royaume
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʁwajom] · 2 syllabes
- usage
- 43 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Pays dirigé par un roi ou une reine.
- Si vous l’eussiez voulu, pour vous, j’aurais pu conquérir des royaumes. Honoré de Balzac, Les Marana, 1834
-
Régime politique d'un tel pays.
- Selon la Charte, le royaume constitutionnel a seul des droits de cité. Ses colonies sont toutes des États, sujets du royaume constitutionnel ; elles sont toutes soumises à l'autorité législative absolue du Roi et des deux Chambres. Jean-Denis Lanjuinais, Constitutions de la Nation Française, 1819, vol.1, page 226
-
Domaine ou endroit propre à une personne, à un animal, à une chose.
- Véritablement, on se trouvait ici bien en retrait du monde, dans un royaume de silence. Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap.1, 1910
- Brioche aux fruits confits, en forme de couronne, traditionnellement consommée à l’Épiphanie. absent du Littré
1 emploi spécialisé
-
Christianisme
Lieu de béatitude posthume ; paradis.
- Les premiers chrétiens attendaient le retour du Christ et la ruine totale du monde païen, avec l'instauration du royaume des saints, pour la fin de la première génération. La catastrophe ne se produisit pas, […]. Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.165
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de royaumer.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de royaumer.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de royaumer.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de royaumer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de royaumer.
Citation
Paris et tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages
Origine du mot
De l’ancien français reaume.
1873 — le Littré
ROYAUME s. m. (ro-iô-m' ; plusieurs disent roi-iô-m' ; au XVIIe siècle, quelques-uns disaient ré-ô-m', condamné par Chifflet, Gramm. p. 201 ; au XVIe, Palsgrave, p. 62, dit qu'on écrivait royalme et qu'on prononçait royame)
1 État gouverné par un roi. encore relevé aujourd’hui
- Paris et tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages — BOSSUET, le Tellier.
- Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, n'était-ce pas assez que l'Angleterre pleurât votre absence, sans être encore réduite à pleurer votre mort ? — ID., Duch. d'Orl.
4 autres citations
- Quoique le roi d'Angleterre [Charles II].... sût que la princesse sa sœur, recherchée de tant de rois, pouvait honorer un trône, il lui vit remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde — ID., ib.
- L'auguste maison d'Autriche, où, durant l'espace de quatre cents ans, on ne trouve que des rois et des empereurs et une si grande affluence de maisons royales avec tant d'États et de royaumes, qu'on a prévu il y a longtemps qu'elle en serait surchargée — ID., Mar.-Thér.
- Un royaume n'est que comme une grande famille, dont les membres sont liés au chef et en dépendent — BOURDAL., 2e dim. après Pâques, Dominic, t. II, p. 11
- Si c'est assez d'avoir à répondre de soi seul, quel poids, quel accablement que celui que donne tout un royaume ! — LA BRUY., X.
Anciennement. Le royaume des lis, la France.
Par exagération et familièrement. Je ne ferais pas cela pour un royaume, je n'irais pas là pour un royaume, je ne ferais cela, je n'irais là à aucun prix.
2 Les trois royaumes ou le royaume uni, se dit de la Grande-Bretagne, depuis la réunion de l'Irlande et de l'Écosse.
- Une reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes — BOSSUET, Reine d'Anglet.
3Terme de l'Écriture. Le royaume des cieux, le royaume de Jésus-Christ, le paradis, le règne de Dieu.
- Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour m'empêcher de tomber entre les mains des Juifs — SACI, Bible, Évang. St Jean, XVIII, 36
- Seigneur, votre royaume est dans vos fidèles ; et je le trouverai dans moi-même, si j'y trouve votre esprit et vos sentiments — PASC., Bon usage des maladies.
2 autres citations
- Saint Paul est venu apprendre aux hommes.... que le royaume de Dieu ne consistait pas en la chair, mais en l'esprit — ID., Pens. XV, 3 bis, édit. HAVET.
- Le même qui leur a prédit leurs peines et leurs adversités s'est engagé à leur donner son royaume, et, dans ce royaume céleste, une félicité parfaite — BOURDAL., 4e dim. après l'épip. Dominic. t. I, p. 208
4 Le royaume sombre, les enfers. non relevé aujourd’hui
- Mais ne négligeons rien, et du royaume sombre Faisons par Tirésie évoquer sa grande ombre — CORN., Œdipe, I, 6
Populairement. Le royaume des taupes, le cimetière, le tombeau.
5Fig. et par plaisanterie. Le royaume du code, tout ce qui concerne le droit et son étude.
- Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier ? Comme il est malaisé qu'au royaume du code On apprenne à se faire un visage à la mode, J'ai lieu d'appréhender.... — CORN., Ment. I, 1
6 Caisse, dite aussi loupe, qui sert aux peintres de décor à s'asseoir ou à s'élever. non relevé aujourd’hui
Historique
XIe s.
- À grant dolur [je] tendrai puis mun reialme — Ch. de Rol. CCV
XIIe s.
- Mais en iert [sera] li roiaumes en larmes et en plors — Sax. XXVII
- Li prelat del reaume — Th. le mart. 84
1 autre citation
- Mais Deus ad, bien le sai, cele ire desturnée Qu'il aveit al realme et al pueple aprestée — ib. 153
XIIIe s.
- Et le drap [du manteau] en fut fait au reaume de Frise — Berte, XXX
- Et cest establissement commande il à tenir par tout le roiame de France.... — BEAUMANOIR, XIII, 12
2 autres citations
- Et disoit que il [un cordelier] ne trouvoit ne es creans ne es mescreans, que onques reaume se perdist, mez que par defaute de droit — JOINV., 199
- Semiramis, sa mere [de Ninus], tint le regne et le roiaume toute sa vie — BRUN. LATINI, Trésor, p. 33
XVe s.
- Le roi defendit, sur peine de perdre le royaume [d'être banni], qu'il ne fust nul qui.... — FROISS., I, I, 10
- Le mireor liement pris ; Si le boutai dedans mon sein.... Ne l'euisse rendu ar riere Pour le royalme de Baviere — ID., Espinette amour.
XVIe s.
- La succession au royaume appar tenoit au filz aisné — AMYOT, Agésil. 1
Étymologie
Provenç. reyalme, realme ; ancien espagn. realme, reame ; ital. reame ; mots qui supposent une forme regalimen, de regalis, royal.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « royaume » du Wiktionnaire.