chose, en rire, en faire un sujet de plaisanterie ou de dérision.
    • Son visage portait les marques de la plus profonde perplexité et, visiblement, il se demandait si Tacherot ne se moquait pas un peu de lui. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 76
  2. Mépriser, braver, témoigner son dédain.
    • Ainsi, Georges ne se mit pas en colère de tout le repas, bien que mes compagnons me taquinassent et se moquassent de ma naïveté. Jean Henrion, Moi, Georges de La Tour, peintre fameux , Éditions Apolline (Les 2 encres), 2000, p. 61
  3. Ne pas parler, ne pas agir sérieusement.
    • Vous vous moquez, je pense.
  4. Traiter avec trop de cérémonie, pousser trop loin la politesse.
    • Tu te moques de moi, je ne passerai pas avant toi.
  5. soutenu Tourner en ridicule.
    • Ils me moquent et je ris avec eux mais rien n’y fait, rien n’y fera. Jean-Paul Sartre, Les Mots, 1964, éditions Gallimard ; réédition Folio, page 165
  6. (s'en moquer) pas s'intéresser de

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. je moque
  2. tu moques
  3. il moque
  4. nous moquons
  5. vous moquez
  6. ils moquent

Imparfait

  1. je moquais
  2. tu moquais
  3. il moquait
  4. nous moquions
  5. vous moquiez
  6. ils moquaient

Passé simple

  1. je moquai
  2. tu moquas
  3. il moqua
  4. nous moquâmes
  5. vous moquâtes
  6. ils moquèrent

Futur simple

  1. je moquerai
  2. tu moqueras
  3. il moquera
  4. nous moquerons
  5. vous moquerez
  6. ils moqueront

Passé composé

  1. j'ai moqué
  2. tu as moqué
  3. il a moqué
  4. nous avons moqué
  5. vous avez moqué
  6. ils ont moqué

Plus-que-parfait

  1. j'avais moqué
  2. tu avais moqué
  3. il avait moqué
  4. nous avions moqué
  5. vous aviez moqué
  6. ils avaient moqué

Passé antérieur

  1. j'eus moqué
  2. tu eus moqué
  3. il eut moqué
  4. nous eûmes moqué
  5. vous eûtes moqué
  6. ils eurent moqué

Futur antérieur

  1. j'aurai moqué
  2. tu auras moqué
  3. il aura moqué
  4. nous aurons moqué
  5. vous aurez moqué
  6. ils auront moqué

Subjonctif

Présent

  1. je moque
  2. tu moques
  3. il moque
  4. nous moquions
  5. vous moquiez
  6. ils moquent

Imparfait

  1. je moquasse
  2. tu moquasses
  3. il moquât
  4. nous moquassions
  5. vous moquassiez
  6. ils moquassent

Passé

  1. j'aie moqué
  2. tu aies moqué
  3. il ait moqué
  4. nous ayons moqué
  5. vous ayez moqué
  6. ils aient moqué

Plus-que-parfait

  1. j'eusse moqué
  2. tu eusses moqué
  3. il eût moqué
  4. nous eussions moqué
  5. vous eussiez moqué
  6. ils eussent moqué

Conditionnel

Présent

  1. je moquerais
  2. tu moquerais
  3. il moquerait
  4. nous moquerions
  5. vous moqueriez
  6. ils moqueraient

Passé

  1. j'aurais moqué
  2. tu aurais moqué
  3. il aurait moqué
  4. nous aurions moqué
  5. vous auriez moqué
  6. ils auraient moqué

Impératif

Présent

  1. moque
  2. moquons
  3. moquez

Passé

  1. aie moqué
  2. ayons moqué
  3. ayez moqué

Formes impersonnelles

Infinitif présent
moquer
Participe présent
moquant
Participe passé
moqué

Origine du mot

Provenç. mochar ; angl. to mock. Diez rapproche l'espagnol mueca, grimace, de moquer, qu'il tire, comme la plupart des étymologistes, du grec μωϰᾷν, railler. Cette étymologie paraît plausible ; cependant on ne voit pas comment un verbe grec serait entré, sans intermédiaire latin, dans le provençal et le français, et y serait entré sans pénétrer simultanément dans l'espagnol et l'italien ; car l'assimilation de mueca et de μωϰᾷν est très problématique. Le celtique a : kimry, moc, moquerie, mociaw, se moquer ; gaél. mag, se moquer ; on pourrait y voir l'origine de notre mot. Enfin Scheler, repoussant aussi le verbe grec, croit que moquer est la forme picarde de moucher (ce qui pourrait être en effet), et que moquer ou moucher est une locution figurée pour railler, duper : se moucher de quelqu'un, à peu près comme les latins disaient emungere, qui signifiait à la fois se moucher, et duper, railler. Cette étymologie est fortement appuyée par l'exemple du XIVe siècle qui rend subsannare, railler, par mouquer ; elle l'est aussi par le sens populaire de moucher, qui veut dire corriger un homme, le battre : je l'ai mouché ; tu vas te faire moucher. — Littré, 1873

