polisson
- nature
- nom masculin
- diction
- [polisɔ̃] · 3 syllabes
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Personne malhonnête.
- Fandor s’est conduit comme un polisson et m’a fait soupçonner d’indiscrétion notoire. Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas, Les Souliers du mort, 1912, Éditions Robert Laffont, collection Bouquins, tome 5, page 992
-
Enfant mal élevé.
- Il ne faut pas croire, en effet, que l’histoire ait attendu ces derniers temps pour savoir que ce furent de simples polissons qui méritaient la fessée et qui avaient reçu par hasard un coup de fusil. Charles d'Héricault, La France révolutionnaire, 1789-1889, Paris : chez Perrin & Cie et Lille : Librairie de l’Œuvre de Saint-Charles-Borromée, 1889, page 367
-
Personne grivoise.
- — Monsieur, lui dit-il, j'ai vu ce que vous avez fait... Vous venez de vous conduire comme un polisson... Jules Lermina, La succession Tricoche et Cacolet, tome 1 : Les trois dossiers, Paris : chez E. Dentu, 1877, p. 19
-
Pièce de grosse toile que les femmes ajoutaient à leur ceinture pour augmenter l’ampleur des reins
- Vous l’adorez pour le corset qui lui fait un sein admirable, pour le polisson (c’est un mot de vous) qui lui prête une croupe andalouse; vous vous passionnez pour sa taille roulée comme un saucisson ficelé. Vous n’aimez plus les femmes, mon maître; vous aimez le caoutchouc, l’empois et le coton. Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable, Sixième Partie, I; Paris 1837.
Adjectif 2
-
Licencieux ; libre ; impudique.
- Ils doivent aimer sentir l’étoffe crisser entre leurs doigts polissons lorsque, vous prenant dans leurs bras, ils vous coquinent. Ah ! les bras des hommes ! Claude Seignolle, Un corbeau de toutes couleurs, Paris : Éditions Denoël, 1962, page 193
- Relatif à Poilly-lez-Gien, commune française située dans le département du Loiret.
Citation
Je meurs de honte de vous donner toutes ces peines.... ce conseiller clerc demeure à une lieue de chez vous ; aurez-vous la bonté de lui écrire un petit mot d'avis par un polisson ?
Origine du mot
Dérivé du moyen français polisse « vol », lui-même dérivé du moyen français polir « laver, nettoyer », déjà dans le sens d’écouler après avoir volé. Pour un adulte avec une valeur péjorative (1653). Par extension pour un enfant: jeune garçon malpropre et fripon (1680), puis enfant espiègle et désobéissant (1762). Puis pour un adulte avec une valeur licencieuse comme adjectif (1685) puis comme nom (1695) .
1873 — le Littré
POLISSON s. m. (po-li-son)
1 Petit garçon mal tenu, qui vagabonde et s'amuse à jouer dans les rues et les places publiques.
- Je meurs de honte de vous donner toutes ces peines.... ce conseiller clerc demeure à une lieue de chez vous ; aurez-vous la bonté de lui écrire un petit mot d'avis par un polisson ? — VOLT., Lett. d'Argental, 7 mars 1760
- Vous ne parviendrez jamais à faire des sages, si vous ne faites d'abord des polissons ; c'était l'éducation des Spartiates — J. J. ROUSS., Ém. II
Au fémin. Polissonne. Une petite polissonne.
2 Enfant dissipé, jeune drôle.
- Un polisson de collége lisant le 4e livre de l'Énéide — J. J. ROUSS., Ém. IV
- À douze ans, j'étais un Romain ; à vingt, j'avais couru le monde, et n'étais plus qu'un polisson — ID., Lett. à Tronchin, Corresp. t. V, p. 38, dans POUGENS.
Fig. Dans le langage de l'ancienne cour, en polisson, en qualité de polisson, en homme sans importance, en surnombre.
