nef
- nature
- nom féminin
- diction
- [nɛf] · 1 syllabe
- usage
- 7 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Meuble représentant de manière stylisée le navire du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée de profil, proue orientée à dextre avec une voile. Sa coque est généralement formée d’un arc de cercle terminé d’un chapiteau à chaque extrémité. Elle se blasonne comme le navire. À rapprocher de bateau, drakkar, flobard, gabarot, galère, navire et vaisseau.
- […] ; elle ne signait pas en vain Nieuport-la-Noble ; elle ne portait pas pour rien sur son blason un lion lampassé issant d'une nef et brandissant une hallebarde. Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 103
-
Espace qui évoque tant par sa taille ou sa forme, l'architecture d'une église.
- Sous la nef des hêtres et des chênes, l'une contre l'autre, comme des ruches, dans un enclos, les humbles cases de la dizaine de carmélites. « Olive », novembre 1993, dans La Beuquette : chroniques des Ardennes, 1993-1996, par Yanny Hureaux, Charleville-Mézières : L'Ardennais/Éditions La Nuée bleue, 1996
4 emplois spécialisés
-
Navigation
vieilli Grand navire à voile, à l’époque du Moyen Âge.
- Oh ! marins perdus ! Au loin, dans cette ombre Sur la nef qui sombre, Que de bras tendus Vers la terre sombre ! Victor Hugo, Les Voix intérieures – Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir
-
Architecture
Partie d’une église qui s'étend depuis le portail jusqu'au transept, entre les rangs de piliers, de colonnes soutenant la voûte (on dit aussi vaisseau).
- Et il descendit de sa chaire, plus rouge et plus excité que jamais, les yeux lançant des éclairs et brandissant vers la nef un poing terrible et vengeur. Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
-
Architecture
Partie centrale et principale d’un bâtiment.
- Les serres lyonnaises datent de cette époque (la fin du XIXᵉ siècle) et impressionnent toujours par leurs dimensions : plus de 3 000 m² pour les grandes nefs centrales, 20 mètres de hauteur pour la principale. Lucien Jedwab, A Paris, Lyon, Genève… ces beaux jardins d’hiver, Le Monde. Mis en ligne le 10 janvier 2020
- Philosophie et religion Partie d'une église de plan allongé qui s'étend depuis le chœur ou le transept jusqu'à la façade principale.
Citation
Il devait mieux remplir nos vœux et notre attente, Faire voir sur ses nefs la victoire flottante
Origine du mot
Du latin navis, via son accusatif navem.
Dans le dictionnaire latin : navis
1873 — le Littré
NEF s. f. (nèf)
1 Synonyme poétique de navire.
- Il devait mieux remplir nos vœux et notre attente, Faire voir sur ses nefs la victoire flottante — CORN., Pomp. I, 1
- [Gens] À qui la demeure des villes Plaisait plus que celle des nefs — SCAR., Virg. VI
5 autres citations
- Peut-être ces débris promenés par les flots Sont-ils ceux de la nef qui portait ce héros ! — DUCIS, Oscar, I, 2
- La nef tourne, s'abîme et disparaît aux yeux — DELILLE, Énéide, I
- Sa nef avait franchi les colonnes d'Alcide — ID., Trois règnes, VI
- Dès qu'on signale une nef vagabonde, Serait-ce lui [Napoléon] ? disent les potentats ? — BÉRANG., Cinq mai.
- Quand sur le flot sombre et grossi Je risquai ma nef insensée, Moi je cherchais un monde aussi — V. HUGO, Feuilles d'automne, IX
2 Moulin à nef, moulin à eau construit sur un bateau.
Nef ou bateau de Condé, sorte de bateau naviguant sur les rivières du Nord et assez semblable aux alléges de la Seine.
3 La partie d'une église qui est depuis le portail jusqu'au chœur et entre les deux rangées de piliers qui soutiennent la voûte ; ainsi dite par assimilation de forme avec un navire. encore relevé aujourd’hui
- Ils passent de la nef la vaste solitude — BOILEAU, Lutr. III
Nef centrale, la nef, par opposition aux collatéraux.
Nefs latérales, les bas côtés d'une église.
Aujourd'hui, on ne donne plus le nom de nef qu'à la nef centrale, et pour les nefs latérales on dit les bas côtés, les collatéraux.
4 Petite machine en forme de navire où l'on enfermait le couvert du roi, et qui se servait sur un bout de la table.
- Il y eut un grand couvert chez Madame la Dauphine, où Monsieur le Dauphin dîna ; Villacerf, son premier maître d'hôtel, la servit avec le bâton ; la nef était sur la table du prêt [le dîner servi tout prêt] — DANGEAU, Journal, t. XIII, p. 452
- François Ier fut très offensé par les billets qu'ils [les protestants] firent couler dans la nef dont on le servait à table — VARILLAS, dans BAYLE, Dict. Melanchthon, note N.
5 Dans la vie privée du moyen âge, on appelait nef un vase allongé et de vaste capacité, qu'on plaçait sur la table en face du seigneur.
- Cette nef contenait tout ce que la cuisine ne fournissait pas ; j'entends les épices, les vins, les vases à boire, les cuillers. — DE LABORDE, Émaux, p. 403
Historique
XIe s.
- Jo jettai voz choses de la nef par poür [peur] de mort — Lois de Guill. 38
XIIe s.
- Si com fait nes que vens guie — Couci, III
XIIIe s.
- Nous ferons, dist li dus, vaissiaus pour passer quatre mille et cinq cens chevaux, et nes pour passer quatre mille cinq cens chevaliers — VILLEH., XIV
- Nous apelons nef qui cort par mer ou par flueve ou par estanc, jà soit ce que ele soit petite — Dig. f° 165
XIVe s.
- En la maniere que l'en fait en medecine et en l'art de gouverner une naif — ORESME, Eth. 36
- La grant nef d'or, à deux angres [anges] sur les deux bouts, à iij escuçons esmailliez de France, dont les deux sont à iij fleurs de lys et les autres semez de fleurs de lys à vi lyons d'or qui la soustiennent — DE LABORDE, Émaux, p. 404
XVe s.
- Ceux qui dient la messe et l'escripture De l'evangile, Si sont dehors et les gens de la ville ; Et en la nef sont les dames sans guile, Qui respondent de haulte voix habile à ceulx de hors — CHRIST. DE PISAN, Dit de Poissy
- À Jehan Tarenne, changeur, pour avoir fait faire et forgier une grant nef d'argent doré, asise sur VI tigres, et est laditte nef esmaillée tout autour à oiseaux enlevez des armes de France, et aux deux bouts d'icelle nef sur deux terrasses a deux paons qui font la roue, esmaillées de leur couleur — DE LABORDE, Émaux, p. 404
XVIe s.
- L'artillerie au champ sembloit tonnerre, Les grosses naux de Pregent respondoyent — J. MAROT, V, 29
- Chascun se retira en sa nauf, et, en bonne heure, feirent voille on vent grec levant — RAB., Pant. IV, 1
2 autres citations
- Comme une nave attachée au rivage, Venu le vent, rompt tout chable et cordage — AMYOT, De la vertu morale, 13
- Qui entre en nef n'a pas vent à gré — LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 142
Étymologie
Wallon, nâve, bateau ; provenç. nau ; esp. nave ; port. nao ; ital. nave ; du lat. navem ; grec, ναῦς ; sansc. nāu ; la racine est snu, couler, qui a fait νέω, nager : nāu, ναῦς, navis, signifie donc la nageante.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « nef » du Wiktionnaire.