1873 — le Littré

MOQUER (SE) v. réfl. (mo-ké)

1 Tourner en ridicule quelqu'un. encore relevé aujourd’hui

  • On ne rit point du ridicule des gens qu'on ne connaît point ; voilà pourquoi M. de Mazarin disait qu'il ne se moquait jamais que de ses parents et de ses amis — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 19 févr. 1766

Tourner en ridicule quelque chose.

  • Des mystères sacrés hautement se moquait — CORN., Poly. III, 2
  • Pour se moquer de leur religion [des Égyptiens], il [Cambyse] avait fait tuer le dieu Apis, c'est-à-dire le taureau sacré qu'ils adoraient sous ce nom — ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. V, p. 525, dans POUGENS
3 autres citations
  • On commence à respecter très peu l'aventure de Curtius, qui referma un gouffre en se précipitant au fond lui et son cheval ; on se moque des boucliers descendus du ciel — VOLT., Mél. hist. Fragm. s. l'hist. art. XII
  • On se plaignait de l'envie en Grèce, on s'en plaignait à Rome, et je m'en moque quelquefois en France — ID., Lett. Chabanon, 4 juill. 1768
  • La malignité saisit un ridicule et s'en moque ; la sottise se moque sans aucune raison — GENLIS, Ad. et Théod. t. III, p. 237, dans POUGENS

2 Témoigner par des paroles ou par des actes qu'on ne fait nul cas de quelqu'un ou de quelque chose. encore relevé aujourd’hui

  • Faisons nos sûretés et moquons-nous du reste — CORN., Othon, II, 4
  • Ce héros voit la fourbe et s'en moque dans l'âme — ID., Pomp. II, 2
7 autres citations
  • Je me moque de ces auteurs-là, s'ils sont contraires à la tradition — PASC., Prov. IV
  • Si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous.... nous trouverons que vous avez raison — SÉV., 9
  • Je me moque de ces moments d'amitié qui ne laissent aucun crédit à ceux que l'on aime — ID., 570
  • Il se moque des lois, se rit des immortels — QUIN., Agrippa, I, 5
  • À peine Mme du Maine fut-elle mariée qu'elle se moqua de tout ce que M. le Prince lui put dire — Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 247, dans POUGENS
  • Antoine, qui se voyait aux portes de Rome à la tête d'un puissant corps de troupes, se moqua du décret — VERTOT, Révol. rom. XIV, 314
  • Pie II envoya, au roi une épée bénite, mais il se moqua de lui, et ne donna point à son cousin le royaume de Naples — VOLT., Hist. parlem. ch. X

Je m'en moque comme de l'an quarante, sous-entendu de la république, dicton employé par les royalistes pour exprimer qu'on ne verrait jamais l'an quarante de la république.

Se moquer du monde, se moquer des gens, ne pas parler d'une manière sérieuse, ne pas mériter l'attention.

  • N'est-ce pas se moquer des gens ? — SÉV., 28
  • On ne peut se moquer du monde d'une façon plus grossière — BOSSUET, Var. 11
3 autres citations
  • Voilà une drôle de façon d'honorer un honnête homme, que de mettre une troupe de coquins après lui, c'est se moquer du monde — MARIVAUX, Double inconst. I, 10
  • L'ange Ituriel se moque du monde, de vouloir détruire une ville si charmante — VOLT., Babouc.
  • Allez, monsieur, vous vous moquez des gens — BOISSY, Français à Londres, 16

C'est se moquer de Dieu et du monde d'agir ainsi, c'est-à-dire c'est fouler aux pieds toutes sortes de lois.

