seigneurie

nature
nom féminin
diction
[sɛɲœʁi] · 3 syllabes
usage
7 par million de mots
parenté
seigneur

Sens et définitions

Nom 6

  1. Il se dit encore à des gens avec qui l’on est très familier.
    • Serviteur à votre seigneurie.
5 emplois spécialisés
  1. Histoire Droit, puissance, autorité qu’un homme a sur la terre dont il est seigneur et sur tout ce qui en relève.
    • Louis XI avait bien essayé de crever ce réseau de seigneuries qui recouvrait Paris, en jetant violemment tout au travers deux ou trois ordonnances de police générale. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831
  2. Christianisme Pouvoir, autorité du Christ en tant que Seigneur.
    • Le concept de réconciliation trouve ici son extension maximale et souligne la supériorité et la seigneurie du Christ sur toutes choses. Après Jésus. L'invention du christianisme, sous la direction de Roselyne Dupont-Roc et Antoine Guggenheim, Albin Michel, 2020, page 395
  3. Histoire Mouvances, droits féodaux d’une terre, indépendamment de la terre même.
    • Le comte de Castres, qui épousa la fille de Folmar, eut, du chef de sa femme, la seigneurie de Lunéville. Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923
  4. Histoire Terre seigneuriale.
    • Selon les plans fournis, elle se localiserait à la limite de l’ancien domaine seigneurial de Rivière-du-Loup. Une seigneurie concédée au cours du 17ᵉ siècle. Guillaume Cotnoir-Lacroix, À la recherche d’un «trésor archéologique» du Bas-Saint-Laurent, Le Journal de Québec, 14 février 2021
  5. Histoire Titre d’honneur qu’on donnait à des personnes investies de certaines dignités, et, entre autres, aux pairs de France sous la Restauration.
    • À sa seigneurie monsieur le duc de N., pair de France.

Citation

En donnant à plusieurs personnes divers genres de seigneuries sur a même chose, ces lois ont diminué le poids de la seigneurie entière
Montesquieu, Esp. XXX, 1

Origine du mot

Seigneur ; ital. signoria. — Littré, 1873

1873 — le Littré

SEIGNEURIE s. f. (sè-gneu-rie, d'après Palsgrave, p. 57, au XVIe siècle, on prononçait sei-nieurie)

1 Droit de seigneur sur une terre et sur tout ce qui en relève. Une seigneurie très ancienne. encore relevé aujourd’hui

2 Mouvances, droits féodaux d'une terre, indépendamment de la terre même. Il vendit sa terre et s'en réserva la seigneurie. repris par le Wiktionnaire

  • En donnant à plusieurs personnes divers genres de seigneuries sur a même chose, ces lois ont diminué le poids de la seigneurie entière — MONTESQ., Esp. XXX, 1

3Fig. Vertus seigneuriales, chevaleresques. non relevé aujourd’hui

  • Un reste de seigneurie palpitait encore en ce temps-là — SAINT-SIMON, 77, 257

4 Terre seigneuriale. repris par le Wiktionnaire

  • Qui, diable, vous a fait aussi vous aviser, à quarante-deux ans, de vous débaptiser, Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie Vous faire dans le monde un nom de seigneurie ? — MOL., Éc. des f. I, 1

5 Titre d'honneur donné aux pairs d'Angleterre et aux anciens pairs de France. Votre Seigneurie. À Sa Seigneurie M. le comte un tel, pair de France.

6Par plaisanterie, en s'adressant à une personne avec qui on est familier. Salut à Votre Seigneurie.

  • Disparaissez donc, je vous prie, Et que le ciel par sa bonté Comble de joie et de santé Votre défunte Seigneurie ! — MOL., le Dép. II, 5
  • Très humble serviteur à Votre Seigneurie — ID., Sganar. 23

7 Nom que portait le gouvernement de Venise. L'illustrissime seigneurie de Venise.

Historique

XIIe s.

  • Car vostre sui, en vostre seignorie — Couci, XX
  • Si nous portera Charles honor et seignorie — Sax. XXXII
1 autre citation
  • Reis, li ordené [les prêtres] unt saint Eglise en baillie ; Ne as poestez del siecle ne la baille Deus mie ; Tut feel sunt suz lui [sous elle], ele ad la seignurie — Th. le mart. 75

XIIIe s.

  • Pour moi [je] le di, qu'une [dame] en a deceü, Quand j'en cuidai avoir la seignorie — QUESNES, Romancero, p. 86
  • Et de Troie r'ai-je oï conter, Qu'ele fut jà de moult grant seignorie — ID., ib. p. 108
3 autres citations
  • Là requistrent le marchis Boniface qu'il preist la crois, et qu'il pour l'amour de Dieu receust la seignorie [commandement] de l'ost — VILLEH., XXVII
  • Il sevent bien les oevres, qui ainsi les font, mauvaises estre, et si est en leur seignorie dou faire ou de non — BRUN. LATINI, Trésor, p. 279
  • Et de toz ces cas doit avoir li quens [le comte] le [la] sengnorie et le [la] connissance — BEAUMANOIR, XXI, 17

XIVe s.

  • Ma dame, je vous suppli que vous ne m'appelez pas seigneur ; car c'est trop plus biauz nons d'ami ou d'amie ; quar, quant signorie saute en place, amour s'enfuit — MACHAUT, p. 136
  • La concupiscence accroistra grandement et en tant que elle aura dominacion et seigneurie par dessus raison — ORESME, Éth. 100

XVe s.

  • Vous devez savoir que rien ne fut espargné des nobles et des seigneuries à faire au couronnement du jeune roi Charles de France — FROISS., II, II, 74
  • Et par cas d'aventure, se fit à l'heure une seigneurie en Florence (car ladite seigneurie se change et se mue de deux mois en deux mois) — COMM., VIII, 19

XVIe s.

  • Qui en amour veut estre heureux Fault tenir train de seigneurie. — J. MAROT, V, 332
  • Il ouït la voix du roy disant : " Voilà monsieur monseigneur d'Aubigné ; " mais que ceste seigneurie ne lui fust guere de bon goust ! — D'AUB., Mém. 1588
Étymologie

Seigneur ; ital. signoria.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

fief

Terme générique

droit terre titre

Terme spécifique

baronnie châtellenie duché

Domaine

christianisme histoire

Famille morphologique

seigneur seigneurial

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « seigneurie » du Wiktionnaire.

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