mutin

nature
nom masculin
diction
[mytɛ̃] · 2 syllabes
attesté
1470
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Espiègle, badin, moqueur.
    • La vie et la jeunesse étalaient leurs trésors sur ce visage mutin. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  2. Qui est séditieux, révolté, qui participe à une mutinerie.
    • Arrivé rue des Cuirassiers les soldats firent entendre raison aux mutins […] L'Espérance (Perpignan) du 4 janvier 1882

Nom 2

  1. Celui qui est espiègle, badin.
  2. Celui qui participe à une mutinerie.
    • Comme un mutin mis aux fers, je restais immobile, et même l’arrivée d’un boulet rouge n'aurait pu parvenir à me faire avancer ou reculer. Michel Leiris, Aurora, 1946

Citation

Et la ville calmée... N'a plus à redouter le divorce intestin Du soldat insolent et du peuple mutin
Pierre Corneille, Pomp. IV, 3

Origine du mot

Français du XVIe s. mutin, mutinerie (Pour ce que à leur mutin s'estoit monstré tousjours pour la querelle populaire, JEAN D'AUTON, Ann. de Louis XII, p. 64, dans LACURNE) ; espagn. motin, mutinerie ; ital. ammutinarse. Diez le tire de l'anc. franç. meute ou muete, trouble, insurrection. Le sens est bon ; mais la voyelle fait difficulté ; et comment l'espagnol et l'italien ont-ils ce mot ? — Littré, 1873

1873 — le Littré

MUTIN, INE adj. (mu-tin, ti-n')

1 Qui se révolte. Enfant mutin. Elle est mutine. Peuple séditieux et mutin. encore relevé aujourd’hui

  • Et la ville calmée... N'a plus à redouter le divorce intestin Du soldat insolent et du peuple mutin — CORN., Pomp. IV, 3
  • Vas-tu, grand défenseur des droits de ton église, De tes moines mutins réprimer l'entreprise ? — BOILEAU, Épître II

S. m. et f. Un mutin, une mutine.

  • Oui, par votre secours, Rome, cette mutine, Par ses murs entr'ouverts, voit déjà sa ruine — DU RYER, Scévole, I, 1
  • Les a-t-on vus [les chrétiens] mutins ? les a-t-on vus rebelles ? — CORN., Poly. IV, 6
4 autres citations
  • Tant que j'ai fait le mutin contre la persécution, j'ai souffert comme un damné, et j'ai tellement agrandi mes maux par l'impatience.... — BUSSY, dans SÉVIGNÉ, t. V, p. 403, édit. RÉGNIER.
  • Votre plus court sera, madame la mutine, D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine — MOL., Sgan. 1
  • Le vrai intérêt de ceux qui gouvernent est d'intéresser à leur conservation les peuples soumis ; ainsi l'étranger est repoussé avec zèle, le mutin et le séditieux n'est pas écouté — BOSSUET, 5e avert. § 56
  • Malgré leur insolence Les mutins n'oseraient soutenir ma présence — RAC., Mithr. IV, 6

Fig.

  • Régnez sur votre cœur avant que sur Bysance, Et, domptant comme moi ce dangereux mutin... — CORN., Héracl. III, 1

Faire le mutin, se fâcher, s'emporter.

  • On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre ; il met tout en déroute, Fait le petit mutin — REGNARD, le Joueur, III, 13

2 Il se dit aussi des choses. Caractère mutin.

  • Calme les flots mutins, dissipe les tempêtes — CORN., Inscriptions mises sous des estampes, VIII, Défaite dans l'île de Rhé
  • Et lui-même à toute heure il se fait violence Pour vaincre de ses sens la mutine insolence — ID., Imit. I, 24
1 autre citation
  • Tel est le cœur humain, surtout celui des femmes : Un ascendant mutin fait naître dans nos âmes, Pour ce qu'on nous permet, un dégoût triomphant, Et le goût le plus vif pour ce qu'on nous défend — PIRON, Métrom. II, 4

Un visage, un air mutin, un œil mutin, un visage, un air, un œil vif, éveillé, piquant.

  • J'ai le pied leste et l'œil mutin, Soldats, voilà Catin — BÉRANG., Vivand.
Historique

XVIe s.

  • Il n'y a remede, je tremble, De despit ha je suis mutin — P. GRINGOIRE, Farce à la suite du jeu du prince des sots.
  • Les plus seditieux et plus mutins — AMYOT, Cor. 17
2 autres citations
  • Homme mutin, brusque roussin, flascon de vin prennent tost fin — COTGRAVE
  • Il retenoit du badaudage, Et faisoit un peu le mutin, Quand on le sangloit trop matin — Sat. Ménippée, l'Asne ligueur
Étymologie

Français du XVIe s. mutin, mutinerie (Pour ce que à leur mutin s'estoit monstré tousjours pour la querelle populaire, JEAN D'AUTON, Ann. de Louis XII, p. 64, dans LACURNE) ; espagn. motin, mutinerie ; ital. ammutinarse. Diez le tire de l'anc. franç. meute ou muete, trouble, insurrection. Le sens est bon ; mais la voyelle fait difficulté ; et comment l'espagnol et l'italien ont-ils ce mot ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mutin » du Wiktionnaire.

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