- Madame Campan rapporte que, de son temps, les hommes présentés, qui n'avaient point été invités à résider à Marly, y venaient cependant comme à Versailles.... alors il était convenu de dire qu'on n'était à Marly qu'en polisson ; et rien ne me paraissait plus singulier que d'entendre répondre par un charmant marquis à un de ses intimes qui lui demandait s'il était du voyage de Marly : Non, je n'y suis qu'en polisson ; cela voulait simplement dire : J'y suis comme tous ceux dont la noblesse ne date pas de 1400, — Mme CAMPAN, Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, etc. ch. IX
- Il [l'abbé d'Estrées] était à la campagne en qualité de généalogiste et de polisson chez M. de la Roche-Aymon — VOLT., Lett. à d'Alembert, 19 déc. 1764
3 Homme qui a l'habitude de faire ou de dire des bouffonneries. Vous serez donc toujours un polisson ?
Adjectivement. Il est trop polisson pour son âge.
4 Homme sans considération et sans mérite. encore relevé aujourd’hui
- En ce bas empire, à chacun selon son pouvoir Permis est de faire valoir.... Un polisson pour un soudrille — DASSOUCY, le Ravissement de Proserpine, 1653, p. 99
- Depuis que je me suis amusé à immoler ce polisson à la risée publique sur tous les théâtres de l'Europe, il est juste qu'il se plaigne un peu — VOLT., Dict. phil. Ana.
3 autres citations
- Nous n'avons été que des polissons en tout genre jusqu'à l'établissement de l'Académie et le phénomène du Cid — ID., Lett. Mairan, 16 août 1761
- Mlle Sainval [actrice des Français] a su mieux que personne mettre en œuvre une foule de polissons soudoyés qui composent aujourd'hui un tiers du parterre et s'en rendent quelquefois les maîtres — LAHARPE, Correspondance littéraire, lettre 115
- Camille Desmoulins, ce polisson de génie — MICHELET, Hist. de la Révolution. I, 2
5 Celui qui dit ou fait des choses trop libres. C'est un polisson.
Adjectivement.
- Un air étourdi, beaucoup de négligence, débraillement complet, sottises, jeux de mains, mots équivoques, mines, mouches et tabac : tenez, madame, je suis polisson au suprême degré, et de polisson à petit maître, il n'y a que la main — le Retour de la foire de Bezons (1695), sc. 3, Théât. italien de Gherardi, t. VI, p. 175
- L'éloge que vous me faites de M. le Pelletier des Forts me donne beaucoup d'impatience d'avoir l'honneur de le saluer ; sa sagesse et sa modestie, dans un âge où tant d'autres sont à la fois fort insolents et fort polissons (je n'entends pas ce dernier mot, je rapporte vos paroles) sont d'autant plus estimables que.... — BAYLE, Lett. à M***, 2 mai 1697
2 autres citations
- Je devins polisson, mais non libertin — J. J. ROUSS., Conf. II
- Scarron est diffus par négligence ; il est ce qu'on appelle polisson par gaieté — MARMONTEL, Œuvres, t. V, p. 399
En parlant des choses.
- Si ses manières te paraissent polissonnes, c'est que tu ne fréquentes pas le grand monde, Colombine avocat pour et contre (1685), I, 8, dans le Théâtre italien de Gherardi Les entretiens polissons préparent les mœurs libertines — J. J. ROUSS., Ém. IV
- Le public se porte en foule à cette parade burlesque [la Bourbonnaise de l'abbé de Lattaignant], dont la petite intrigue, assez bien menée, est soutenue de beaucoup de saillies polissonnes, très à la mode aujourd'hui — BACHAUMONT, Mém. secrets, t. IV, p. 156
6 Mouchoir empesé que les dames plaçaient au-dessous de la taille pour se donner de l'épaisseur et de l'ampleur ; on dit aujourd'hui tournure.
Étymologie
Hainaut, polisso, fer à repasser, ce qui unit, polit. Polisson est, d'après Diez, formé du lat. politionem, action de polir, devenu masculin, comme nourrisson, de nutritionem, poinçon, de punctionem, et signifiant celui qui nettoie les rues, bat les rues, y vagabonde. Le trait d'union est le mot du Hainaut polisso, qui montre qu'il y a eu un substantif polisso, dérivé du verbe polir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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