éteint

nature
adj masculin
diction
[etɛ̃] · 2 syllabes
usage
36 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 7

  1. Qui ne se consume plus, en parlant d’un feu.
  2. En situation de non-fonctionnement, en parlant d’un appareil mécanique ou électrique (en particulier une lampe).
    • L’ordinateur est éteint, mais il est toujours sous tension.
  3. figuré Très fatigué.
    • Albert parlait, parlait, mais le regard d’Édouard était si éteint qu’il était impossible de savoir s’il comprenait ce qu’on lui disait. Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 86
  4. argot Qui est mauvais, nul.
    • le concert d’oasis est supra éteint mais qui est dans l’audience ??? Post par le compte nel🌱 sur le réseau social X, 4 juil. 2025
3 emplois spécialisés
  1. Biologie Qui est mort, qui a disparu, totalement et irrémédiablement.
    • Hors période de crise bio-géologique, une espèce s’éteint en 5 à 10 millions d'années.
  2. Géologie Qui n'a plus d'activité éruptive.
  3. Incendies de végétation Se dit d'un un incendie ayant été éteint.

Formes fléchies 2

  1. Participe passé masculin singulier de éteindre.
  2. Troisième personne du singulier du présent de éteindre.
    • Il écrit, éteint, se couche, réfléchit, rallume, ré-écrit, ré-éteint, se re-couche, re-pense. Jean-Louis Cluzel, d’Ici, Ailleurs !, 2020

Citation

Il [M. de Monaco] avait deux gros yeux d'aveugle, éteints, et qui en effet ne distinguaient rien à deux pieds d'eux
Saint-Simon, 44, 2

1873 — le Littré

ÉTEINT, EINTE part. passé (é-tin, tin-t')

d'éteindre

1 Qui a cessé de brûler. Un feu éteint très promptement. La bougie est éteinte. encore relevé aujourd’hui

À chandelle éteinte, ou, substantivement, à éteinte de chandelle, s'est dit d'une adjudication qui reste ouverte tant qu'une petite chandelle qui brûle n'est pas consumée. On dit aujourd'hui : à l'extinction des bougies ou des feux.

Fig.

  • Et de David éteint rallumer le flambeau — RAC., Athal. I, 2
  • Même au sein du sénat traînant Rome à son char, Germanicus éteint triomphe de César — M. J. CHÉN., Tibère, I, 4

2 Volcans éteints, volcans qui ont cessé de brûler et d'être en activité.

3 Qui a perdu son éclat.

  • Il [M. de Monaco] avait deux gros yeux d'aveugle, éteints, et qui en effet ne distinguaient rien à deux pieds d'eux — SAINT-SIMON, 44, 2
  • L'air morne, l'œil éteint, pourtant dans leur tristesse Se laissait entrevoir un rayon d'allégresse — DELILLE, Paradis perdu, I

4 Détruit, qui n'existe plus. encore relevé aujourd’hui

  • La vérité était donc éteinte avant que la réforme parût ? — BOSSUET, Avert. 3
  • La tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte — ID., Hist. I, 8
7 autres citations
  • Leur haine pour Hector n'est pas encore éteinte — RAC., Andr. I, 4
  • L'esprit de pénitence est presque éteint parmi les fidèles — MASS., Car. Jeûne.
  • Des lois ou négligées par le relâchement, ou éteintes par la coutume — ID., Or. fun. Villars.
  • Grand prince [le prince Eugène], qui, dans cette cour [de Louis XIV] Où la justice était éteinte, Sûtes inspirer de l'amour, Même en nous donnant de la crainte — VOLT., Ép. VIII
  • N'avoue-t-il pas lui-même qu'il serait ridicule de fonder la constitution de l'État sur des maximes éteintes ? — J. J. ROUSS., Polysynodie, jugement.
  • L'amitié même éteinte avait encore des droits qu'il aurait dû respecter — ID., Conf. IX
  • Hélas ! des rois bientôt la mémoire est éteinte — DUCIS, Hamlet, II, 5

Famille, race éteinte, celle dont il ne reste plus d'héritier.

  • Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour, Voudrait que de David la maison fût éteinte — RAC., Athal. IV, 5

5 Il se dit des facultés qui perdent leur activité.

  • De ses sens presque éteints il a perdu l'usage — LEMERC., Fréd. et Br. v, 4

Dans un sens analogue.

  • Et de mes jours éteints [il a] ranimé la chaleur — M. J. CHÉN., Fén. IV, 4

Homme éteint, homme dont les facultés sont amorties soit par les fatigues, soit par l'âge.

  • Elle est d'une extrême délicatesse ; elle ne se promène quasi pas ; elle a toujours froid ; à neuf heures du soir elle est toute éteinte ; les jours sont trop longs pour elle — SÉV., t. VII, lett. 705, p. 229, dans POUGENS

6 Une voix éteinte, si faible qu'on peut à peine l'entendre.

  • Non, lui dit-elle, d'une voix presque éteinte, je n'accepte point ces présents, je pars — MARMONTEL, Contes moraux, Soliman II

7Terme de chimie. Mercure éteint, mercure tellement trituré avec d'autres substances qu'on n'aperçoit plus, dans le mélange, aucun globule métallique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « éteint » du Wiktionnaire.

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