3 Se moquer de, suivi d'un infinitif, n'agir pas raisonnablement. Il se moque de soutenir une chose si absurde. encore relevé aujourd’hui

  • Elle se moque de se piquer de jeunesse — LA BRUY., III

4 Refuser en ridiculisant, ne pas tenir à. encore relevé aujourd’hui

  • Je me moquerais fort de prendre un tel époux — MOL., Tart. II, 2
  • Je veux ce soir lui donner pour époux un homme aussi riche que sage ; et la coquine me dit au nez qu'elle se moque de le prendre — ID., l'Av. I, 7

5 Absolument. Ne pas parler, ne pas agir sérieusement. repris par le Wiktionnaire

  • En nous flattant il semble qu'il se moque — MAIRET, Soliman, V, 3
  • On crut qu'il se moquait ; on sourit, mais à tort — LA FONT., Fabl. IV, 18
3 autres citations
  • Votre père se moque ; et ce sont des chansons — MOL., Tart. II, 4
  • Ah, monsieur Fleurant, c'est se moquer, il faut vivre avec les malades — ID., Mal. imag. I, 1
  • Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Guiche au monde ; vous vous moquez avec vos longues douleurs — SÉV., 28 déc. 1673

Par civilité. Vous vous moquez de moi, vous vous moquez, c'est-à-dire vous me traitez avec trop de cérémonie, vous poussez trop loin la politesse.

  • Éraste : Je vous prie de m'excuser de l'incivilité que je commets. - M. de Pourceaugnac : Vous vous moquez — MOL., Pourc. I, 10
  • Il me dit que je me moquais ; que ces compliments ne se faisaient pas entre amis — HAMILT., Gramm. 9
1 autre citation
  • Vous moquez-vous ? de grâce, ne prenez pas garde à moi ; entre amis et voisins les compliments doivent être bannis — GENLIS, Théâtre d'éduc. le Vrai sage, II, 6

6 Être moqué, être tourné en ridicule. encore relevé aujourd’hui

  • Les esprits forts qui s'étaient moqués de la fée furent moqués à leur tour — J. J. ROUSS., Reine Fantasque.
  • Qui n'a pas été opprimé par les puissants, moqué par les faibles, fui et abandonné par tous les hommes ! — VAUVENARGUES, Orat. chagrin.

7 Se faire moquer, être tourné en ridicule. Il s'est fait moquer pour sa conduite étourdie. Il s'est fait moquer de tout le monde. encore relevé aujourd’hui

Proverbes

La pelle se moque du fourgon, se dit lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.

  • L'abbé Testu dit rudement à notre voisine : Mais, madame, si elle vous avait répondu que la pelle se moque du fourgon, qu'auriez-vous dit ? Monsieur, dit-elle, je ne suis point une pelle, et elle est un fourgon — SÉV., 387

Il ne faut pas se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, c'est-à-dire il ne faut pas choquer un homme tant qu'on est dans un lieu où il peut vous nuire.

Donner à plus riche que soi, le diable s'en moque, signifie que, les largesses faites à des riches étant rarement désintéressées, le diable ne doit pas en tenir compte, ou bien qu'il est ridicule de donner à plus riche que soi.

Remarque

1. On notera que moquer a une forme passive, bien qu'il n'ait pas de forme active. On ne dit pas moquer quelqu'un ; mais on dit être moqué par quelqu'un. L'ancienne langue employait régulièrement l'actif.

2. À côté de se faire moquer, tournure qui est la tournure régulière, il s'en est introduit une autre qui est complétement inconciliable avec la syntaxe ; c'est : vous vous ferez moquer de vous, il s'est fait moquer de lui, etc. De vous, de lui, etc. ne peuvent se construire : faire moquer soi de soi, ne signifie rien. Cependant il faut ajouter que cette locution, tout opposée à la grammaire et même toute barbare qu'elle est, a pour elle l'usage, l'autorité de l'Académie et celle des exemples. Malgré ces exemples, et quoique cette tournure se trouve dans Charron dès le XVIe siècle, on fera bien de l'éviter soit en parlant soit en écrivant.

