teint

nature
nom masculin
diction
[tɛ̃] · 1 syllabe
usage
28 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 2

  1. Dont la couleur a été changée par teinture.
    • Il a les cheveux teints.
  2. figuré Imprégné des conséquences d’un acte, ou d’une façon particulière de penser.
    • La plupart des mots ne sont-ils pas teints de l’idée qu’ils représentent extérieurement ? à quel génie sont-ils dus ! Honoré de Balzac, Louis Lambert, 1832

Nom 2

  1. Manière de teindre ; couleur obtenue par la teinture.
    • un soleil mauvais teint s’étiole sur les chaises cannées. Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 38
  2. Coloris du visage.
    • Le reste du visage se composait d’un teint rosé, d’une lèvre mince, surmontée d’une moustache fauve et de dents admirables. Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV

Formes fléchies 2

  1. Participe passé masculin singulier de teindre.
  2. Troisième personne du singulier du présent de teindre.
    • Quand je vois maintenant passer une poutrône Qui se teint la tignasse et se peint le museau, C’est à courir piquer sa tête dans le Rhône Pour se désemplâtrer et se rincer la peau. Joanny Gonindard, Au gré du vent, 2016

Citation

Soudain son visage a changé, son teint s'est éclairci, ses yeux se sont animés
Molière, Am. méd. III, 6

Proverbes et citations

Origine du mot

Teint 1 ; provenç. tenh ; catal. tint ; espagn. tinte ; ital. tinto. — Littré, 1873

1873 — le Littré

TEINT1 s. m. (tin)

Manière de teindre. Drap bon teint. Cette étoffe est mauvais teint.

  • Des trois couleurs primitives que la teinture emploie, le rouge, le jaune et le bleu, il n'y a plus que le jaune qui ne présente pas un degré de solidité suffisant pour qu'on puisse le regarder comme couleur fixe ou bon teint — CHAPTAL, Instit. Mém. scienc. t. II, p. 507

Le grand teint, ou le bon teint, le teint qui est fait avec des drogues chères et propres à donner une couleur solide, et résistant à la détérioration exercée par le soleil. Le petit teint, ou le mauvais teint, ou le faux teint, teinture faite avec de mauvaises drogues et qui s'altère facilement.

  • Il sera libre à tous fabricants de teindre et peindre, faire teindre et peindre les étoffes, toiles ou toileries en grand ou en petit teint ou en couleur mélangée de grand et petit teint.... le plomb de bon teint ne sera apposé que sur celles teintes en bon teint ; et, à l'égard de celles teintes en petit teint ou en couleur mélangée, il ne pourra y être mis que le plomb de petit teint — Lett. patent. 5 mai 1779, art. 8
  • Fixer sur les tissus plusieurs couleurs qu'on regardait comme faux teint — CHAPTAL, Instit. Mém. Acad. scienc. t. I, p. 348
1 autre citation
  • Ces mêmes auteurs [grecs] distinguent les couleurs en couleurs fugaces et couleurs permanentes, comme nous les distinguons aujourd'hui en couleurs de grand teint et couleurs de petit teint — AMEILHON, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. III, p. 362

Grand-teint, titre d'une communauté de teinturiers qui ne pouvaient employer que des drogues de première qualité.

Historique

XIIe s.

  • De loin reluit li teinz et li blasons — Ronc. p. 132

XIIIe s.

  • Dame, c'est uns tains de folie, Qui par le païs est espars — Lai du conseil

XVIe s.

  • La campagne recolorée Du teint de ses plus belles fleurs — DU BELLAY, Œuvres, p. 322, dans LACURNE
Étymologie

Teint 1 ; provenç. tenh ; catal. tint ; espagn. tinte ; ital. tinto.

TEINT2 s. m. (tin ; le t ne se lie pas : un tin olivâtre ; au pluriel, l's se lie : des tin-z-olivâtres)

Le coloris du visage. repris par le Wiktionnaire

  • Sur l'éclat d'un beau teint qu'on voit si périssable — CORN., Mélite, I, 1
  • Comme dans ces prisons son teint s'est altéré ! — ROTR., Herc. mour. II, 4
13 autres citations
  • Soudain son visage a changé, son teint s'est éclairci, ses yeux se sont animés — MOL., Am. méd. III, 6
  • Jamais je ne vous vis un teint si frais et si gaillard — ID., l'Av. II, 6
  • C'est un grand déplaisir que votre beau teint ne puisse pas soutenir l'air de Provence — SÉV., 80
  • La reine [ femme de Jacques II] maigre et des yeux qui ont pleuré, mais beaux et noirs, un beau teint, un peu pâle — ID., 505
  • Elle a la taille fort belle, les yeux beaux, le teint fort uni, mais un peu trop chargé de rouge — FLÉCH., les Grands jours d'Auv.
  • Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ? — BOILEAU, Sat. III
  • Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, Et dans quatre mouchoirs, de sa beauté salis, Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis — ID., ib. x.
  • L'or même à la laideur donne un teint de beauté — ID., ib. VIII
  • Qu'il paraît bien nourri ! quel vermillon ! quel teint ! — ID., ib. X
  • La pâleur de la mort est déjà sur son teint — RAC., Phèdre, v, 5
  • Dieux puissants ! quelle étrange pâleur De son teint tout à coup efface la couleur ! — ID., Esth. II, 7
  • Si les femmes étaient telles naturellement qu'elles le deviennent par artifice, qu'elles perdissent en un moment toute la fraîcheur de leur teint... — LA BRUY, III
  • Elle [Mme de Jarnac] avait, disait-on, un beau teint pour éclairer sa laideur — Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 146, dans POUGENS
Historique

XVIe s.

  • Adieu à qui gueres ne chaut D'armer son tainct contre le chaut — MAROT, II, 122
  • Leurs beaux visages et leurs beaux teincts — AMYOT, Pomp. 98
2 autres citations
  • Joye au cœur fait beau teint — COTGRAVE
  • Au dernier coin se sied la miserable crainte.... Son visage sans feu a le teint du trespas — D'AUB., Tragiques, édit. LALANNE, p. 142
Étymologie

Teint 3.

TEINT, EINTE3 part. passé (tin, tin-t')

de teindre

1 À quoi on a donné une certaine couleur. Une robe teinte en noir. encore relevé aujourd’hui

Drap teint en laine, drap dont la laine a été teinte avant d'être employée à la fabrication de l'étoffe.

2 Qui offre une certaine teinte.

  • Il [le petit râle de Cayenne] a le devant du cou et la poitrine d'un blanc légèrement teint de fauve et de jaunâtre — BUFF., Ois. t. XV, p. 259

3 Qui a reçu une couleur qu'il est difficile de faire disparaître. Des mains teintes de sang.

  • De tous les deux côtés on me donne un mari, Encor tout teint du sang que j'ai le plus chéri — CORN., Cid, v, 5

Fig. Il est encore teint du sang de ses victimes, ses mains sont teintes de sang, se dit d'un homme qui a commis ou ordonné des meurtres.

  • Ce prince [le duc d'Anjou], teint du sang répandu à la journée de la Saint-Barthélemy — VOLT., Ann. Emp. Maximilien II, 1573

Dans un sens favorable.

  • La liberté ! j'ai vu cette déesse altière, Avec égalité répandant tous les biens, Descendre de Morat en habit de guerrière, Les mains teintes du sang des fiers Autrichiens Et de Charles le Téméraire — VOLT., Ép. au lac de Genève.

4Fig. Qui a reçu une certaine manière d'être.

  • Des idées teintes de la sagesse humaine — L'ABBÉ HAUTEVILLE, dans DESFONTAINES

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « teint » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire