oblation

nature
nom féminin
diction
[oblasjɔ̃] · 3 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Moment de la messe où se fait cette offrande.
    • Car, durant l’oblation, la consécration et la communion, l’Évêque ne se distingue en rien du célébrant ordinaire Abbé Robert Lesage, Les Symboles de la liturgie, Paris : chez Flammarion, 1947, p. 98
  2. Ce qu’on offre à Dieu.
    • Brief ils ne se font que mocquer, toutes les fois qu'en contant leurs beaux faits ils mettent Dieu en avant : car après avoir fait oblation à Dieu, ils sacrifient à leurs conseils, dextérité, vertu, armes et gens : […]. Commentaires de Jehan Calvin sur le livre des Pseaumes (1533), tome 1, psaume 9, Paris : Librairie Ch. Meyrueis, 1859, p. 51
3 emplois spécialisés
  1. Liturgie Offrande, action par laquelle on offre quelque chose à Dieu.
    • On entendait par « autel » le droit de jouir des oblations et des revenus casuels d'une église. Dʳ Albert Bernard, Histoire de Landres, Châlons-sur-Marne : chez A. Rohat, 1911, p. 26 (note n° 2)
  2. Féodalité Fait pour un seigneur de transférer volontairement une propriété à un autre seigneur dans le but de la recevoir immédiatement en fief de celui-ci.
  3. Philosophie et religion Action d'offrir (qqch.) à Dieu.

Citation

Le duc son père avait fondé dans ses terres de quoi marier tous les ans soixante filles : riche oblation, présent agréable
Bossuet, Anne de Gonz.

Origine du mot

Du latin oblatio (« offrande ») ; sous la forme oblatiun en ancien français ; déjà sous cette forme en moyen français :

Dans le dictionnaire latin : oblatio

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

OBLATION s. f. (o-bla-sion ; en vers, de quatre syllabes)

1 Action par laquelle on offre quelque chose à la Divinité. encore relevé aujourd’hui

  • Le duc son père avait fondé dans ses terres de quoi marier tous les ans soixante filles : riche oblation, présent agréable — BOSSUET, Anne de Gonz.
  • Aërius, prêtre arien, est noté dans les écrits des saints Pères comme l'auteur d'une nouvelle hérésie, pour avoir égalé la prêtrise à l'épiscopat, et avoir jugé inutiles les prières et les oblations que toute l'Église faisait pour les morts — ID., Hist. I, 11
2 autres citations
  • Il [Jésus] fit à Dieu pour la première fois l'oblation solennelle de sa personne — BOURDAL., Myst. Nativité de J. C. t. I, p. 7
  • Elle porte à l'Agneau sans tache immolé sur l'autel, des vœux sincères, des pensées pures, des affections spirituelles, l'oblation d'un cœur contrit et reconnaissant, et le sacrifice de ses passions détruites ou du moins humiliées — FLÉCH., Dauphine.

Par extension.

  • Plusieurs philosophes, méditant sur la royauté, ont considéré la monarchie héréditaire comme l'oblation d'une famille à la liberté publique ; tout doit être libre dans l'État, excepté cette famille — MIRABEAU, Collection, t. V, p. 467

2Particulièrement. Action du prêtre qui, avant de consacrer le pain et le vin, les offre à Dieu. encore relevé aujourd’hui

  • L'oblation et la sanctification qui précèdent le sacrifice de la messe — PASC., Lett. sur la mort de son père
  • Les anciennes liturgies qui contiennent la forme de cette oblation, tant en Orient qu'en Occident, sont entre les mains de tout le monde — BOSSUET, Var. XIV, § 122

3 Choses offertes à Dieu. encore relevé aujourd’hui

  • Les intestins et les pieds ayant été auparavant lavés dans l'eau, le prêtre les brûlera sur l'autel pour être au Seigneur un holocauste et une oblation d'agréable odeur — SACI, Bible, Lévit. I, 9
  • Purifiez tous mes sens, afin que je vous sois présenté comme une oblation sainte et digne de vous — BOSSUET, Prépar. à la mort, 7

4 Ancien nom de l'hostie.

Historique

XIIe s.

  • Lores receveras-tu oblatiuns e sacrifises — Liber psalm. p. 68
  • Si que jo n'ousse fait ma oblatiun — Rois, p. 43

XVe s.

  • Et firent [les Gantois] par les eglises plusieurs processions et oblacions, en louant Dieu — FROISS., II, II, 150

XVIe s.

  • Diane luy demandoit le sacrifice et oblation de sa fille — AMYOT, Pél. 38
Étymologie

Lat. oblationem, de oblatum (voy. OBLAT).

Supplément au dictionnaire

OBLATION. Ajoutez :

5

  • Don ou aumône qu'on fait au prêtre, — Journ. offic. 28 nov. 1876, p. 8752, 1re col.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « oblation » du Wiktionnaire.

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