  • Ne vaut-il pas mieux porter son mal en patience, que de se faire moquer de soi par des regrets inutiles ? — D'ABLANCOURT, Lucien, Dial. des morts, Achille et Antiloque.
  • Il se fait moquer de lui en public à cause de sa timidité — ID., Lucien, Jupiter le tragique.
8 autres citations
  • Xanthus avait une femme de goût assez délicat, et à qui toutes sortes de gens ne plaisaient pas ; si bien que de lui aller présenter sérieusement son nouvel esclave [Ésope], il n'y avait pas d'apparence, à moins qu'il ne la voulût mettre en colère et se faire moquer de lui — LA FONT., Vie d'Esope.
  • C'est un orgueil indiscipliné qui se vante, qui va à la gloire avec un empressement trop visible ; il se fait moquer de lui — BOSSUET, Pensées chrét. 21
  • Je me ferais moquer de moi — DANCOURT, les Bourgeoises à la mode, IV, 6
  • Certains particuliers qui.... excitent par une dépense excessive et par un faste ridicule les traits et la raillerie de toute une ville qu'ils croient éblouir, et se ruinent ainsi à se faire moquer de soi — LA BRUY., VII
  • Albergotti s'évanouit chez Mme de Maintenon, et, tout à la mode qu'il fût, se fit moquer de lui — SAINT-SIMON, 12, 143
  • Je crus que je me ferais moquer de moi, si je m'expliquais d'une manière bien claire — MONTESQ., Lett. pers. 130
  • Un étranger qui écrirait en français croirait bien faire que d'emprunter beaucoup de phrases à Molière, et se ferait moquer de lui — D'ALEMB., Mél. t. V, Sur la latinité des modernes.
  • Tu te fais moquer de toi par les voyageurs qui descendent dans cette auberge — PICARD, la Petite ville, II, 1
Historique

XIIIe s.

  • Teus [tel] me tient ore en grant honneur et en grant reverence qui adont se moqueroit de moi — Hist. litt. de la France, t. XXIII, p. 727
  • Vostre orguel ne vaut une coque ; Sachiés que fortune vous moque — la Rose, 6542
3 autres citations
  • De joste son seignor se sist Au mangier, et maintenant rist De Renart qui les a moquiez — Ren. 22137
  • Le bon comte de Soissons, en ce point là où nous estions, se moquoit à moy [plaisantait avec moi] et me disoit : Seneschal, lessons huer ceste chiennaille — JOINV., 228
  • Sa fame et si enfant vraiement s'en anuient ; Li estrange le moquent, et li sien le defuient [fuient] — J. DE MEUNG, Test. 186

XIVe s.

  • Quant l'empereur vist l'escript, il fut tout esmerveillé, et dit que le clerc s'estoit moqué de luy — Modus, f° CXIX
  • Nariller, frotter la narine ou mouquer [subsannare] — DU CANGE, narire.

XVe s.

  • Ainsi de moy fort amour se mocquoit — CH. D'ORL., I

XVIe s.

  • Et que le mocqueur soit à mocquer si adestre, Que le mocqué s'en rie, et ne pense pas l'estre — RONS., 659
  • Ils y apprenoient à s'entre-moquer plaisamment, et à ne se courroucer point pour estre semblablement moquez — AMYOT, Lyc. 19
6 autres citations
  • Les tribuns ne se feirent que rire et moquer de ceste advertissement — ID., Cam. 23
  • Diogenes, à un qui luy disoit, " Ceux là se moquent de toy, " " Je ne m'en tiens, dit-il, point pour moqué. " Voulant dire qu'il reputoit ceulx là seuls estre moquez, qui se passionnent et se troublent pour des moqueries — ID., Fab. 23
  • Et ce je appelle moque Dieu, non oraison — RAB., Garg. I, 40
  • Qui de nous ne se mocque de veoir.... — MONT., I, 84
  • Le fourgon se mocque de la paele — ID., III, 388
  • Elle [la vieillesse] se faict mocquer d'elle — CHARRON, Sagesse, I, 36
Étymologie

Provenç. mochar ; angl. to mock. Diez rapproche l'espagnol mueca, grimace, de moquer, qu'il tire, comme la plupart des étymologistes, du grec μωϰᾷν, railler. Cette étymologie paraît plausible ; cependant on ne voit pas comment un verbe grec serait entré, sans intermédiaire latin, dans le provençal et le français, et y serait entré sans pénétrer simultanément dans l'espagnol et l'italien ; car l'assimilation de mueca et de μωϰᾷν est très problématique. Le celtique a : kimry, moc, moquerie, mociaw, se moquer ; gaél. mag, se moquer ; on pourrait y voir l'origine de notre mot. Enfin Scheler, repoussant aussi le verbe grec, croit que moquer est la forme picarde de moucher (ce qui pourrait être en effet), et que moquer ou moucher est une locution figurée pour railler, duper : se moucher de quelqu'un, à peu près comme les latins disaient emungere, qui signifiait à la fois se moucher, et duper, railler. Cette étymologie est fortement appuyée par l'exemple du XIVe siècle qui rend subsannare, railler, par mouquer ; elle l'est aussi par le sens populaire de moucher, qui veut dire corriger un homme, le battre : je l'ai mouché ; tu vas te faire moucher.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « moquer » du Wiktionnaire.

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